L’augmentation du prix de l’alimentation animale risque d’éclipser les avantages que procure un huard faible

L’alimentation animale représente toujours l’une des deux dépenses les plus importantes d’une exploitation d’élevage. En effet, son coût peut atteindre 55 % pour les exploitations porcines de naissage-engraissage et jusqu’à 60 % pour la production d’agneaux. Le resserrement de l’offre de céréales fourragères tant au pays qu’ailleurs dans le monde fera grimper les coûts des aliments pour animaux et risque d’exercer une pression sur les marges des élevages de bétail. 

Une baisse de la production de céréales fourragères perturbera la structure des échanges

Les conditions sèches qu’ont connues l’Alberta et la Saskatchewan ont fait reculer la production d’orge de presque 10 % par rapport à l’an dernier, tandis que la production canadienne de maïs a augmenté d’approximativement 5 % en raison de la superficie ensemencée et des rendements records enregistrés. Aux États-Unis, on prévoit une baisse de 4 % de la production de maïs par rapport à l’an dernier, ce qui s’explique par une diminution de la superficie récoltée, et ce, en dépit de rendements records pour le maïs (en anglais seulement). À l’étranger, des diminutions de la production de céréales fourragères en Ukraine et en Russie ont fait baisser de 3 % des stocks mondiaux de céréales secondaires. Les régions qui dépendent des céréales russes chercheront d’autres fournisseurs, possiblement aux États-Unis. Les acheteurs chinois augmenteront probablement leurs importations d’orge fourragère malgré les stocks restreints d’orge au Canada.

La demande d’aliments du bétail est en légère hausse 

La demande mondiale de céréales secondaires devrait demeurer relativement inchangée par rapport à l’an dernier. Or, un volume de production légèrement en baisse entraînera une diminution des stocks de fin de campagne et contribuera à soutenir les cours mondiaux des céréales fourragères. En Amérique du Nord, la demande de céréales fourragères devrait grimper en raison d’un accroissement de la production animale attribuable à une hausse de la consommation nationale et aux débouchés à l’exportation. L’amélioration constante de la situation économique et des marchés du travail du Canada et des États-Unis favoriseront les dépenses de consommation et feront grimper la demande de protéines de viande. Des investissements dans les installations d’abattage du porc au Canada et aux États-Unis favoriseront l’accroissement du cheptel porcin. 

Le resserrement de l’offre peut faire grimper les prix des aliments pour animaux 

Le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) prévoit (en anglais seulement) que le prix du maïs aux États-Unis s’établira en moyenne à 3,20 $US le boisseau pour l’année de récolte 2017-2018. Le marché canadien du maïs devrait évoluer parallèlement au marché américain. L’orge continuera toutefois de se négocier à prime sur le marché, ce qui s’explique par une contraction de l’offre et une augmentation potentielle des exportations. Fait intéressant, les élevages de bétail canadiens pourraient être forcés d’importer du maïs des États-Unis alors que les exportations d’orge grimpent.

La faiblesse du dollar canadien rend les animaux et la viande plus concurrentiels à l’échelle mondiale et augmente les marges bénéficiaires. Les États-Unis bénéficient actuellement d’un avantage à l’engraissement par rapport aux exploitations canadiennes, ce qui s’explique par l’importance de leurs stocks de maïs, neutralisant ainsi l’avantage que la faiblesse du dollar canadien pourrait offrir en ce qui concerne le bétail fini. 


Craig Klemmer
Économiste agricole principal

Craig Klemmer a commencé sa carrière à FAC en 2009 en tant qu’économiste agricole. Il se spécialise dans la surveillance et l’analyse de l’environnement macroéconomique, la modélisation de l’état de santé de l’industrie et la prestation d’analyses des risques liés à l’industrie. Avant son arrivée à FAC, il a travaillé à la Direction de l’élevage du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. M. Klemmer est titulaire d’une maîtrise en agroéconomie de l’Université de la Saskatchewan.

@CraigKlemmer