Six points à retenir à propos des perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO pour 2015 à 2024

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont récemment publié leurs perspectives agricoles conjointes pour 2015 à 2024. Il s’agit d’un exercice prospectif utile pour comprendre les occasions et les défis dans l’industrie agricole. De ces perspectives, voici six points à retenir que je considère comme particulièrement importants.

 

1.    Bien que la croissance de la population mondiale doive ralentir durant la prochaine décennie, la croissance des revenus continue d’être un important facteur de la consommation alimentaire. Une croissance ralentie de la population est prévue dans toutes les régions. La projection est néanmoins de plus de 8 milliards d’habitants sur la planète d’ici 2024 – soit une hausse de 768 millions, dont près de la moitié se trouvera dans la région de l’Asie et du Pacifique.

2.    Devant la demande stable et non croissante de biocarburants, l’utilisation des céréales fourragères occasionnera une demande accrue de céréales à long terme. Les céréales sont encore le principal aliment de base en ce qui concerne les habitudes alimentaires quotidiennes à l’échelle planétaire. La consommation mondiale de céréales devrait s’accroître de 390 millions de tonnes d’ici 2024, les céréales secondaires représentant plus de la moitié de cette hausse. C’est la source de croissance qui a retenu mon attention : la demande de céréales fourragères a représenté 36 % de la croissance de consommation des céréales secondaires au cours de la dernière décennie. Mais au cours des dix prochaines années, elle représentera près de 70 % de la croissance – c’est un changement considérable.

3.    À moyen terme, les prix des céréales devraient augmenter en raison des hausses des coûts de production. Les prix des céréales ont commencé l’année à de faibles niveaux en 2014, comparativement à la moyenne des sept dernières années. À court terme, une production plus élevée et une accumulation de réserves pourraient faire en sorte que les prix diminuent légèrement. Mais, selon les projections, le mouvement en baisse des prix des céréales devrait atteindre un creux pour ensuite amorcer une remontée au cours des prochaines années.

4.    La production d’oléagineux devrait augmenter de plus de 20 % au cours des dix prochaines années en raison d’une forte demande de tourteaux de protéines. L’expansion proviendra principalement de régions qui produisent traditionnellement du soja. La production d’huile végétale devrait également grimper (24 %) durant la même période, mais le rythme de croissance observé au cours de la dernière décennie devrait décélérer. Il est à noter que ces projections à long terme ne tiennent pas compte de modifications dans les habitudes alimentaires, comme l’élimination des gras trans, ce qui devrait créer des possibilités pour des espèces de canola à teneur élevée en acide oléique.

5.    Une rentabilité améliorée soutient la croissance dans le secteur du bétail. Les projections à long terme pour le rapport entre les prix du bétail et des aliments pour animaux suggèrent la croissance de la production de bétail, surtout dans les industries où la demande est forte, comme celles du porc et de la volaille. La consommation mondiale de viande de porc devrait s’accroître de 12 % (13,5 millions de tonnes) au cours des dix prochaines années. La consommation de viande bovine devrait aussi augmenter de 12 % (8,1 millions de tonnes).

6.    De sommets records qu’ils étaient, les prix de la viande commenceront à diminuer et se stabiliseront à environ 20 % sous les prix actuels. Ce processus de stabilisation débutera vers la fin de 2015 et ne se terminera pas avant 2018.

                                                                                         

Dans l’ensemble, tout semble indiquer que le Canada demeurera un exportateur fiable et diversifié de produits agricoles et de produits alimentaires. Avec la croissance continue de la population mondiale et une demande accrue pour des aliments diversifiés, les perspectives de l’OCDE et de la FAO dressent un avenir reluisant pour l’agriculture canadienne, surtout dans l’industrie du bétail.

 

Craig Klemmer, Économiste agricole principal