Vos intentions de semis doivent faire partie de votre plan de marketing

L’année de récolte 2018 ne commence peut‑être que dans quelques mois, mais les producteurs sont déjà occupés à planifier leurs semis. Ils doivent tenir compte de nombreux facteurs, inconnus pour la plupart, notamment les prix du marché, les conditions d’humidité et l’accès au marché indien des légumineuses. Les intentions préliminaires en matière d’ensemencement au Canada permettent déjà d’établir des projections de rentabilité pour 2018.

On s’attend à beaucoup moins de légumineuses et à plus de céréales et d’oléagineux

Selon les récentes prévisions d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, les producteurs canadiens ont l’intention d’accroître leurs superficies de céréales et d’oléagineux et de réduire celles qu’ils consacrent aux légumineuses. 

Le fléchissement des prix des pois et des lentilles sur le marché causé par des approvisionnements abondants et un accès limité au marché indien devrait entraîner une diminution des superficies de lentilles et de pois de 27 et 21 % respectivement. La baisse des superficies de légumineuses favorisera l’accroissement des superficies de céréales et d’oléagineux.

Une forte demande d’orge fourragère et une réduction des approvisionnements en blé dur contribuent au maintien des prix. Par conséquent, on prévoit une augmentation des superficies de blé dur et d’orge de 5 et 7 % respectivement pour l’année de récolte 2018‑2019. Globalement, on s’attend à une hausse de 4 % des superficies totales de blé et à un accroissement de 2 % des superficies de maïs.

Des marges bénéficiaires conséquentes sur les oléagineux devraient avoir des répercussions positives sur l’offre. On s’attend à ce que les superficies de canola augmentent de près de 5 %. Celles de soja devraient également connaître une hausse de 2 % et continuer leur croissance spectaculaire dans les Prairies. 

Les superficies de céréales sont moins sensibles aux fluctuations de prix

Les prix continuent d’évoluer et il en est de même pour les choix de cultures en 2018. On peut s’inspirer des données historiques sur les superficies ensemencées et des prix antérieurs pour établir des projections concernant les décisions des producteurs canadiens en matière d’offre.

Les intentions de semis sont loin d’être aussi sensibles aux variations de prix pour le blé et le canola que pour les pois et les lentilles.

Par exemple, une augmentation de 5 % du prix du blé attendu en 2018 par rapport à celui de 2017 aurait pour effet une augmentation moyenne de 1 % de la superficie ensemencée.

Pour le canola, une augmentation de 5 % du prix de 2018 par rapport à celui de 2017 se traduirait par un accroissement de 3 % de la superficie ensemencée.

La fluctuation du prix des lentilles et des pois a des incidences généralement plus marquées sur les superficies ensemencées. C’est le cas pour toutes les cultures en plus petite surface, car les débouchés sont souvent plus limités sur le marché en raison de la concentration géographique, qui elle‑même s’explique par des facteurs comme les conditions de transformation et les conditions climatiques.

Les décisions de semis ne se prennent pas par hasard. Elles doivent être fondées sur l’ensemble des cultures d’une région. La superficie d’une culture donnée peut quand même augmenter même si l’on ne s’attend pas à ce que le prix de la denrée grimpe. Une baisse suffisante du prix d’autres cultures (p. ex. les légumineuses) peut accroître la superficie d’une culture même avec des projections de rentabilité limitée (p. ex. le blé).

Établir un plan de marketing en fonction de votre tolérance au risque et aux fluctuations

Pour établir n’importe quel plan de marketing, il est essentiel de comprendre les intentions de semis dans l’ensemble du Canada et aussi de connaître les stocks disponibles et la vigueur de la demande.


Craig Klemmer
Économiste agricole principal

Craig Klemmer a commencé sa carrière à FAC en 2009 en tant qu’économiste agricole. Il se spécialise dans la surveillance et l’analyse de l’environnement macroéconomique, la modélisation de l’état de santé de l’industrie et la prestation d’analyses des risques liés à l’industrie. Avant son arrivée à FAC, il a travaillé à la Direction de l’élevage du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. M. Klemmer est titulaire d’une maîtrise en agroéconomie de l’Université de la Saskatchewan.

@CraigKlemmer