Chute des prix du pétrole et des produits de base agricoles

Au cours des dernières semaines, les préoccupations à l’égard de la santé de l’économie mondiale et de l’offre excédentaire de pétrole sur le marché ont exercé d’importantes pressions sur les prix du pétrole. Quelles sont les répercussions de cette baisse sur les prix des produits de base agricoles?

L’étroite corrélation entre le prix des produits de base agricoles et les prix du pétrole a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. Il est certain que la politique des États-Unis sur l’éthanol et la forte croissance économique qu’enregistrent les marchés émergents expliquent en grande partie la montée en flèche des prix du maïs et du pétrole jusqu’en 2008. 

 

Source: Federal Reserve Bank of St. Louis

 

L’analyse de la période qui a suivi la crise financière permet de déceler le début de la dissociation des prix du pétrole et du maïs. En d’autres termes, les prix de chaque produit ont commencé à suivre leur propre rythme en réaction aux fluctuations de l’offre et de la demande de chaque marché.

La demande en pétrole a fléchi à la suite de la crise financière de 2008, lorsque les consommateurs ont commencé à chercher des véhicules moins énergivores et qu’à la même période, de nouvelles techniques d’extraction ont permis d’augmenter la production de pétrole, surtout aux États-Unis.

Par ailleurs, la grave sécheresse qui a sévi en 2012 a réduit l’offre en maïs alors que la politique des États-Unis visant l’éthanol n’arrivait pas à franchir le fameux plafond concernant les exigences en éthanol dans les mélanges de carburant (« blend wall »), plafond qui entraîne une réduction de la proportion de maïs produit servant à la production d’éthanol.  

Il existe toujours une corrélation entre le maïs et le pétrole, mais la chute des prix du pétrole ne peut suffire à elle seule à faire baisser les prix du maïs. Cette situation s’explique par le fait que les principes de base de l’offre et de la demande ont des répercussions encore plus importantes sur les marchés agricoles. Par conséquent, si les marchés de capitaux montrent des signes de fébrilité en ce qui a trait aux produits de base, on pourrait observer une diminution de la demande en maïs.  

Nous devons donc considérer la situation dans son ensemble en tenant compte de tous ces facteurs et nous questionner à savoir si la baisse des prix du pétrole est une bonne chose pour les producteurs agricoles?  Ne tardez pas à nous visiter de nouveau, car nous allons nous pencher sur cette question.

Craig Klemmer, économiste agricole principal