Le marché du travail au Canada : une réalité en trois dimensions

Le 5 septembre, Statistique Canada a dévoilé les résultats de sa plus récente enquête sur la population active, qui révèle que le taux de chômage au Canada s’est maintenu à 7 %. De nombreux indicateurs économiques suggèrent que l’économie canadienne ne tourne pas à plein régime. Par exemple, le taux de chômage pour la période comprise entre 2006 et 2008 se situait aux alentours de 6 %.

Cependant, il est intéressant de constater que cette idée de capacités inutilisées dans l’économie canadienne ne s’applique pas forcément à la grandeur du pays. En effet, le marché du travail canadien semble se subdiviser en trois marchés distincts, ce qui laisse croire que les entreprises devront moduler leurs stratégies en fonction de leur emplacement.  

Dans le centre du Canada, le taux de chômage s’établit à 7,4 % en Ontario et à 7,7 % au Québec, ce qui est légèrement supérieur au taux global de 7 %. Le marché du travail demeure extrêmement tendu dans les provinces des Prairies, avec un taux de chômage variant entre 4,2 % en Saskatchewan et 5,5 % au Manitoba. Le taux de chômage le plus bas (2,7 %) a été enregistré dans la région de Swift Current en Saskatchewan.

À l’inverse, le marché du travail est relativement déprimé dans le Canada atlantique avec un taux de chômage variant entre 8,7 % au Nouveau-Brunswick et 13,5 % à Terre-Neuve-et-Labrador.

Une tendance commune à toutes les provinces est la demande croissante de main-d’œuvre dans tous les secteurs. Cette demande exerce une pression sur les producteurs agricoles, ces derniers devant améliorer l’efficacité de leur personnel. L’Enquête sur la population active de Statistique Canada révèle que le nombre de travailleurs salariés dans l’industrie agricole a très peu varié au fil des ans. La concentration des exploitations agricoles a toutefois entraîné une diminution du travail autonome au sein de l’industrie. Le nombre total d’employés agricoles, qui est aussi en baisse, reflète la capacité du secteur à innover et à accroître sa productivité. Les emplois en agriculture continuent d’occuper une place importante en Saskatchewan, représentant 8,3 % des emplois totaux.

Le marché du travail, à l’instar des autres marchés, est influencé par l’offre et la demande. Une offre restreinte de travailleurs disponibles et qualifiés dans une région fera augmenter les salaires dans cette région, ce qui devrait provoquer, au fil du temps, une migration des travailleurs entre régions.

Les trois marchés du travail distincts que l’on trouve au Canada pourraient rendre difficile la recherche de main-d’œuvre qualifiée dans certaines régions. Les entreprises qui souhaitent prendre de l’expansion devraient par conséquent intensifier leurs efforts de recrutement et de maintien en poste, et ce, particulièrement dans les Prairies.

Craig Klemmer, économiste agricole principal