Huit leçons à tirer des projections de l’USDA jusqu’en 2026

Il est difficile de prévoir la conjoncture mondiale. Or, les projections de dix ans (en anglais seulement) publiées récemment par le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) (en anglais seulement) affichent les tendances sous-jacentes au chapitre de la demande de produits alimentaires et agricoles ainsi que les tendances en matière de production aux États-Unis. Ces projections sont utiles, car elles vous aident à calculer la rentabilité selon différents scénarios de hausse et de baisse de prix.

Le rapport indique qu’une hausse des dépenses agricoles et une baisse des recettes (principalement dans le secteur du bétail) devraient faire chuter de 13 % le revenu monétaire net en 2017 aux États-Unis. Cela représente une baisse importante, étant donné le recul de 20 % du revenu monétaire net enregistré par les exploitations agricoles américaines en 2015 ainsi que l’autre baisse estimée à 15 % en 2016. Cette tendance pourrait s’inverser à compter de 2018, moment où les dépenses agricoles américaines devraient grimper de 1 à 2 % par année, tandis que les recettes devraient progresser à un rythme semblable, voire même légèrement plus rapidement.

Projections sectorielles pour la période de 2017 à 2026 

Céréales et oléagineux

  1. La superficie ensemencée de maïs baissera progressivement tandis que la demande de maïs américain augmente.
    La faiblesse des prix du maïs par rapport à l’inflation et aux coûts des intrants se traduira par une diminution de la superficie. L’augmentation des rendements en maïs devrait assurer le maintien d’une production suffisante pour répondre à une demande croissante en ce qui concerne les aliments pour animaux et les exportations. Des gains de productivité entraîneront une légère hausse des revenus nets des producteurs américains.

  2. La superficie ensemencée en soja connaîtra un bond record en 2017.
    Les prix devraient se maintenir dans la fourchette de 9,50 $. Les rendements nets générés par le soja devraient dépasser ceux du maïs par acre jusqu’en 2023, principalement sous l’effet de la forte demande étrangère pour des oléagineux.

  3. Les prix du blé feront figure d’exception à la règle dans un contexte de stabilité des prix des cultures.
    Une diminution de la superficie ensemencée aux États-Unis, conjuguée à la forte demande d’exportations, réduira les stocks importants aux États-Unis. Le marché nord-américain pourrait se redresser en 2017, mais l’ampleur de ce redressement est incertaine.

Bœuf, porc et volaille

  1. La production pour toutes les grandes catégories de bétail affichera une tendance à la hausse.
    Le récent accroissement du troupeau de bovins aux États-Unis et l’augmentation des poids de commercialisation feront grimper les stocks de bœuf en 2017. Un affaiblissement du ratio prix du bœuf-prix des aliments du bétail entre 2018 et 2026 devrait freiner considérablement la croissance de la production.

  2. Le secteur porcin aux États-Unis devrait progresser plus rapidement que celui du bœuf et de la volaille et enregistrer une croissance annuelle moyenne de 1,3 %.
    La croissance de la production porcine devrait dépasser légèrement la production bovine d’ici 2026.

  3. La production de poulets à griller et de dindons devrait ralentir par rapport aux dix dernières années.
    La demande mondiale d’exportations sera le principal moteur de la croissance de la production.

Secteur laitier

  1. La production laitière américaine progressera à un rythme annuel de 2,2 % jusqu’en 2026.
    La diminution des prix de l’alimentation animale et la remontée des prix du lait devraient contribuer à l’expansion du troupeau laitier américain. La demande de matières grasses augmentera alors que la demande de lait de consommation diminuera.

  2. L’accroissement de la production laitière américaine devrait renforcer les exportations laitières, en particulier les produits ayant une forte teneur en matières sèches non grasses.
    Les exportations laitières américaines pourraient représenter 4,9 % de la production laitière (en équivalent matières grasses du lait), et 21 % (en équivalent solides non gras du lait) en 2026.

Ne manquez pas le billet de Craig Klemmer la semaine prochaine. Celui-ci traitera de la conférence sur les perspectives de l’USDA.