Débouchés considérables pour les bleuets canadiens

Bien que l’industrie des bleuets ait dernièrement connu des baisses de prix ayant eu une incidence sur la rentabilité, on observe toutefois l’émergence de plusieurs facteurs positifs dans ce secteur.

La consommation mondiale de bleuets connait une croissance spectaculaire

En Amérique du Nord, la consommation de bleuets est passée de 272 000 tonnes en 2010 à plus de 400 000 en 2014. Et pendant cette même période, la consommation de bleuets a également augmenté en Europe, passant de 55 800 tonnes à 100 000 tonnes.

En Asie, les tendances de consommation ont évolué en raison de la hausse des revenus et l’un des changements observés est la plus grande consommation de petits fruits, y compris les bleuets, qui a connu une croissance de 248 % au cours de la même période, augmentant de 15 000 à 52 000 tonnes. Et, fait encore plus remarquable : les importations de bleuets par l’Asie ont progressé de plus de 2 300 % de 2008 à 2012. Il est non seulement prévu que ce taux de croissance se maintiennent, il est même possible qu’il triple au cours des dix prochaines années.

Le Canada est un fournisseur d’importance du marché des bleuets

La production canadienne de bleuets, qui est principalement répartie entre la Colombie-Britannique et l’Est du pays, a maintenu un taux de croissance annuel moyen d’environ 12% dans les cinq dernières années, pour atteindre 163 000 tonnes métriques en 2014. Et de cette production, 30 000 tonnes ont été exportées. Le bleuet nain, qui pousse surtout dans l’Est du Canada, représente un peu plus de la moitié de la récolte totale, alors que l’on retrouve principalement du bleuet en corymbe en Colombie-Britannique.

Aux États-Unis, la production de bleuets a maintenu un rythme de croissance semblable à celui observé au Canada, passant de 169 000 tonnes en 2009 à 261 000 tonnes en 2014. Il est intéressant de comparer ces statistiques avec la production chilienne de bleuets qui, bien qu’inférieure à la production américaine, enregistre la croissance la plus rapide et de plus, le Chile exporte jusqu’à 90 % de sa production.

La ratification du Partenariat transpacifique (PTP) pourrait entraîner d’importants avantages

L’accord du PTP s’applique à des marchés asiatiques où les tendances de consommation sont en pleine évolution, notamment le Japon, le Vietnam et la Malaisie.  Et les trois pays qui produisent le plus de bleuets sont tous de futurs membres du PTP.

Selon les détails préliminaires, à la suite de la ratification de l’accord du PTP :

  • le Japon éliminerait immédiatement les tarifs douaniers de 9,6 % imposés sur les bleuets surgelés et de 6 % sur les bleuets frais;
  • le Vietnam supprimerait le tarif douanier de 15 % sur les bleuets frais et de 30 % sur les bleuets surgelés; et
  • La Malaisie abolirait le tarif de 5% qu’elle impose sur tous les bleuets, frais ou surgelés.
     

La réduction ou l’élimination des tarifs douaniers pourrait signifier une diminution des coûts d’approvisionnement pour les acheteurs de bleuets canadiens, ce qui augmenterait bien sûr la demande dans nos marchés d’exportation. Il faut toutefois souligner que les producteurs de bleuets canadiens feraient aussi face à la concurrence des autres membres du PTP. Investir dès maintenant dans l’amélioration de la productivité et de l’efficience pourrait accroitre la rentabilité des exploitations de bleuets à l’avenir. 

Leigh Anderson, économiste agricole principal