Des lignes directrices qui indiquent une croissance modeste et soutenue de la production d’éthanol aux États-Unis

Des lignes directrices qui indiquent une croissance modeste et soutenue de la production d’éthanol aux États-Unis

Le 29 mai 2015, l’Agence pour la protection de l’environnement (Environmental Protection Agency – EPA) des États-Unis a annoncé ses normes sur les carburants renouvelables pour 2014, 2015 et 2016. L’agence a également annoncé les volumes de production de diesel à partir de la biomasse qu’elle visait pour 2017.

Pourquoi ces objectifs de production sont-ils si importants pour l’industrie agricole canadienne?

Tout d’abord, ils mettent en contexte la demande prévue en carburants renouvelables aux États-Unis. C’est d’autant plus important que les États-Unis sont depuis peu un exportateur net de biocarburants et que les exportations américaines ont une influence sur la rentabilité du Canada. Enfin, et peut‑être plus important encore, les objectifs de production fixent la demande en céréales des usines d’éthanol et influencent en partie les structures de prix des céréales (en particulier du maïs) pour la prochaine année de commercialisation.

Les nouvelles cibles de production d’éthanol, de 17,4 milliards de gallons, supposent une augmentation de 1,47 milliard de gallons d’éthanol entre 2014 et 2016. D’abord, le volume d’éthanol à base de maïs est fonction de la norme globale de biocarburants, biocarburants avancés exclus – ces derniers comprennent le biodiesel et l’éthanol cellulosique. Et, comme si ce n’était pas assez compliqué, il y a une cible pour chacun des biocarburants avancés.  

Les objectifs de production des biocarburants cellulosiques ont été sensiblement revus à la baisse depuis l’adoption de la première loi relative aux normes sur les carburants renouvelables. Les cibles minimales qui avaient été fixées à l’origine ont été réduites à 33 millions de gallons en 2014, à 106 millions de gallons en 2015 et à 206 millions de gallons en 2016. Ces objectifs moins ambitieux témoignent des difficultés à rentabiliser cette technologie sur le marché.

Les objectifs de production de diesel à partir de la biomasse sont de 1,63 milliard en 2014, de 1,7 milliard en 2015, de 1,8 milliard en 2016 et de 1,9 milliard en 2017. Des importations d’éthanol à base de sucre peuvent également servir à combler une partie du volume de biocarburants avancés. Il en résulte de nouvelles cibles de production pour l’éthanol standard à base de maïs, soit une augmentation de 1,47 milliard de gallons entre 2014 et 2016 pour atteindre 14,14 milliards de gallons.

Il va sans dire que certaines organisations agricoles ont été déçues par les objectifs annoncés, car ils sont inférieurs aux niveaux prévus à l’origine par le Congrès en 2007. L’EPA justifie sa décision en expliquant que le marché ne peut absorber un volume d’éthanol supérieur à 10 % de la consommation totale d’essence. Ce plafond est connu sous l’appellation anglaise « blend wall » (qui renvoit aux règles de composition de l’éthanol-carburant).

Les lignes directrices de l’EPA pour les carburants renouvelables semblent bel et bien ralentir la croissance de la demande globale de maïs utilisé dans la production d’éthanol aux États-Unis, ce qui appuie les perspectives actuelles d’évolution des prix du maïs, sans toutefois offrir d’avantages ou favoriser une embellie. 

Il sera intéressant de suivre les données sur les exportations d’éthanol des États-Unis, car elles auront des répercussions sur la demande de biocarburants canadiens. Les prévisions d’exportations de l’industrie américaine dépendent de la rentabilité et de la valeur du dollar américain. Des données de la Iowa State University (en anglais seulement) indiquent que les usines américaines de production d’éthanol affichent une rentabilité positive, ce qui suggère un potentiel d’exportation.

Si les nouvelles lignes directrices américaines n’offrent pas d’avantages pour le marché des céréales, la politique établit un seuil pour la demande de maïs qui pourrait contribuer à écouler les stocks élevés escomptés de chaque côté de la frontière.   

Craig Klemmer, Économiste agricole principal