Les perspectives de la Banque du Canada: quatre liens avec l’agriculture

Avez-vous consulté les toutes dernières perspectives trimestrielles de la Banque du Canada? Elles renferment d’excellentes nouvelles pour toute la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire.

1.  Les Canadiens ont vu le prix au détail de la viande grimper bien plus que l’inflation au cours des douze derniers mois (soit une hausse de 11,5 %).  Ces prix découlent du resserrement de l’offre dans les secteurs bovin et porcin et d’une demande vigoureuse.  Les prix du bétail atteindront vraisemblablement un plafond lorsqu’ils rebuteront les consommateurs. La faiblesse soutenue du marché du travail dans l’est du Canada et le ralentissement prévu dans les dépenses de consommation devraient bientôt provoquer l’atteinte de ce plafond.  

2.  La production de maïs et de soja de 2014 atteindra un niveau record aux États-Unis, ce qui permettra enfin de reconstituer les stocks qui sont bas depuis un long moment. Seule une vigueur soutenue dans la demande mondiale de produits de base agricoles contrebalancera la croissance de l’offre. Et la vigueur de la demande mondiale est (en partie) liée à celle de l’économie mondiale.

Donc, quelles sont les perspectives de la Banque du Canada en ce qui concerne l’économie mondiale? En un mot, ralentissement.

Ses prévisions laissent entrevoir une croissance de l’économie mondiale plus faible que celle qui avait été projetée en juillet. Toutefois, cela ne se traduit pas automatiquement par un recul de la demande en produits de base agricoles. Au cours des prochains mois, il sera important de surveiller les données sur les exportations mondiales (et pas seulement le PIB global), car ils détermineront l’évolution future des prix des céréales et des oléagineux.

3.  On prévoit que le taux d’intérêt du financement à un jour de la Banque du Canada demeurera faible en 2015, ce qui accordera un peu de répit aux producteurs de céréales et d’oléagineux qui feront face à un resserrement des marges pendant la campagne de vente actuelle. Les marges de commercialisation demeurant extrêmement élevées dans le secteur du bétail, la faiblesse des taux d’intérêt pourrait également favoriser une certaine expansion dans ce secteur.

4.  Enfin, gardez un œil sur le seul élément positif dans le paysage économique mondial. L’économie américaine semble sur sa lancée et poursuit sa croissance, ce qui représente une excellente nouvelle pour les fabricants canadiens de produits alimentaires qui ont exporté 68 % de leur production aux États-Unis en 2013. La croissance américaine est d’autant plus importante pour notre réussite à un moment où deux de nos marchés en importance, l’Europe et le Japon, ont du mal à stimuler leur croissance.

Continuez à lire nos billets pour tirer parti des perspectives économiques dans votre secteur.

Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef