Redéfinir la place qu’occupera le Canada sur la scène mondiale concernant les échanges commerciaux: deuxième partie

La réussite de l'industrie agricole et agroalimentaire canadienne repose sur les échanges commerciaux. Pour être fructueux, les échanges dépendent de la création de relations commerciales différentes (sur les marchés locaux comme sur les marchés internationaux) et d'une compréhension approfondie de divers marchés internationaux. C’est l’un des sujets dont il a été question lors du récent Sommet 2015 sur les aliments et les boissons (site en anglais seulement) du Conference Board du Canada.

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Le Canada peut-il suffire à la demande mondiale grandissante et en pleine évolution?

Les tendances mondiales montrent que, à l'échelle planétaire, la consommation des ménages est en augmentation. Il en résulte une production agricole croissante dans les marchés émergents où la demande est traditionnellement faible pour des intrants comme la potasse. Nous prévoyons que les exportations d'intrants du Canada augmenteront elles aussi. De la même façon, les grands marchés pour les aliments de base sont les économies de marché émergentes (comme la Chine et l'Inde), mais le Canada aura de la difficulté à maintenir ces exportations étant donné l'évolution (c.-à-d. l'accroissement) de la production alimentaire sur ces mêmes marchés.

Qu'en disent les experts?

Murad Al-Katib de l'association Alliance Grain Traders (site en anglais seulement) de la Saskatchewan a souligné que le nouveau marché le plus important pour les pois canadiens est le secteur de la production de vermicelles de la Chine. De nouveaux marchés se développent constamment, et ceux-ci comptent sur des importations qui n'existaient pas auparavant. Parallèlement, le paysage concurrentiel est en mutation lui aussi. L'importance de la Chine, mais aussi d'autres marchés émergents, comme producteurs de marchandises agricoles et de produits alimentaires ne peut que s'accroître.

M. Al-Katib affirme que l'innovation est la clé de la réussite pour le Canada parce que, dans la course mondiale pour l'offre et la consommation de protéines, le Canada ne peut tout simplement pas rivaliser sur le plan du coût. Danielle Goldfarb du Conference Board du Canada a réaffirmé la nécessité de passer à des systèmes, à des produits et à des processus nouveaux et novateurs. Elle mentionne que les producteurs profitent des taux de croissance rapide de la demande panasiatique de produits canadiens depuis les 20 dernières années, mais prévient que cette croissance ralentira à partir de maintenant. L'offre de produits uniques qui répondent à des besoins uniques d'un marché permettra de préserver à l’avant-plan les exportations canadiennes.

Quelle conclusion faut-il en tirer? Choisissez avec soin vos marchés et les produits d'exportation sur lesquels vous concentrez vos efforts. Tâchez de comprendre comment évolueront les besoins des Asiatiques à mesure que leurs revenus augmenteront. Mme Goldfarb conseille fortement aux entreprises canadiennes de cibler des marchés à créneaux, d'acquérir une expertise dans des domaines restreints, de développer leurs réseaux et de renforcer leurs relations.

Ted Bilyea de l’Institut canadien des politiques agroalimentaires (ICPA) a fait valoir que la nature des demandes du Japon, qui est un marché lucratif semblable aux États-Unis, de même que l’un des trois principaux marchés du Canada pour un grand nombre de produits, est appelée à changer en raison de la libéralisation de ses frontières commerciales. Afin de demeurer concurrentiel sur ce marché, le Canada devra exporter considérablement plus de produits qu'il n'en exporte actuellement, ou il devra accroître la valeur de ses exportations.

L'innovation canadienne est essentielle

Le monde est en pleine évolution, tout comme le Canada qui s'adapte à la nouvelle demande de cultures différentes. Par exemple, on a récemment constaté que la part des recettes agricoles qui revient aux cultures spéciales en Saskatchewan a dépassé celle associée aux cultures de céréales. Le canola et les légumineuses, grâce à leur empreinte écologique durable bien connue, témoignent de l'innovation canadienne.

En perpétuant cette tradition, nous nous assurerons de demeurer un acteur important sur un échiquier grandissant.

Martha Roberts, spécialiste en recherche économique

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la position concurrentielle du Canada sur le marché mondial, consultez notre plus récent rapport FAC économie agroalimentaire : Tour du monde des échanges commerciaux de 2015, publié le lundi 16 novembre.