Chronique économique FAC : Que réserve l'année 2016 pour les marchés agricoles et agroalimentaires?

Chronique économique FAC

Aperçu

  • Les taux d'intérêt devraient demeurer bas.
  • Le huard devrait atteindre de nouveaux creux par rapport au dollar américain.
  • En Chine, la croissance du revenu des particuliers demeurera vigoureuse, ce qui aura une incidence positive sur la demande alimentaire mondiale.

Les trois tendances économiques suivantes sont celles qui devraient avoir la plus grande influence sur les décisions et les stratégies à long terme des producteurs agricoles, des agroentrepreneurs et des transformateurs de produits alimentaires en 2016 :

  1. Les taux d'intérêt demeureront bas; toutefois, il est possible que les taux fixes associés aux prêts hypothécaires de trois ans et de cinq ans augmentent.
  2. Le dollar canadien atteindra un nouveau creux par rapport au dollar américain, puis prendra de la vigueur au cours de la seconde moitié de l'année.
  3. La croissance économique de la Chine suivra une tendance différente de celle de l'Inde, mais ces deux marchés alimenteront une demande vigoureuse de produits de base agricoles. 

L'évolution des taux d'intérêt

Le cours futur des taux d'intérêt est lié à la vigueur de l'économie du Canada et de celle des États-Unis. La Réserve fédérale des États-Unis a commencé à hausser graduellement ses taux d'intérêt, vu la faiblesse du taux de chômage et la robustesse des dépenses de consommation au sud de la frontière. 

De façon générale, la faiblesse du dollar canadien favorisera la rentabilité dans la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire.

Le secteur pétrolier devrait continuer à subir les tensions sur les prix qui résultent des réserves mondiales excédentaires. Seule une augmentation de la demande de pétrole pourrait entraîner une remontée, ce qui dépendra de la santé de l'économie mondiale. Le secteur manufacturier canadien devrait profiter de la faiblesse du huard et de la vigueur de l'économie américaine. Par conséquent, la Banque du Canada prévoit que l'économie progressera à un rythme modéré et que le PIB réel affichera une croissance d'environ 2 % en 2016.

Ainsi, les taux d'intérêt au Canada devraient demeurer bas; toutefois, la Banque du Canada pourrait hausser son taux du financement à un jour au cours de la deuxième moitié de 2016, au plus tôt. Les coûts d'emprunt associés aux prêts hypothécaires de trois ans et de cinq ans pourraient commencer à augmenter en réaction à la modification de la politique monétaire des États-Unis. 

L'incidence du dollar canadien

Les tendances différentes des taux d'intérêt à court terme au Canada et aux États-Unis devraient entraîner le huard vers un nouveau creux par rapport au billet vert américain, avant de reprendre de la vigueur au cours du deuxième semestre de 2016. Les perspectives plus faibles du huard sont de bon augure pour les secteurs agricole et agroalimentaire et pourraient soutenir la rentabilité en 2016. Cependant, elles risquent de retarder les investissements sur le plan de la productivité parce qu'un dollar canadien faible se traduit habituellement par des coûts de machinerie et d'équipement plus élevés.

Perspectives pour la Chine et l'Inde

Les économies de marché émergentes ont perdu un peu de leur vigueur en 2015, en particulier la Chine, qui connaît un ralentissement. Malgré tout, la croissance du revenu des particuliers en Chine demeurera l'une des plus vigoureuses au monde. Ce facteur aura une incidence positive sur la demande alimentaire mondiale. Par contraste, la croissance du PIB réel de l'Inde devrait s'accélérer en 2016. 

Même si les superpuissances économiques en développement que sont la Chine et l'Inde demeurent vigoureuses, il est désormais vain de mettre tous les marchés émergents dans le même panier. Nous devons tâcher de comprendre quelles sont les sources de croissance et réfléchir aux répercussions que cela a sur la demande de produits de base comme les céréales, les oléagineux, les légumineuses et la viande.

En conclusion

De façon générale, la faiblesse du dollar canadien favorisera la rentabilité dans la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire. Cela dit, gardez à l'esprit que l'innovation et la productivité sont les véritables facteurs de la réussite à long terme.  


Jean-Philippe Gervais
 est économiste agricole en chef à Financement agricole Canada. Pour obtenir des points de vue de M. Gervais et d'autres économistes de FAC au sujet des événements qui ont une incidence sur l'agriculture canadienne, consultez le blogue de la Tribune agroéconomique.

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