Redéfinir la place qu’occupera le Canada sur la scène mondiale concernant les échanges commerciaux : première partie

Ces derniers temps, on parle beaucoup des possibilités pour le Canada de libéraliser les échanges et d’ouvrir des marchés.

Dans le contexte mondial actuel d'accroissement de la demande, le Canada pourrait profiter d’une occasion à point nommé d’intensifier les flux commerciaux existants pour augmenter, en particulier, ses exportations à valeur ajoutée. Huitième exportateur de produits agroalimentaires en importance sur la scène internationale, le Canada est bien placé pour accroître sa part des échanges mondiaux.

Malgré la position avantageuse du Canada, il faut faire les bons choix. À ce moment crucial, les échanges commerciaux peuvent s’accentuer, ou bien décliner. Le Canada est sur le point de redéfinir sa part des échanges commerciaux mondiaux; la seule question est de savoir ce que réserve l’avenir.

La demande d’exportations canadiennes augmente, mais la concurrence aussi

En 2014, le commerce agroalimentaire représentait un peu plus de 60 p. cent des échanges liés à l’agriculture sur la scène mondiale. Ces exportations sont appelées à augmenter, et ce, pour de nombreuses raisons, notamment la richesse croissante dans les économies de marché émergentes stimulera la demande de matières premières. Et à mesure que les pays poursuivront leur développement, la demande de matières premières cédera la place à une demande encore plus grande d’aliments transformés et de sources de protéines de remplacement.

Il s’agit d’une excellente nouvelle pour un pays tributaire des exportations comme le Canada. Les exportations canadiennes destinées à des marchés clés comme la Chine et le Japon sont en croissance; le problème est que les exportations des pays concurrents augmentent elles aussi. En fait, la part globale du Canada du marché des importations chinoises de produits liés à l’agriculture a diminué au cours des 10 dernières années, alors que la demande chinoise est en hausse.

Les accords commerciaux sont-ils la solution?

Lors du récent Sommet 2015 sur les aliments et les boissons (site en anglais seulement) du Conference Board du Canada, plusieurs conférenciers ont laissé entendre que le Canada ne réalisera le potentiel des accords commerciaux qu’en augmentant ses exportations de produits à valeur ajoutée. Nous raterons la cible si notre stratégie pour l’avenir demeure axée sur les exportations de matières premières.

Tous les accords commerciaux que signent les États-Unis sont susceptibles d’affaiblir l’accès préférentiel dont nous bénéficions dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain avec les États-Unis. En effet, les accords commerciaux peuvent procurer à notre voisin du Sud ‑ qui est notre marché le plus important et le plus riche ‑ un accès libéralisé à une gamme élargie d’importations, ce qui risque de réduire la part qu’occupe le Canada sur ce marché. C’est pourquoi nous devons impérativement diversifier nos exportations en exploitant de nouveaux marchés, en particulier pour les exportations de produits alimentaires transformés.

Comment pouvons-nous profiter de la demande grandissante dans un environnement commercial libéralisé? Dans mon prochain billet, j’exposerai certaines façons pour le Canada de dynamiser ses exportations agroalimentaires dans un contexte où la demande mondiale augmente et où les frontières s’amenuisent.

Martha Roberts, spécialiste en recherche économique