Grands vins et liqueurs : les préférences des Canadiens

Tout au long du mois de novembre, nous examinerons les tendances mondiales des échanges commerciaux de produits agricoles et de produits alimentaires, ainsi que le rôle que joue le Canada dans ces échanges. Ces billets puiseront dans les renseignements tirés de nos récents rapports de classement selon les échanges commerciaux de produits agricoles et de produits alimentaires transformés. Nous examinerons les classements du Canada comme exportateur sur le marché mondial, les produits pour lesquels nous jouissons d’un avantage à l’exportation, ainsi que les possibilités que l’avenir réserve aux exportations de produits agricoles et de produits alimentaires transformés.


Vous est-il déjà arrivé de chercher le meilleur vin pour accompagner un plat, passant d’un pays à l’autre dans les allées du magasin d’alcools? Qu’il s’agisse d’un Bordeaux de la région de Blaye, en France, ou d’un Malbec de la région de Mendoza, en Argentine, le marché d’exportation des boissons illustre bien à quel point le monde est devenu interconnecté. La participation du Canada comme exportateur sur le marché mondial des boissons est nettement inférieure à sa participation comme importateur, ce qui n’indique pas que nous occupons une position de faiblesse sur le marché. Cela témoigne plutôt d’une augmentation du nombre de Canadiens qui jouissent d’un revenu plus élevé, et qui ont des préférences particulières pour les produits de luxe. Nous achetons du Champagne de France et de l’eau minérale de Suisse parce que ces possibilités s’offrent à nous.

Quelles sont les figures de proue?

En 2016, une poignée d’acteurs dominaient le marché mondial des exportations de boissons, qui était évalué à 99,5 milliards de dollars américains. Les boissons non alcoolisées représentent 18,8 % de l’ensemble des exportations de boissons. La demande grandissante sur les deux plus grands marchés (vin et spiritueux et liqueurs) témoigne de l’accroissement des revenus à l’échelle planétaire et de l’engouement pour les produits de luxe.

C’est la France qui domine ce marché. En 2016, ses exportations de boissons se chiffraient à 16,5 milliards de dollars américains et représentaient 16,5 % des exportations mondiales de boissons (Figure 1). Les exportations de vin (dont le Champagne) représentent 55 % des exportations totales de boissons de la France. Ainsi, les vins français représentent 9,2 % des exportations mondiales totales de boissons.

Figure 1 : La France se classe au premier rang mondial pour la valeur de ses exportations de boissons

Source : Base de données UN Comtrade, septembre 2017

Le rôle du Canada dans les échanges internationaux de boissons

En 2016, le déficit commercial du Canada au chapitre des boissons s’établissait à près de 3,8 milliards de dollars américains. Ce déficit s’explique par le fait que nous sommes un grand importateur de boissons fines, dont le vin, les liqueurs et les eaux minérales sucrées. En fait, les boissons représentent une part importante du déficit commercial global du Canada au chapitre des produits agroalimentaires.

Le Canada a importé 5,6 % des réserves mondiales de vins, principalement de la France et des États-Unis. Comme nos exportations de boissons sont nettement inférieures à nos importations (Figure 2), notre participation en tant qu’importateur l’emporte sur notre participation en tant qu’exportateur. Les exportateurs canadiens de vin ont toutefois su profiter de débouchés sur la scène mondiale, faisant passer la valeur de nos exportations de vin de 44,9 millions de dollars à 68,3 millions de dollars entre 2012 et 2016. Le marché mondial des bières artisanales est aussi en plein essor (article en anglais seulement), ce qui pourrait créer des débouchés pour les producteurs d’orge et les brasseurs artisanaux du Canada.

Figure 2 : Les importations de vin du Canada éclipsent les importations d’autres boissons

Source : Base de données UN Comtrade, septembre 2017

Pour une perspective plus globale de la situation, consultez les Rapports de classement selon les échanges commerciaux de produits agricoles et de produits alimentaires transformés de l’Économie agricole de FAC.


Amy Carduner
Économiste agricole

Amy s’est jointe à l’équipe de l’Économie agricole de FAC en 2017 afin d’observer les tendances en agriculture et de cerner les occasions et les défis dans le secteur. Elle a grandi sur une ferme mixte familiale de la Saskatchewan, qu’elle continue de soutenir. Amy possède une maîtrise en économie appliquée et en gestion de l’Université Cornell ainsi qu’un baccalauréat en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

@ACarduner