L’OCDE et la FAO prévoient une remontée des prix des protéines au cours de la prochaine décennie

Les perspectives agricoles 2017 de l’OCDE et de la FAO indiquent une croissance de la production, de la consommation et des échanges commerciaux de viande. Cela dit, l’industrie de la viande progressera moins vite qu’au cours des dix dernières années. Malgré ce ralentissement de la croissance, les facteurs fondamentaux de l’offre et de la demande apparaissent positifs jusqu’en 2026.

Aperçu des projections globales de l’OCDE et de la FAO concernant la croissance jusqu’en 2026 (par rapport à la période de référence 2014‑2016) :

  • Croissance de 13 % de la production mondiale de viande.
  • Tendance à la hausse de la consommation de viande par habitant à l’échelle mondiale au cours de la période de prévision, mais de façon négligeable; la hausse des revenus sur les marchés émergents, qui a été le moteur principal de la croissance au cours de la dernière décennie, devrait ralentir.
  • Augmentation annuelle de près de 1,5 % de la consommation de viande à l’échelle mondiale, grâce à la croissance démographique qui demeure élevée dans de nombreux pays émergents.

Voici les perspectives des prix à la ferme dans les secteurs de la volaille, du porc, du bœuf et des produits laitiers :

1. Les prix à la ferme de la volaille aux États-Unis devraient demeurer stables alors que la demande mondiale continuera de croître, en particulier dans les pays en développement, où le coût de la production avicole, et le coût d’achat de la viande de volaille, sont relativement bas (Figure 1). La volaille sera la vedette de la prochaine décennie : de toutes les viandes, c’est celle qui affichera la plus forte croissance du point de vue de la demande, du commerce et de la production.

2. La rentabilité du porc demeure positive grâce aux faibles coûts des aliments pour animaux pendant la période de prévision. Les prix moyens à la ferme aux États-Unis devraient fléchir en 2017 et remonter par la suite. La production de porc augmentera à l’échelle mondiale, sous l’effet principalement de l’expansion du cheptel porcin de la Chine, tandis que la demande est aussi appelée à croître. Les exportations canadiennes augmenteront pour combler une partie de cette demande nouvelle.

3. Les prix des bouvillons gras seront supérieurs aux prix observés à la fin de 2016. La production mondiale de bœuf poursuit sa remontée, les poids en carcasse et l’accroissement du troupeau de bovins faisant augmenter les stocks de bœuf. La consommation par habitant au Canada continue d’augmenter.

4. Le secteur laitier profitera de la préférence marquée des consommateurs pour les matières grasses laitières. Le prix de la poudre de lait écrémé aux États-Unis devrait augmenter de pas moins de 76 % au cours des 10 prochaines années. C’est une bonne nouvelle pour les producteurs canadiens qui ont vu le prix du lait au Canada diminuer entre 2014 et 2017, en raison notamment des stocks abondants de poudre de lait écrémé et d’une diminution de la demande. Cette remontée est subordonnée à une reprise de la demande de poudre de lait écrémé de la Chine.

Concurrence féroce pour l’approvisionnement en protéines

La faiblesse des prix des céréales fourragères prévue au cours des dix prochaines années et la demande vigoureuse de viande à l’échelle mondiale auront un effet bénéfique sur la rentabilité du secteur du bétail. Cependant, le Canada est aussi confronté à une concurrence de plus en plus vive. Le Brésil et les États-Unis mèneront la croissance des exportations de viande jusqu’en 2026; les pays en développement occuperont aussi une part grandissante des exportations globales. Les producteurs canadiens pourront accroître leur part de marché en investissant dans la qualité et l’innovation afin de satisfaire aux exigences des consommateurs.


Jean-Philippe Gervais
Vice-président et économiste agricole en chef

Jean‑Philippe Gervais est vice-président et économiste agricole en chef à Financement agricole Canada. Avant de se joindre à FAC en 2010, M. Gervais était professeur d’économie agricole à la North Carolina State University et à l’Université Laval. Il était aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en agroindustrie et commerce international à l’Université Laval. M. Gervais est l’ancien président de la Société canadienne d’agroéconomie. Il a obtenu son doctorat en économie de l’Université d’Iowa State en 1999.

@jpgervais