Comment maintenir la compétitivité de l'agriculture canadienne

J'ai eu le plaisir de présenter un exposé lors de la conférence GrowCanada (en anglais seulement), tenue la semaine dernière. De prime abord, ma tâche était simple : je devais parler des stratégies visant à maintenir la compétitivité de l'agriculture canadienne. Mais l'idée même de compétitivité canadienne revêt divers aspects.

D'ailleurs, le terme « compétitivité » est utilisé à toutes les sauces. Dans mon esprit, il désigne « la capacité de demeurer rentable dans un marché donné par rapport à d'autres secteurs ou à d'autres pays ».

L'agriculture canadienne est elle concurrentielle?

Bien sûr!

Examinons les chiffres.

En 2014, les recettes monétaires nettes à la ferme ont atteint un record de 13,8 milliards de dollars. En 2015, elles devraient être légèrement inférieures à ce niveau. La majorité des secteurs se portent bien. Les recettes tirées des cultures s'établissaient à 13,6 milliards de dollars en 2006 et elles devraient atteindre 27 milliards en 2015. Les recettes des productions animales sont quant à elles passées de 18,4 milliards à 25 milliards de dollars au cours de la même période. 

Est-il suffisant de nous en tenir à ces chiffres? Sans doute pas. Nous devrions aussi examiner les moteurs de la rentabilité pour comprendre les moyens de conserver des revenus aussi avantageux. 

Les marges bénéficiaires dans la plupart des secteurs agricoles devraient être plus serrées en 2016 et au cours des années suivantes. L'offre mondiale de céréales, d'oléagineux et de viande ne cesse d’augmenter pour répondre à la demande grandissante, ce qui fait diminuer les prix des produits de base. Malgré tout, les marges bénéficiaires des producteurs canadiens devraient demeurer positives grâce à la faiblesse du dollar canadien.

Ne misez pas sur un dollar faible pour assurer votre rentabilité

Cela ne veut toutefois pas dire que la compétitivité canadienne repose sur un huard faible.

Certes, la faiblesse du dollar favorise les exportations canadiennes de produits de base agricoles et de produits agroalimentaires. Toutefois, notre prospérité à long terme repose avant tout sur d'autres facteurs, et heureusement, ce sont des facteurs sur lesquels les producteurs et les fabricants canadiens ont une emprise. Il s'agit tout particulièrement de la productivité et de l'innovation, sujet central de la conférence GrowCanada de cette année.  

L'innovation est synonyme de prospérité pour l'agriculture canadienne

Pour reprendre les mots de Jim Carroll (en anglais seulement), éminent futurologue, une innovation fructueuse repose sur « des idées de grandeur, un début modeste et une intensification rapide ». Maurice Moloney, Ph. D., du Global Institute for Food Security (GIFS – en anglais seulement), abonde dans le même sens. Il prévoit que la production nécessaire pour répondre aux besoins alimentaires d'une population mondiale de plus de 9 milliards de personnes en 2050 proviendra de l'innovation et du progrès technologique. 

Comme le souligne notre récent rapport intitulé FAC économie agroalimentaire : Tour du monde des échanges commerciaux de 2015, les résultats commerciaux exceptionnels du Canada sont attribuables aux innovations antérieures et à des gains de productivité. Nous devons investir pour protéger cet avantage si nous voulons approvisionner en nourriture une population mondiale grandissante et de plus en plus riche. Cela vaut autant pour l'industrie que pour les fermes individuelles.

Dans un contexte où les marges bénéficiaires se resserrent, il sera essentiel d'optimiser la productivité et l'efficacité pour obtenir des résultats positifs à la ferme. 

Je vous invite à lire les articles suivants pour découvrir des moyens d'accroître la productivité de votre ferme :

Le Brésil et le Canada sont au premier plan de la croissance future dans le secteur agricole

Technologies tactiles : un grand pas pour l'agriculture automatisée


Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef