Des perspectives économiques brillantes qui n’irradient pas partout aux États-Unis

Lors de ma récente présentation à un grand groupe de transformateurs alimentaires à Food Trends 2014 à Toronto, j’ai mis l’accent sur les perspectives économiques plus brillantes aux États-Unis, où le produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de 2,9 % en 2015 (Banque du Canada).

La partie qui me plaît le plus durant ces présentations est la période de discussion et de questions qui suit.  Bien entendu, quelqu’un a soulevé un dilemme intéressant : si l’économie des États-Unis connaît une telle vigueur, pourquoi constate-t-on une très faible hausse de la demande de produits alimentaires?

Pour répondre à cela, il suffit de regarder le pouvoir d’achat des consommateurs américains. Le PIB est une statistique sommaire très utile pour les économistes mais moins pour les transformateurs alimentaires, dont la réussite dépend davantage de la capacité réelle des consommateurs à dépenser.  

Pour l’instant, le revenu médian des ménages aux États-Unis n’est pas faramineux. En fait, vous voudrez peut-être reculer légèrement si les hauteurs vous donnent le vertige. Bien que l’économie américaine ait gagné beaucoup de terrain depuis la crise financière de 2008 et se soit même ressaisie, la tendance du revenu médian américain suggère qu’au moins la moitié des ménages aux États-Unis sont dans un pire état qu’en 2007. Parmi tous les noms que nous pouvons trouver pour parler de la reprise américaine, « inégale » est sans doute celui qui la décrit le mieux.

Revenu médian des ménages américains plus faible

Source : Bureau of Labor Statistics des États-Unis

 

Quelle est la leçon à tirer pour les entreprises agroalimentaires canadiennes?  

Il faut d’abord comprendre les préférences et les restrictions des consommateurs.

Aujourd’hui, bien que certains segments de produits alimentaires profitent, nous pouvons voir que les ventes des autres segments sont encore restreintes par des consommateurs soumis à un stress économique. Cependant, à mesure que l’économie américaine continuera de s’épanouir et que les salaires augmenteront, le revenu augmentera aussi, ce qui est une bonne nouvelle pour les transformateurs canadiens.

La récente chute de la valeur du dollar canadien aidera les fabricants agroalimentaires à établir ou à conserver une présence concurrentielle parmi les produits américains. Mais compter sur un huard plus faible pendant une période indéterminée n’est pas une stratégie judicieuse.

Lorsqu’il est temps pour les consommateurs d’acheter, les produits canadiens peuvent aider à répondre à leur demande accrue d’options saines et de bonne qualité pour leur alimentation.  

Consultez cette page régulièrement. Nous avons d’autres informations à vous fournir dans les semaines qui viennent concernant les répercussions du commerce mondial sur les entreprises canadiennes.

Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef