Quelques faits peu connus sur l’agriculture mondiale

J’ai eu le plaisir d’assister au congrès de l’industrie nord-américaine des céréales de 2014 (2014 Cereals North America) à Winnipeg, au Manitoba, pour en apprendre davantage sur les marchés internationaux des céréales et des oléagineux, et particulièrement sur l’avenir de l’agriculture mondiale.

Le congrès s’est avéré une mine de renseignements sur la production et la qualité des cultures et a fourni d’excellentes observations sur les indicateurs fondamentaux de l’offre et de la demande mondiale du secteur des céréales et des oléagineux. Les conférenciers ont mis les participants au défi de mettre de côté les questions régionales et d’élargir leur perspective pour avoir une vue d’ensemble de ce qui se passe à l’échelle de la planète. Il s’agit là d’un thème récurrent de mon blogue.   

Lorsque j’assiste à des congrès comme celui-ci, je m’intéresse toujours à l’information qui permet de brosser un portrait global et qui remet en question les idées toutes faites. Prenons en exemple le cas de l’agriculture brésilienne.

L’ampleur de l’augmentation potentielle de la production de céréales et d’oléagineux est tout à fait fascinante. Selon Pedro Dejnek de AGR Brazil, ce pays pourrait accroître ses terres arables d’environ 400 millions d’hectares. Cela représente une augmentation de quatre fois la superficie actuelle des terres arables.

Cette augmentation de la superficie cultivée ne mettrait pas en jeu de nouvelles terres et n’entraînerait pas l’élimination de la forêt tropicale; par contre, pour y arriver, il faudrait d’abord transformer des terres qui servent actuellement de pâturage, ce qui représenterait sans doute une longue transition. De plus, le manque d’infrastructures adéquates constituerait un obstacle important à la capacité des producteurs de commercialiser leurs produits. Malgré les défis, exploiter même un petit pourcentage de ces terres changerait de façon considérable la dynamique de l’offre et de la demande dans les marchés mondiaux des céréales et des oléagineux.

Nous savons que les événements géopolitiques créent des possibilités d’échanges et de commercialisation en raison de la fluctuation des prix. Pourtant, les arguments présentés lors du congrès ont démontré que les crises géopolitiques ont rarement des répercussions sur la production des céréales et des oléagineux. En effet, la crise actuelle en Ukraine et l’instabilité financière de l’Argentine n’ont pas entraîné de changements dans la production mondiale des céréales et des oléagineux. Ce phénomène se confirme aussi au fil du temps.

Si les événements géopolitiques n’ont pas d’impact sur la production, elles influent tout de même sur le comportement des vendeurs, ce qui a des conséquences sur l’offre mondiale. C’est ce que l’on observe à l’heure actuelle en Argentine, où les producteurs continuent de stocker leurs récoltes afin de se protéger contre l’inflation. Il reste que les principales répercussions directes des événements géopolitiques sont d’entraîner une volatilité des prix et d’influer sur les plans de commercialisation.  

Le congrès de l’industrie nord-américaine des céréales a fourni d’excellentes occasions d’apprentissage et a mis en valeur l’importance de bien comprendre jusqu’à quel point le monde de l’agriculture est interconnecté.

Craig Klemmer, économiste agricole principal