Les prix du pétrole ne risquent pas de remonter de sitôt

Le pétrole a toujours été un déterminant important de la valeur du dollar canadien. Ainsi, les fluctuations à la hausse des prix du pétrole faisaient grimper la valeur du huard par rapport au dollar américain. L’inverse est également vrai – une baisse du prix du pétrole diminuait la valeur de notre monnaie. Les taux d’intérêt ont joué un rôle plus important dans les récentes fluctuations du taux de change. Nous croyons que cette situation se poursuivra à court terme, ce qui constitue une tendance positive pour l’agriculture canadienne. 

Le baril de pétrole à 100$ a cédé la place au baril à 50 $  

Le prix du pétrole a chuté par rapport au sommet de 110 $ US le baril enregistré au milieu de l’année 2014, pour finalement atteindre un creux de 28 $ US au début de 2015. Le prix du pétrole a ensuite remonté pour se fixer autour de 50 $ US le baril. Il demeure à ce niveau depuis presque deux ans.

Les grands pays producteurs de pétrole ont essayé collectivement de réduire la production pétrolière afin de limiter les surplus et d’harmoniser l’offre et la demande. Or, une remontée du prix du pétrole est peu probable. Voici pourquoi :

  1. Les réductions de la production négociées entre les pays de l’OPEP sont, comme on le sait, difficiles à mettre en œuvre. Si les réductions sont fructueuses et font grimper le prix du pétrole, chaque pays a alors tout intérêt à déroger du niveau de production convenu pour vendre plus de pétrole à prix plus élevé. Et puisque tous les pays ont le même incitatif, la production globale revient habituellement vers sa situation de surplus initiale.
  2. En outre, même si les réductions de la production des pays de l’OPEP sont fructueuses à long terme, il faut tenir compte d’une autre variable : la production de pétrole de schiste aux États-Unis. Les progrès technologiques font baisser les coûts de production du pétrole de schiste. La Energy Information Administration (EIA) (en anglais seulement) des États-Unis prévoit que la production moyenne quotidienne de pétrole de schiste aux États-Unis augmentera de 1,7 % entre 2016 et 2017 et de 5,3 % en 2018. 

Les taux d’intérêt influencent davantage la valeur du dollar canadien 

Avant le mois d’août 2016, le dollar canadien évoluait de concert avec le prix du pétrole. Les douze derniers mois ont apporté une nouvelle dynamique : les hausses anticipées et réelles des taux d’intérêt aux États-Unis et au Canada ont eu une incidence considérable sur le dollar canadien.

La hausse des taux aux États-Unis à la fin de l’année 2016 a resserré l’écart entre les taux canadiens et américains et a entraîné un recul de la valeur du dollar canadien. La hausse de taux annoncée par la Banque du Canada en juillet 2017 laissait supposer que l’écart entre les taux d’intérêt se réduirait, ce qui a provoqué une appréciation soudaine du dollar canadien. 

Nous devons garder un œil sur les décisions des banques centrales pour plus d’une raison

Il est évidement important de surveiller les futures hausses de taux car elles font grimper les coûts d’emprunt. Elles détermineront également l’évolution future du dollar canadien. Par ailleurs, un huard faible est avantageux pour l’agriculture canadienne. Les marchés financiers évaluent actuellement à moins de 50 % la probabilité que le Canada et les États-Unis augmentent leur taux en septembre, ce qui devrait permettre au dollar canadien de se maintenir dans sa fourchette actuelle jusqu’à ce que nous en sachions plus au sujet de l’orientation que prendront les taux d’intérêt pour le reste de l’année 2017.  

Blair Baillargeon, étudiant stagiaire, équipe de l’Économie agricole