L’automatisation de l’agriculture : première partie

Le texte qui suit nous est offert par Calvin Mulligan, futurologue interne à FAC. Dans ce premier texte d’une série de trois, Calvin aborde l’utilisation de la robotique en agriculture.

Le Petit Robert définit un robot comme « un mécanisme automatique à commande électronique pouvant se substituer à l’homme pour effectuer certaines opérations ». Puisque l’industrie est aux prises depuis longtemps avec des pénuries de travailleurs qualifiés, l’aide des robots devrait réjouir les producteurs. Nous pouvons nous attendre à ce qu’un nombre croissant de robots jouent un rôle dans des entreprises agricoles. Une étude menée en 2014 par Wintergreen Research a révélé que les marchés mondiaux des robots destinés à l’agriculture et à l’agroalimentaire sont appelés à connaître une croissance marquée. Selon cette recherche, les ventes mondiales devraient dépasser les 16 milliards de dollars d’ici 2020.

L’automatisation est une tendance qui s’accélère dans plusieurs secteurs de l’industrie agricole et agroalimentaire. Les systèmes de traite automatisés font partie de l’industrie laitière en Europe et en Amérique du Nord depuis les années 1990. En 2012, environ 273 fermes (3 %) au Canada utilisaient des systèmes robotisés. La robotique est donc encore loin d’être utilisée à son plein potentiel. Les producteurs qui arrivent à franchir la phase initiale d’adaptation et de résolution de problèmes indiquent pour la plupart que ces systèmes ont réduit leurs besoins en main-d’œuvre, ont fait augmenter la production de lait de leur exploitation et leur ont simplifié la vie. Au fil du temps, les fonctionnalités de ces systèmes de traite se sont multipliées; aujourd’hui, il existe des fonctions comme le nettoyage automatique du sol des étables, des distributeurs d’aliments et des poussoirs à fourrage.

On prévoit également que l’utilisation de robots sera de plus en plus répandue dans d’autres secteurs de l’agriculture, notamment l’industrie bovine. En 2013, l’Australian Centre for Field Robotics (le centre australien pour la robotique appliquée) a mis à l’essai la capacité d’un robot appelé « Rover » de diriger le bétail du champ vers l’étable. Les chercheurs ont l’intention de concevoir d’autres applications pour Rover, notamment la surveillance de troupeau, l’arpentage, le prélèvement d’échantillons de sol, la sécurité, la gestion du pâturage et la surveillance du vêlage. On s’attend à ce qu’un jour, les producteurs bovins soient en mesure, comme les propriétaires d’exploitations laitières automatisées, de surveiller à distance le comportement et la santé de leurs animaux, ce qui devrait améliorer la productivité de leur gestion.

Le secteur de l’horticulture n’échappe pas à l’essor de la robotique. En 2013, des Japonais ont conçu un robot qui utilise des appareils photo numériques pour calculer le mûrissement d’une fraise avant de la cueillir. Des chercheurs des Pays-Bas ont conçu un robot muni d’appareils photo, de cisailles et d’un bras robotisé conçu pour faire la récolte de poivrons en serre. En France, un robot appelé Wall-Ye V.I.N. est utilisé dans le secteur vinicole pour tailler les vignes; il peut tailler jusqu’à 600 vignes par jour. Ses prochaines versions seront capables de récolter le raisin. Wall-Ye se vendra environ 32 000 $. Pendant ce temps, à Boston, la société Harvest Automation utilise ses robots Harvey pour la distribution et la collecte de plantes en conteneurs dans les serres et les pépinières.

Nous voyons donc que la robotique est en pleine progression dans l’industrie agricole, ce qui se traduit par une augmentation des innovations et du nombre de producteurs qui adoptent ces technologies. La division du travail entre la machine et l’humain évolue, ce qui aura d’importantes répercussions sur la gestion.

Au cours des articles suivants, j’aborderai l’utilisation des drones dans la production agricole et je m’intéresserai à d’autres composantes de la chaîne de valeur.

 

Calvin Mulligan est stratège principal, Veille stratégique et occupe le rôle de futurologue interne à FAC