L'Halloween, du vrai bonbon pour les fabricants de produits alimentaires

Le pouvoir de persuasion de ce segment démographique — les enfants de 5 à 14 ans — s'avèrera tout à fait redoutable auprès des parents, qui se laisseront convaincre d'acheter des produits non durables et pour beaucoup, non renouvelables.

En octobre 2015, ces mêmes parents ont dépensé 51 millions de dollars pour acheter des citrouilles, des courges et des courgettes... Et 418,8 millions de dollars pour acheter des friandises.

Rien n'indique que la demande diminuera en 2016 : pendant 20 ans, les ventes de bonbons chez les grands détaillants canadiens ont augmenté beaucoup plus rapidement que celles de tous les autres types d'aliments. En 2015, ils ont enregistré en moyenne des ventes de 318,3 millions de dollars chaque mois. Seules les sucreries du mois de décembre ont un pouvoir d'attraction supérieur à celles du mois d'octobre.

Ce constat pourrait susciter des inquiétudes, compte tenu de la forte teneur en sucre des friandises et leurs conséquences pour la santé. Cependant, les friandises canadiennes sont fabriquées à partir de divers édulcorants, dont le miel, le sirop d'érable, la betterave à sucre et la canne à sucre ainsi que de nombreux autres fruits et légumes.

La liste de sources d'édulcorants s'est par ailleurs élargie récemment et comprend désormais les arbres.

Le Canada a la dent sucrée

Au fil du temps, l'industrie canadienne de la betterave à sucre a augmenté ses rendements grâce à des gains de productivité, mais la superficie récoltée a diminué. La production de betterave à sucre a chuté de 50 % au cours des 50 dernières années. Pourtant, l'industrie canadienne du sucre est prospère et jouit d'une position beaucoup plus concurrentielle sur le marché mondial que celle des États‑Unis, où la vaste industrie sucrière est largement soutenue par l'État.

Par conséquent, le Canada exporte une quantité importante de produits de confiserie sur les marchés mondiaux, principalement aux États‑Unis, l'un des principaux producteurs et consommateurs de canne à sucre et de betterave à sucre au monde. Cet immense marché se trouvant à nos portes, le chocolat et les produits de confiserie occupent maintenant le deuxième rang des exportations canadiennes d'aliments industriels. En 2015, le Canada était le huitième pays exportateur de chocolat et de friandises en importance au monde, occupant 5 % du marché mondial.

Les cours du sucre devraient s'apprécier après une chute de plus de 30 % en 2014. Comme il fallait s'y attendre, cela a provoqué un fléchissement de la production chez les grands producteurs de sucre (p. ex. l'Union européenne et l'Inde), suivi d'un faible ratio stocks-utilisation (PDF 3.5 MB) en 2016. Quoi qu'il en soit, je ne crois pas qu'un prix plus élevé constitue un frein à la demande ou à la consommation de l'un des aliments les plus populaires au Canada. Pour plus de quatre millions de petits Canadiens — et pour les entreprises qui les desservent — l'Halloween sera toujours l'occasion de se réjouir.