Des aliments, s’il vous plaît!

Le monde change et avec lui (ce n’est pas une surprise), la demande d’aliments.

Mais alors que les exportations augmentent en fonction du nombre de personnes qui doivent s’alimenter, c’est le revenu (et non la croissance de la population) qui fait varier la consommation. Lorsque leur revenu disponible augmente, les consommateurs des économies en développement font deux choses:

·         Ils achètent plus d’aliments

·         Ils achètent plus d’aliments riches en protéines

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) prévoit une hausse phénoménale de 60 % de la consommation d’aliments d’ici 2050, par rapport à la moyenne pour 2007 à 2009. Une bonne partie de cette hausse sera attribuable au monde en développement, qui devrait connaître l’une des croissances de revenu futur les plus rapides.

D’où la nécessité pour les exportateurs de reconnaître l’importance des économies émergentes sur les marchés mondiaux – malgré la dominance des exportations aux pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La valeur des exportations de produits agricoles primaires du Canada vers les pays membres de l’OCDE, qui incluent les économies les plus riches au monde, est de quatre fois la valeur des exportations aux pays en développement comme le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. Si cela pose problème pour les producteurs canadiens, c’est que l’OCDE représente des marchés établis ou, dans certains cas, en déclin.

Il est sensé de diversifier les exportations afin d’y inclure les pays qui ne font pas partie des marchés traditionnels, une pratique qui se poursuivra vraisemblablement avec des points chauds de croissance comme la Chine – et cela, bien après que les exportations vers la Chine commenceront à diminuer.  

Ce jour viendra; la chance d’augmenter les exportations en réponse à la croissance du revenu d’un pays ne durera pas toujours. La croissance du revenu stimule la croissance de la consommation mais seulement dans une certaine mesure. Durant les premières années de croissance du revenu, les dollars additionnels en revenu disponible signifient plus d’achats d’aliments (et surtout d’aliments riches en protéines) dans les pays en développement. Mais ensuite, les bénéfices du revenu additionnel sur la consommation se mettent à régresser.

Prenons par exemple la viande. La hausse de la consommation ralentit lorsque le revenu atteint un seuil d’environ 10 000 $ par habitant. En Chine, la consommation de viande rouge a augmenté de 23 % entre 2002 et 2012 en même temps qu’une hausse de près de 1 000 % des ménages urbains dont le revenu est de 9 000 $ et plus par habitant. Selon les prévisions de l’OCDE et de la FAO, la consommation augmentera de 15 % de plus d’ici 2022, alors que le nombre de ménages dont le revenu par habitant est de 16 000 $ augmentera de 25 % de plus.

 

Cependant, tout comme la consommation de viande rouge en Chine a augmenté en fonction de la hausse du revenu par habitant, la même chose se produira ailleurs dans les pays en développement. Devant les occasions d’exportations qui se présenteront à mesure que les marchés émergents atteindront des revenus plus élevés, le plus grand défi pour le Canada pourrait être d’assurer sa présence sur ces marchés mondiaux en expansion.

Revenez consulter cette page pour en savoir plus sur les occasions et les défis que présente le commerce mondial.

 

Martha Roberts, spécialiste en recherche économique