Conditions sèches et humidité excessive – pourquoi la gestion du risque est-elle importante?

Selon la série d’aperçus économiques sectoriels, publiés par l’équipe de l’Économie agricole de FAC, on prévoit en 2018 un secteur agricole canadien vigoureux. La série ne présente toutefois qu’une vue d’ensemble et ne traite pas des marges individuelles des producteurs, qui varieront par rapport à la moyenne nationale, parfois même de manière importante.

Les conditions de croissance qui ont marqué l’année 2017 jusqu’ici ont porté atteinte à la production régionale. Il subsiste encore des incertitudes importantes concernant les rendements, selon les Perspectives des principales grandes cultures au Canada d’août 2017, préparées par Agriculture et Agroalimentaire Canada. Les conditions sèches dans l’Ouest canadien et l’humidité excessive dans l’Est du Canada ont fait baisser les projections de production végétale totale de 2,7 %. Les conditions sèches de cette année ont également nui à la production de fourrages des éleveurs de bétail ainsi qu’à l’état des pâturages.

La météo devrait avoir des répercussions importantes sur les marges en 2017

Cette année, certains producteurs pourraient voir chuter leurs rendements, qui pourraient être inférieurs, jusqu’à 20 %, aux moyennes provinciales sur cinq ans. Avec la faiblesse actuelle du marché, la pression supplémentaire causée par une baisse de production poussera près du seuil de rentabilité les marges bénéficiaires des producteurs déjà touchés par les conditions climatiques (selon les rendements et coûts de production moyens tirés du Saskatchewan Crop Planning Guide 2017 (en anglais seulement) et du document Budgets de grandes cultures de l’Ontario). Aucun producteur ne souhaite se retrouver dans une telle situation, mais si vous l’avez déjà vécue, vous savez l’importance des stratégies de gestion du risque.

Les décisions en matière de gestion du risque et de commercialisation peuvent être la clé lors d’une année difficile

L’argent est déjà dépensé pour la production des cultures de 2017.

Il faut maintenant tirer profit du savoir-faire en commercialisation afin d’obtenir le meilleur prix pour des cultures dont le prix n’est pas bloqué par l’entremise de prix et de contrats à terme et de contrats d’option. Il n’est pas rare de voir des écarts de 15 % et plus dans les prix au comptant au cours d’une campagne agricole. Une commercialisation efficace contribue à atténuer l’impact de ce risque de prix sur le résultat net.

La gestion du risque : pas toujours facile, mais essentielle

Tenez compte de toutes les sources probables de risque afin de déterminer ce qu’il vous faut pour protéger votre rentabilité. L’assurance-revenu peut vous protéger contre l’instabilité en matière de prix et de production, mais si la récolte ne vous apporte pas les volumes escomptés, l’assurance-récolte peut atténuer le risque de production, qu’il s’agisse de baisses de rendement ou de mauvaise qualité. Cela vaut la peine de consacrer du temps et des efforts afin d’étudier adéquatement tous les scénarios possibles et de déterminer dans quelle mesure les différents outils de gestion conviendront à votre exploitation.

Cependant, vous gérez le risque toute l’année, bien avant le début de chaque campagne agricole. Il est maintenant temps de vous familiariser avec les outils d’assurance privée et le Partenariat canadien pour l’agriculture (PCA). Le PCA, qui est le plus récent cadre stratégique pour l’agriculture, apportera quelques modifications aux programmes de gestion des risques de l’entreprise en 2018.


Leigh Anderson
Économiste agricole principal

Leigh Anderson a commencé à travailler à FAC en 2015 en tant qu’économiste agricole principal. Sa spécialité est le suivi et l’analyse du portefeuille de FAC et de la santé de l’agroindustrie ainsi que l’évaluation des risques inhérents à ces activités. Avant d’entrer au service de FAC, il a travaillé à la direction des politiques du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. M. Anderson est titulaire d’une maîtrise en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

@AndersonLeigh3