Quelle proportion des actifs de votre ferme devrait être financée par des emprunts?

Le rapport Perspectives concernant les actifs et la dette agricoles pour 2017-2018 de FAC dresse un portrait de la santé financière globale de l’agriculture canadienne en se basant sur le rapport Bilan du secteur agricole de Statistique Canada. Les ratios financiers de l’industrie permettent de dégager des tendances mais ne reflètent aucune exploitation en particulier et sont d’une utilité limitée pour l’analyse comparative.

Dans le cadre d’une collaboration entre Statistique Canada, FAC et un analyste de la recherche, nous avons mis à profit l’Enquête financière sur les fermes de 2015 afin de dresser un tableau plus précis de la santé financière des exploitations agricoles canadiennes. Le présent billet de blogue est le dernier d’une série de billets présentés par FAC afin de vous aider à situer les données financières de votre exploitation dans un contexte plus large et à comprendre les principaux outils financiers.

Après avoir présenté un aperçu de la position de liquidité et du ratio du service de la dette des fermes canadiennes, j’analyse à présent le niveau de levier au sein de l’agriculture canadienne, que l’on mesure à l’aide du ratio de levier. Je constate que les exploitations agricoles canadiennes sont généralement en bonne santé financière.

Le ratio de levier se calcule comme suit :

Ratio de levier = Passif total / (Actif total – Passif total)

Il compare la dette servant à financer les actifs et la croissance par rapport à la valeur nette de ces actifs. Plus le ratio de levier est élevé, plus les paiements d’intérêt sont élevés et donc, plus les risques financiers sont importants. Un ratio de levier élevé n’est pas toujours problématique si l’exploitation peut générer un taux de rendement des capitaux propres supérieur au coût de la dette. 

À combien s’élève le ratio de levier des fermes canadiennes?

En 2015, le niveau d’endettement des fermes canadiennes était favorable, le ratio de levier moyen se chiffrant à 0,21. Les ratios de levier variaient d’un secteur à l’autre (voir le tableau ci-dessous). Les secteurs des céréales et oléagineux et du bœuf sont ceux qui affichent les plus faibles ratios. La récente appréciation de la valeur des terres agricoles explique le faible risque financier dans les secteurs des céréales et oléagineux. Plus de 8 producteurs bovins sur 10 affichaient un ratio de levier inférieur à 0,3. Une gestion prudente de la dette et le rebond du marché du bœuf ont permis aux producteurs de bétail de se constituer un capital plus solide.

Le secteur laitier et les secteurs de la production de pommes de terre et de la production porcine sont ceux dont une part relativement plus importante de l’actif est financée par des emprunts. Environ le quart de tous les producteurs laitiers affichaient un ratio de levier variant entre 0,4 et 1. Les industries dont les flux de trésorerie sont plus stables comme l’industrie laitière affichent généralement un passif plus élevé. L’industrie laitière pourrait même afficher un meilleur ratio en 2017 compte tenu du récent accroissement des quotas. Quant aux ratios des producteurs de porcs et de pommes de terre, ils se sont probablement améliorés au cours des deux dernières années par rapport à 2015.

Les ratios de levier étaient solides dans tous les secteurs en 2015

Comment pouvez-vous mettre à profit votre ratio de levier?

Le maintien d’un levier raisonnable, qui est adapté à votre industrie, vous permet d’accroître le rendement possible de vos investissements. Discutez avec votre planificateur financier afin de vous protéger contre d’éventuels changements dans les taux d’intérêt au Canada et de pouvoir profiter des possibilités de croissance qui s’offrent à vous. 


Amy Carduner
Économiste agricole

Amy s’est jointe à l’équipe de l’Économie agricole de FAC en 2017 afin d’observer les tendances en agriculture et de cerner les occasions et les défis dans le secteur. Elle a grandi sur une ferme mixte familiale de la Saskatchewan, qu’elle continue de soutenir. Amy possède une maîtrise en économie appliquée et en gestion de l’Université Cornell ainsi qu’un baccalauréat en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

@ACarduner