L’automatisation de l’agriculture, troisième partie : observations et conclusions

Voici le troisième volet d’une série en trois parties sur l’automatisation de l’agriculture. Ce texte nous est offert par Calvin Mulligan, futurologue interne à FAC. Dans les première et deuxième parties, il a été question de l’utilisation de la robotique dans la production laitière, bovine, horticole et vinicole.

L’automatisation est un élément de plus en plus important de la production agricole. Dans les secteurs de la production laitière, de l’élevage et de l’horticulture, des machines intelligentes accomplissent un nombre croissant de tâches physiques et mentales. Plus l’automatisation prendra de l’ampleur, plus les répercussions sur les propriétaires, les gestionnaires et les employés seront importantes. 

La robotique touche tous les maillons de la chaîne de valeur agroalimentaire, de la production à la vente au détail. En Asie, des restaurateurs avant-gardistes utilisent des robots pour accueillir les clients, préparer des plats et livrer des commandes. Une machine à hamburgers conçue aux États-Unis est capable de confectionner 360 hamburgers par heure. McDonald’s évalue actuellement les possibilités qu’offrent les caissiers automatiques.

Des robots de plus en plus intelligents

Les robots d’aujourd’hui ont un QI supérieur à celui de leurs prédécesseurs industriels; ils ont la capacité de déterminer à quel endroit effectuer une coupe de viande à partir de l’os, quelle fraise est mûre et quel fruit devrait être rejeté. Ils sont de plus en plus intelligents. La recherche mènera un jour à des robots dotés d’un sens du toucher plus aiguisé et de la capacité de travailler en équipe. D’autres perfectionnements permettront aux robots d’apprendre en cours d’emploi et de s’adapter à des changements imprévus dans leur environnement de travail.

Vers des systèmes et des entreprises autonomes

Les pénuries de main-d’œuvre et les impératifs de productivité incitent l’industrie agricole à s’automatiser dans la mesure du possible. Habituellement, l’automatisation dans un secteur donné commence par les tâches les plus laborieuses et progresse vers les tâches plus complexes; on obtient ainsi des systèmes de production entièrement automatisés. C’est de cette façon qu’évolue l’automatisation dans la production laitière, où la traite mécanique a évolué vers des systèmes de traite robotisée ou entièrement automatisée.

Les défis liés à l’adoption de l’automatisation en agriculture

Les difficultés techniques liées à la production de fruits et de légumes fragiles ainsi qu’au travail sur des terrains imprévisibles et dans des conditions météorologiques changeantes seront des obstacles à la commercialisation de l’automatisation par les concepteurs. Le rythme auquel le marché adopte l’automatisation en agriculture est imprévisible étant donné qu’il est fondé sur le coût de l’équipement, les pressions concurrentielles, la culture de gestion de l’entreprise et la main-d’œuvre disponible.      

Toutefois, l’automatisation est au cœur de la nouvelle vision de l’agriculture de précision axée sur les données, qui nous oblige à repenser la gestion de l’agroentreprise. Le gestionnaire d’aujourd’hui peut exercer un contrôle sur l’utilisation des intrants et des ressources avec un niveau de détail sans précédent. Cette capacité ouvre la voie à une agriculture plus rentable, plus productive et plus durable sur le plan de l’environnement. De plus, elle établit clairement l’axe principal de la gestion au XXIe siècle : il s’agit de tirer parti de l’intelligence de la main‑d’œuvre hybride composée d’humains et de machines.   

Calvin Mulligan