PTPGP : Débouchés prometteurs pour la viande rouge canadienne

Tout au long du mois de mai, l’équipe de l’Économie agricole FAC va examiner le PTPGP et son incidence sur plusieurs secteurs agroalimentaires du Canada. La semaine dernière, nous nous sommes penchés sur la Malaisie, un marché peu connu et un concurrent pour les producteurs canadiens. Cette semaine, nous examinons les avantages escomptés de cet accord pour les secteurs de la viande rouge du Canada.

Le raffermissement de l’économie mondiale et la croissance de la population planétaire stimuleront la demande de viandes rouges. Les exportations totales de bœuf devraient s’accroître de 5 % en 2018, tandis que les exportations de porc devraient progresser de 1 %.

Sixième exportateur de bœuf au monde, le Canada représente près de 5 % des exportations mondiales de bœuf, soit 480 000 tonnes métriques. Pour ce qui est des exportations de porc, le Canada se classe au troisième rang derrière l’Union européenne et les États-Unis, et représente 16 % des exportations mondiales, soit 1 400 000 tonnes métriques.

Les secteurs de la viande rouge du Canada et des États-Unis sont étroitement intégrés; environ 60 % des exportations de viande rouge du Canada sont destinées aux États-Unis. Le PTPGP offre au Canada l’occasion de diversifier ses marchés d’exportation, lui ouvrant la porte à des économies en croissance rapide et à forte valeur ajoutée, en Asie et en Amérique du Sud.

Les pays du PTPGP représentent actuellement environ 20 % des exportations totales de viande rouge du Canada. En 2017, le Canada a exporté pour plus de 1,8 milliard de dollars de produits issus de bovins et de porcs vers les pays du PTPGP.

Facteurs qui stimuleront nos exportations

L’échéancier prévu pour la réduction des droits de douane sur les produits du bœuf et du porc varie de deux à quinze ans. Voici les réductions tarifaires négociées :

Bœuf

  • Les droits de douane de 38,5 % imposés par le Japon sur le bœuf frais, réfrigéré ou congelé, de même que les droits de 50 % sur certains abats, seront abaissés à 9 % au cours des 15 prochaines années; les droits pouvant atteindre 50 % sur le bœuf transformé seront éliminés au cours de cette période.
  • Les droits de douane pouvant atteindre 31 % imposés par le Vietnam sur le bœuf frais, réfrigéré ou congelé seront éliminés au cours des deux prochaines années; les droits pouvant atteindre 34 % sur tous les autres produits du bœuf seront éliminés sur une période de sept ans.

Porc

  • Les droits de douane de 4,3 % au-dessus du prix de référence imposés par le Japon sur les coupes de porc fraîches, réfrigérées ou congelées et sur les abats de porc seront éliminés au cours des dix prochaines années. Les droits en deçà du prix de référence seront abaissés au cours de cette période.
  • Les droits de douane pouvant atteindre 20 % imposés par le Japon sur les produits du porc qui ne sont pas assujettis au système des prix de référence à l’heure actuelle seront éliminés au cours des dix prochaines années.
  • Les droits de douane pouvant atteindre 27 % imposés par le Vietnam sur le porc frais, réfrigéré ou congelé seront éliminés au cours des neuf prochaines années; les droits pouvant atteindre 31 % sur tous les autres produits du porc seront éliminés sur une période de neuf ans.

Les débouchés accroissent la rentabilité

Les États-Unis étudient actuellement la possibilité de mener des négociations bilatérales avec le Japon, soit le marché le plus important et ayant la plus grande valeur pour les exportations de viande rouge dans le cadre du PTPGP. La longueur d’avance dont jouit le Canada lui permet d’établir des relations améliorées avec les acheteurs sur les marchés d’exportation. La part des importations japonaises de porc que détient le Canada est passée de 17 % en 2013 à 21 % en 2017, reflet de la demande vigoureuse de produits à valeur élevée du Canada. Parallèlement, les exportations de produits du porc des États-Unis à destination du Japon ont reculé, ce qui a fait diminuer la part des importations japonaises de porc que détiennent les États-Unis de 41 % à 33 %.

Dans certains cas, les réductions tarifaires peuvent rendre les produits de seconde transformation moins chers que les produits de viande de première transformation, ce qui peut entraîner des changements à la composition des exportations canadiennes de viande.

L’accroissement de la demande sur les marchés d’exportation de la viande canadienne peut se traduire par des investissements plus importants en matière de productivité et des projets d’expansion. Par ailleurs, la demande plus vigoureuse de bétail canadien augmentera la rentabilité dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Craig Klemmer
Économiste agricole principal

Craig Klemmer a commencé sa carrière à FAC en 2009 en tant qu’économiste agricole. Il se spécialise dans la surveillance et l’analyse de l’environnement macroéconomique, la modélisation de l’état de santé de l’industrie et la prestation d’analyses des risques liés à l’industrie. Avant son arrivée à FAC, il a travaillé à la Direction de l’élevage du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. M. Klemmer est titulaire d’une maîtrise en agroéconomie de l’Université de la Saskatchewan.

@CraigKlemmer


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