L’avenir de l’agriculture s’annonce meilleur en dépit de prévisions économiques plus modestes

Le dernier Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada, publié mercredi, brosse un tableau prudent du climat économique dans lequel évoluent les Canadiens. Il semble que la situation économique ne soit pas si mauvaise que ça ou, du moins, autant qu’elle aurait pu l’être.

Voici quelques faits saillants du rapport avec des remarques sur les conséquences sur les producteurs canadiens.

Des prévisions plus faibles

  • L’économie canadienne s’améliorera mais il faudra du temps. La croissance du PIB réel devrait s’établir à 1,1 % en 2015 et à 2 % en 2016.
  • Les exportations de pétrole et d’énergie continueront de subir des pressions sur les prix, ce qui s’explique par l’offre excédentaire mondiale et la production continue. Les provinces productrices d’énergie, qui ont été frappées le plus durement depuis la dégringolade du pétrole, connaîtront une croissance plus lente alors que les secteurs continuent d’être confrontés à une baisse soutenue des investissements.
  • L’inflation oscille entre 1,5 et 1,7 %. La Banque prévoit qu’elle atteindra sa cible de 2 % seulement plus tard en 2017 lorsque la croissance du PIB reviendra à la normale.

Trouver du positif dans la faiblesse des prévisions

En dépit de l’affaiblissement relevé dans le rapport, il y a quand même place à l’optimisme.

  • Les dépenses des ménages aux États-Unis continuent de se raffermir, ce qui est une très (très) bonne nouvelle puisque les États-Unis représentent le plus important marché d’exportation du Canada.
  • En général, les économies émergentes devraient reprendre en partie la vigueur qu’elles ont perdue en 2015.
  • Les turbulences qui secouent actuellement la Chine ne devraient pas être une source de complications aussi grande que prévu pour les marchés mondiaux puisque la demande alimentaire continue de se raffermir.
  • Les taux d’intérêt demeurent bas et stimulent la croissance.
  • La faiblesse du dollar canadien a aidé les secteurs qui dépendent des exportations (autres que ceux des ressources).

Les répercussions du Rapport sur la politique monétaire pour l’agriculture

Les prix des produits agricoles de base devraient – sans surprise – demeurer inférieurs aux sommets observés entre 2010 et 2014. La production agricole a été plus forte que prévu dans de nombreux pays producteurs.

La vigueur de la devise américaine est bénéfique pour l’agriculture canadienne, et ce, pour trois raisons : l’appréciation du dollar américain ne semble pas avoir nui de manière importante au pouvoir d’achat des acheteurs sur les marchés agricoles; les produits de base qu’exporte le Canada sont libellés en dollars américains, ce qui peut faire augmenter les recettes des producteurs canadiens; le Canada peut également bénéficier d’une meilleure position sur les marchés mondiaux car ses exportations sont relativement plus concurrentielles que celles des États-Unis.

On prévoit que la Banque ajustera à la baisse ses prévisions économiques pour la Chine (croissance légèrement supérieure à 6 % en 2016 et 2017), à mesure qu’une transition vers une économie basée sur la consommation s’opère en Chine. Et sa croissance globale demeure l’une des plus vigoureuses de la planète tout comme sa croissance au chapitre du revenu des particuliers, ce qui est le plus important pour l’agriculture. C’est un point positif pour la demande alimentaire mondiale.

Le taux d’emploi dans les secteurs qui font habituellement concurrence à l’agriculture (l’exploitation minière, l’exploitation de carrières, les industries d’extraction gazière et pétrolière) a chuté de 9 % au cours des 12 derniers mois, tout comme les salaires. Cette baisse pourrait relâcher la pression exercée sur les exploitations agricoles canadiennes et leur permettre de trouver et de maintenir en poste plus facilement de la main-d’œuvre au cours de la prochaine année.

Prochainement : FAC économie agroalimentaire : Tour du monde des échanges commerciaux de 2015 examine l’effet relatif que les variations du taux de change ont eu sur la valeur des exportations canadiennes de bétail, de cultures et de produits alimentaires transformés.

Martha Roberts, spécialiste de la recherche économique