La dépréciation du dollar est-elle avantageuse pour l’agriculture?

Dans l’ensemble, le Canada produit plus de denrées qu’il en consomme, ce qui rend le secteur agricole dépendant des marchés d’exportation. Nous avons expliqué récemment que la dépréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain était bénéfique, car les produits canadiens exportés deviennent plus abordables que les produits américains. Logiquement, la dépréciation du dollar devrait donc être avantageuse pour l’agriculture.

Pourtant, les données agricoles globales semblent plutôt indiquer le contraire. Entre 1971 et 2012, le revenu agricole net tendait à être plus élevé lorsque le dollar canadien était plus fort par rapport à la devise américaine. La relation n’est pas parfaite, mais le graphique ci-dessous suggère qu’en moyenne, une appréciation du dollar canadien et un revenu agricole plus élevé vont de pair. Alors, qu’en est-il réellement? L’appréciation du huard est-elle bonne ou mauvaise pour l’agriculture?

La relation entre le revenu agricole et le dollar peut paraître paradoxale. Pourtant, elle s’appuie sur les déterminants économiques. La valeur de la devise canadienne dépend étroitement des produits de base. Lorsque la demande mondiale en produits de base augmente, le dollar canadien s’apprécie par rapport au dollar américain.

Le huard est donc un baromètre de la vigueur des marchés mondiaux des produits de base : une demande croissante des produits de base, y compris des produits agricoles, fait grimper le dollar canadien. La hausse des prix et des ventes qui découle d’une forte demande de produits agricoles et d’une économie mondiale robuste est encore plus importante pour le revenu agricole net, car elle contribue principalement à son augmentation.

L’analyse ci-dessus s’appuie sur des données globales. Par conséquent, la corrélation entre le revenu et la valeur du dollar canadien peut être différente d’un secteur à l’autre. Toutefois, dans l’ensemble, l’appréciation du dollar canadien semble favorable à l’agriculture.

Dans les prochains jours, j’évaluerai la relation entre le dollar canadien et les prix dans des secteurs agricoles précis.

Craig Klemmer, économiste agricole