Regard de mi-année sur nos cinq principaux facteurs économiques à surveiller en 2015

Chronique économique FAC

Aperçu

  • On a prévu que les États-Unis et la Chine évolueraient dans des directions opposées en 2015.
  • Marché du travail : Des statistiques pour les cinq premiers mois de 2015 montrent une diminution de la main-d'œuvre agricole salariée.
  • L'inflation alimentaire a augmenté plus vite que l'année précédente au cours des cinq premiers mois de 2015.
  • Le cumul annuel des ventes de machinerie agricole indique que les marchés pour les équipements destinés à l'élevage de bétail sont stables, alors que les ventes d'équipements pour grandes cultures sont en baisse.

Au début de l'année, je vous ai présenté notre liste des cinq principaux facteurs économiques à surveiller en 2015. Le moment est maintenant venu de porter un regard rétrospectif sur les six derniers mois pour comprendre comment le contexte commercial a évolué, tout en ne perdant pas de vue ce que nous réservent les six prochains mois.   

Les perspectives économiques des États-Unis sont prometteuses, alors que l’économie chinoise souffre d’un ralentissement
Nous avions prévu que les deux géants économiques évolueraient dans des directions opposées cette année. L'économie des États-Unis a fléchi durant le premier trimestre de 2015, au cours duquel le produit intérieur brut (PIB) américain a reculé. Différentes raisons, dont les conditions météorologiques et la baisse des exportations, expliquent ce rendement. Toutefois, un certain nombre d'indicateurs laissent entendre que les paramètres économiques fondamentaux sous-jacents demeurent robustes. Le nombre d'emplois ne cesse d'augmenter; l'économie a créé environ 250 000 emplois par mois au cours des 12 derniers mois. D'ordinaire, la confiance des consommateurs s'accroît à mesure que le revenu disponible augmente, ce qui crée des débouchés.

« Il existe beaucoup d'autres facteurs inconnus dans le contexte économique des producteurs, des agroentrepreneurs et des transformateurs de produits alimentaires. »

Par exemple, l’indice du rendement du secteur de la restauration (restaurant performance index [en anglais seulement]) de la National Restaurant Association des États-Unis révèle une hausse des dépenses alimentaires des consommateurs américains au cours des six derniers mois. Cette tendance est positive pour les exportateurs canadiens de produits alimentaires. Par ailleurs, la banque centrale des États-Unis estime que l'économie américaine demeure assez solide pour résister à une hausse des taux d'intérêt, prévue avant la fin de 2015.

La Banque du Canada prévoit maintenant que le PIB de la Chine s'établira à 6,9 %, ce qui est inférieur à son estimation précédente, qui s'élevait à 7,0 %. Il s’agit d’un faible recul quant au taux de croissance. Malgré tout, la demande chinoise de produits alimentaires est vigoureuse, ce qui crée des possibilités de croissance pour les exportations agroalimentaires canadiennes.

Le marché du travail dans le secteur agricole canadien devrait demeurer étroit, malgré la hausse des salaires
Des statistiques pour les cinq premiers mois de 2015 montrent une diminution de la main-d'œuvre agricole salariée. Depuis le début de l'année, les salaires dans le secteur agricole continuent d'augmenter plus rapidement (3,4 %) que les salaires offerts dans l'économie en général. Si nous avions prévu au début de l'année que le marché du travail demeurerait étroit dans le secteur agricole, l'ampleur de la hausse des salaires dans ce secteur est cependant surprenante.  La diminution prévue des investissements des entreprises dans les secteurs pétrolier et gazier pourrait atténuer les pressions à la hausse sur les salaires agricoles au cours des six prochains mois.

Hausse des prix des aliments
Nous avions prévu que les prix des aliments augmenteraient plus rapidement que l'indice global des prix à la consommation (IPC), mais plus lentement qu'en 2014. En fait, l’inflation alimentaire a augmenté plus vite que l'année précédente au cours des cinq premiers mois de 2015, ce qui s'explique en grande partie par les hausses marquées des prix au détail du bœuf et du porc. Toutefois, les prix du porc ont commencé à croître à un rythme plus lent, les prix ayant diminué par rapport à leurs sommets de 2014. 

Le déclin du dollar canadien se répercute sur la facture d'épicerie des consommateurs canadiens parce que les produits importés des États-Unis sont plus chers. La sécheresse prolongée qui sévit en Californie n'y est pas non plus étrangère. La faiblesse des cours du pétrole et un mouvement à la hausse des taux d'intérêt aux États-Unis devraient contribuer à maintenir le dollar canadien à environ 0,80 $ US pour le reste de l'année, ce qui aura une incidence positive sur les revenus agricoles étant donné que de nombreux produits agricoles sont libellés en dollar US.

Ventes inégales d'équipements agricoles
Le cumul annuel des ventes de machinerie agricole indique que les marchés pour les équipements destinés à l’élevage de bétail sont stables, alors que les ventes d’équipements pour grandes cultures sont en baisse et approchent des niveaux antérieurs à 2008.  Cette tendance était prévisible parce que les recettes des productions animales demeurent élevées, tandis que les marges des producteurs de cultures végétales ont diminué par rapport aux niveaux des dernières années. 

La demande d'équipements agricoles neufs était plus faible en raison de la hausse des prix de détail découlant de l'appréciation du dollar US. On prévoit que les ventes d’équipements pour grandes cultures et l’élevage de bétail continueront de suivre des tendances différentes et que la demande d'équipements agricoles d’occasion augmentera.

Un atterrissage en douceur pour la valeur des terres agricoles
Le rapport Valeur des terres agricoles 2014 de FAC, publié en avril 2015, indique que la progression de la valeur des terres agricoles a été plus lente que l’année précédente. Comme on le prévoyait, la baisse des prix des produits de base s’est traduite par une augmentation plus faible de la valeur des terres agricoles à l’échelle du pays, en 2014.

On continue de prévoir que les taux d'intérêt demeureront bas jusqu'à la fin de 2015. À ce titre, on s’entend pour dire que la Banque du Canada haussera son taux directeur en 2016. Les marges bénéficiaires des producteurs de céréales et d'oléagineux risquent de continuer de se resserrer tout au long de l'année, et c'est peut-être le facteur ayant l'incidence la plus déterminante sur la façon dont évoluera la valeur des terres pour le reste de l'année. Même si les recettes globales des productions végétales semblent diminuer, elles demeurent supérieures aux moyennes de longue période à l'échelle du pays. Le marché des terres agricoles semble se diriger vers l’atterrissage en douceur que nous avons prévu.

Il existe beaucoup d'autres facteurs inconnus dans le contexte économique des producteurs, des agroentrepreneurs et des transformateurs de produits alimentaires. En août, nous vous présenterons des indicateurs plus précis à surveiller pour vous aider à déterminer les mesures qui entraîneront des gains d'efficience et de productivité dans votre exploitation.    

Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef

Saviez-vous que nous offrons des événements d'apprentissage sur ce genre de sujets partout au Canada? Trouvez un événement près de chez vous.