Récente hausse de taux d’intérêt – optimisme économique et confiance des entreprises

Le 11 juillet, la Banque du Canada (BdC) a relevé son taux directeur de 25 points de base et a publié son Rapport sur la politique monétaire trimestriel. Il s’agit de la deuxième hausse pour 2018 après la hausse de janvier.

La décision de relever le taux directeur du Canada s’appuie sur une croissance économique solide et sur l’inflation, dont le taux demeure supérieur à la cible de 2 % établie par la BdC (le taux annuel d’inflation atteignait 2,2 % en mai 2018). Le salaire moyen canadien poursuit sa progression, ce qui s’explique par les tensions persistantes sur le marché du travail. La BdC mentionne également l’optimisme généralisé des entreprises à l’égard de l’économie. Celles-ci croient qu’il sera plus difficile de faire face à la demande sans de nouveaux investissements.

La décision de relever le taux directeur du Canada de 25 points de base s’appuie sur une croissance économique plus forte et sur le taux d’inflation, qui demeure supérieur à la cible de 2 % établie par la BdC.

Le risque d’une montée du huard s’est atténué depuis janvier 2018, ce qui s’explique par les projections de croissance économique aux États-Unis. C’est l’écart entre les taux d’intérêt du Canada et des États-Unis qui influe principalement sur la valeur du huard. La Réserve fédérale américaine devrait continuer à relever ses taux d’intérêt, mais à un rythme légèrement supérieur à celui du Canada, ce qui réduit la probabilité que le huard s’apprécie par rapport au dollar américain.

Malgré l’amélioration de l’économie canadienne, la BdC lance une mise en garde voulant que la récente hausse de taux puisse bien être la dernière de 2018. La BdC a indiqué que les préoccupations à l’égard de l’endettement élevé des ménages se sont apaisées, comme le taux d’endettement des ménages a diminué par rapport au revenu disponible et le marché du logement commence à se stabiliser. Toutefois, la BdC a précisé que l’incertitude liée au commerce et les tensions commerciales mondiales représentent toujours les risques les plus importants pour les économies canadienne et mondiale.

La hausse de taux d’intérêt fera grimper les dépenses des exploitations agricoles dont une part importante de leur dette est financée à taux variable. Les taux d’intérêt demeurent peu élevés d’un point de vue historique, et il est toujours possible de se prémunir contre de futures hausses en bloquant ses taux d’intérêt. Malgré que nous ne pouvons pas exclure la possibilité d’une autre hausse de taux d’intérêt avant la fin de l’année, ce contexte d’incertitude continue de peser sur l’économie, et il pourrait s’avérer difficile pour la BdC de relever les taux encore une fois en 2018. Il existe plus d’une bonne réponse lorsqu’il s’agit des taux d’intérêt, l’important, c’est de prendre les meilleures décisions possible pour votre exploitation.


Leigh Anderson
Économiste agricole principal

Leigh Anderson a commencé à travailler à FAC en 2015 en tant qu’économiste agricole principal. Sa spécialité est le suivi et l’analyse du portefeuille de FAC et de la santé de l’agroindustrie ainsi que l’évaluation des risques inhérents à ces activités. Avant d’entrer au service de FAC, il a travaillé à la direction des politiques du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.
M. Anderson est titulaire d’une maîtrise en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

@AndersonLeigh3