La baisse des attentes en matière de production fait grimper les prix du marché

Le printemps dernier, les producteurs en Amérique du Nord ont terminé l’ensemencement beaucoup plus tôt que la moyenne quinquennale, et la perspective d’une autre récolte très abondante a exercé une pression à la baisse sur les marchés. Cette situation a été avantageuse pour les éleveurs de bétail, qui ont profité d’une baisse de prix des aliments pour animaux et ont vu leurs marges s’améliorer.

Toutefois, les conditions météorologiques difficiles qui prévalent depuis quelque temps en Amérique du Nord ont entraîné un revirement de situation, qui se traduit par une incertitude palpable pour les producteurs et le marché.

Dans l’Ouest canadien, de nombreux problèmes d’ordre météorologique, dont les précipitations nettement inférieures à la moyenne et le gel, font diminuer les attentes à l’égard des rendements en cultures et en foin. Des conditions très sèches portent atteinte au développement végétatif, la quasi-totalité de l’Alberta et de la Saskatchewan ayant reçu des précipitations correspondant à moins de 60 % de la normale depuis le 1er avril. Par ailleurs, des gelées tardives ont touché les provinces des Prairies, causant des dommages considérables au canola et obligeant de nombreux producteurs à réensemencer en Saskatchewan et au Manitoba (certaines estimations font état de plus d’un million d’acres).

Si l’Ouest canadien a été touché par de nombreux phénomènes, les conditions arides sont celles qui ont le plus gros impact. Selon les estimations provisoires du marché, la production sera inférieure de 20 à 30 % à la moyenne quinquennale. Si ces prévisions se concrétisent, la récolte de canola se situera entre 10,4 et 11,8 millions de tonnes métriques, et la récolte de blé de printemps se situera entre 14,1 et 16,1 millions de tonnes métriques.

Le temps sec ne préoccupe pas que les producteurs de céréales et d’oléagineux; il a aussi entraîné une détérioration des pâturages et de la récolte de foin, ce qui se traduit par des stocks d’aliments pour animaux plus restreints et par des coûts d’alimentation accrus. D’après des rapports provinciaux sur l’état des cultures, la première coupe de foin en Alberta et en Saskatchewan est nettement inférieure à la moyenne.

Aux États-Unis, de nombreuses régions ont reçu des pluies excessives qui ont causé des inondations et d’importants dommages aux cultures. Certaines parties de l’Est du Canada ont aussi reçu des pluies excessives qui ont entraîné des inondations et retardé les travaux aux champs. Par conséquent, la production devrait être moins abondante dans l’Est du Canada et aux États-Unis. Selon les estimations provisoires du marché, les rendements en maïs devraient diminuer de pas moins de 5 % au sud de la frontière.

En raison des conditions météorologiques difficiles qui touchent l’Amérique du Nord, les prix ont augmenté d’environ 15 % par rapport aux creux d’avril. Toutefois, ce ne sont que des estimations provisoires, et on n’a aucun moyen de vérifier les répercussions des problèmes météorologiques avant la fin de la saison de croissance.

Craig Klemmer, Économiste agricole principal