De bonnes nouvelles pour les producteurs canadiens de fruits et légumes

L'année 2016 s'annonce bien pour l'agriculture canadienne. La faiblesse du dollar, la baisse des coûts de l’énergie et une production supérieure à la moyenne ont contribué à pousser le revenu monétaire net des fermes canadiennes à des niveaux record en 2015, et ce, malgré les prix moins élevés des produits de base dans certains secteurs.

Bien que l’on s'attende à un recul du revenu agricole net par rapport aux sommets atteints l'an dernier, les perspectives demeurent prometteuses, particulièrement pour les producteurs de fruits et légumes (comme le montre le graphique ci‑dessous).

Voici quelques points saillants du rapport Perspectives agricoles canadiennes 2016 d'Agriculture et Agroalimentaire Canada :

  • Les recettes monétaires agricoles des quatre secteurs (pommes de terre, légumes, fruits et serriculture) continueront de progresser au cours de la prochaine année. On s'attend à ce que le revenu net dans ces secteurs se compare favorablement à la moyenne de 2010 à 2014. 
  • Le recul du bénéfice net d'exploitation moyen pour le secteur de la serriculture reflète les prévisions de la hausse de 5,3 % des recettes monétaires agricoles entre 2014 et 2016 ainsi que de l'augmentation des dépenses de 7,4 %. Bien que les revenus croissent dans l'ensemble du secteur de la serriculture depuis 2010, cette croissance ralentit depuis 2014. 
  • En général, les coûts de production des aliments canadiens augmenteront en 2016. La hausse des dépenses dans tous les secteurs devrait être plus importante en 2016 qu'elle ne l'était en 2015. Les producteurs canadiens dépendent d'intrants et d'équipements importés des États‑Unis, lesquels sont maintenant plus dispendieux à cause de la baisse de la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain.

Les prix des fruits et légumes canadiens ne sont pas déterminés par le marché canadien

Les prix des fruits et légumes de l'Amérique du Nord sont principalement déterminés par le marché américain et varient en fonction de la valeur du dollar des États‑Unis.

Lorsque le prix d'un produit de base grimpe aux États‑Unis, comme le font depuis un certain temps les prix des aliments frais en raison de la sécheresse californienne, les producteurs canadiens obtiennent des prix plus élevés, et ce, même pour la production commercialisée au Canada. Comme les producteurs canadiens sont en mesure de vendre leurs produits aussi bien aux acheteurs américains qu'aux acheteurs canadiens (étant donné le libre‑échange entre les deux pays) et que les acheteurs américains négocient au prix courant — et plus élevé — des États‑Unis, les producteurs canadiens tentent de maximiser leurs ventes dans ce marché. Les acheteurs canadiens doivent alors payer le prix plus élevé s'ils veulent continuer d'offrir ces produits aux consommateurs canadiens.

De même, lorsque le huard perd des plumes comme c'est le cas depuis quelque temps, les producteurs canadiens obtiennent de meilleurs prix aussi bien pour les produits qu'ils exportent aux États‑Unis que pour ceux qu'ils commercialisent au Canada. La demande américaine de fruits et légumes canadiens devrait également augmenter parce les produits canadiens sont alors plus abordables pour les acheteurs américains.

Il s'en suit qu'à titre de consommateur, vous devrez débourser davantage cette année pour vos achats de produits frais, qu'ils soient locaux ou importés. Alors qu'à titre de producteur, 2016 pourrait s'avérer l'année la plus rentable que vous avez connue jusqu'à maintenant.