Concurrence accrue pour la viande au détail — une bonne nouvelle pour les producteurs

Une forte demande constitue le meilleur remède pour les maux provoqués par la croissance des réserves et la faiblesse des prix.

La croissance soutenue des réserves de viande en Amérique du Nord, doublée du fléchissement des prix de la viande, pourrait stimuler la demande des consommateurs dans le secteur de la vente au détail. Cela permettra d’atténuer quelque peu la pression à la baisse sur les prix du bétail et du porc canadiens.

Après les sommets, dégringolade importante des prix du bœuf et du porc au détail

Les consommateurs ont payé leur viande moins chère en 2016. D’après le plus récent tableau de l’Indice des prix à la consommation, les prix au détail du bœuf et du porc ont chuté de 4,4 % et de 2,7 % respectivement, sur douze mois; les prix du poulet ont à peine bougé au cours de la même période.

*Variations annuelles des prix, septembre

Le fléchissement des prix de détail accorde aux consommateurs un répit grandement nécessaire qui devrait se traduire par une augmentation des ventes de viande, notamment de la viande rouge, après deux années consécutives de flambée des prix. Les prix du bœuf ont fait un bond spectaculaire de 18 % en 2014, suivi d’un autre de 12 % en 2015; les prix du porc ont connu une augmentation de 5 % en 2013, suivie d’un bond de 14 % en 2014.

En revanche, le prix de détail du poulet est demeuré relativement stable depuis les cinq dernières années, progressant en moyenne de 2 % par an. Ce facteur contribue certainement à expliquer la croissance des ventes de poulet — la consommation augmente de 6,2 % par habitant, par année, depuis 2010.

Au cours de la même période, la consommation de porc a connu une hausse modeste d’à peine 2,6 %, tandis que celle du bœuf a chuté de 12,7 %.

La pression sur les producteurs de bétail et de porc pourrait s’alléger

Les vastes stocks de viande sur les marchés nord-américains vont perdurer. Une grande quantité de viande devra être écoulée dans la chaîne d’approvisionnement nationale ou sur les marchés internationaux. La baisse des prix de détail de la viande rouge à l’échelle nationale contribuera à l’écoulement d’une partie des stocks.

Cette conjoncture inversera la tendance observée plus récemment en ce qui concerne la consommation de viande. Par conséquent, le bœuf et le porc seront plus compétitifs face au poulet. La consommation de poulet devrait demeurer forte, étant donné l’évolution des préférences alimentaires et de la démographie. Cependant, l’affaiblissement des prix de la viande rouge pourrait bien s’avérer le remède parfait pour le rétablissement des prix du bétail et du porc. 

Le rapport mensuel du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) sur les estimations de l’offre et de la demande mondiales en agriculture (en anglais seulement) est un excellent moyen de surveiller l’équilibre global entre l’offre et la demande de protéines. Nous continuerons de suivre les tendances dans le présent blogue.