Action de grâces et canneberges : une tradition canadienne

L'industrie canadienne de la canneberge au Canada est en bonne santé. La production canadienne occupe le deuxième rang, derrière celui des États‑Unis, et les deux pays fournissent la vaste majorité de la production mondiale avec ce fruit unique à l'Amérique du Nord. 

De nouvelles possibilités continuent d'émerger pour cette industrie. Les achats de canneberges par la Chine augmentent de 50 % chaque année. Qu'elle soit fraîche, séchée, congelée ou transformée en des jus ou des sauces, cette baie comporte des avantages impressionnants pour la santé reconnus depuis des centaines d'années. Le pemmican, composé de viande de chevreuil, de gras et de canneberges broyées, était une barre énergétique de la vieille école et un aliment de première nécessité en Amérique du Nord à l'époque de la traite des fourrures.

Le Québec et la Colombie‑Britannique ont fourni près de 93 % de la production totale canadienne en 2015. La production québécoise était de loin supérieure à celle de la côte ouest. Cette croissance est due à une augmentation des surfaces exploitées et des investissements dans cette industrie.

L'offre excédentaire n'a pas si bon goût

Toutefois, l'offre excédentaire et la faiblesse des prix qui en découle ont affligé l'industrie. Depuis 2009, la production au Québec s'est accrue de 113 % et les recettes monétaires agricoles des producteurs de ce fruit ont augmenté de 5 %. La situation est similaire en Colombie‑Britannique : les recettes monétaires agricoles ont diminué de 6 % et la production a augmenté de 17 % par rapport aux niveaux de 2009.

Une partie de l'offre excédentaire s'explique par une récente réaction négative à l'égard du processus d'édulcoration utilisé pour rehausser la saveur acidulée du fruit. La baie était traditionnellement appelée baie sure ou baie amère par les peuples autochtones d'Amérique du Nord qui la mélangeait à du sirop d'érable afin d'atténuer son amertume. On y ajoutait d'autres édulcorants, comme le miel et le sucre, pour fabriquer des jus et d'autres boissons.

Les récentes initiatives d'augmentation de la demande de l'industrie ont mené à la diminution du taux de sucre dans les boissons et contribué à accroître la consommation de canneberges. De 2005 à 2015, la production nationale de canneberges a augmenté de 319 %, ce qui représente une augmentation importante, qui a tout de même été dépassée par la consommation nationale, qui a connu une hausse de 438 %. Pendant la même période, les exportations canadiennes ont augmenté de l'ordre de 245 %.

La transformation à valeur ajoutée des canneberges en sauce et en jus a aussi contribué à stimuler cette croissance de la consommation. La plupart des canneberges récoltées sont transformées en jus. Cependant, ce sont les canneberges fraîches, disponibles au moment de la récolte tardive d'automne, qui continuent de générer la demande la plus forte.

Une longue histoire qui se transmet

Il faut remonter dans le temps pour comprendre pourquoi : la production de canneberges et la célébration de l'Action de grâces au Canada vont de pair.

Les premiers colons européens, utilisant depuis longtemps les sauces à base de fruits surs dans les plats d'oiseaux sauvages, ont facilement adapté leurs vieilles recettes aux richesses uniques de l'Amérique du Nord. La production commerciale de la canneberge en Amérique du Nord a émergé entre la fin des années 1800 et le milieu des années 1900. Ce fruit fournissait la sauce qui ajoutait une nouvelle saveur à une vieille tradition – un partenaire dans un joli mariage de la fête canadienne, instaurée en 1879 afin de célébrer les récoltes d'automne, avec l'un des aliments les plus anciens consommés au moment de ces récoltes.

Joyeuse Action de grâces, Canada!