La dette agricole canadienne augmente – doit-on s’en inquiéter?

Le niveau d’endettement des producteurs canadiens a récemment augmenté. Cette situation est attribuable en partie à la valeur des terres agricoles et à la capitalisation intensive globale de l’agriculture, qui ont toutes deux récemment connu une augmentation. Les taux d’intérêt, qui se situent à des creux historiques, ont également fait grimper les niveaux d’endettement. Cette situation peut sembler préoccupante, or il n’y a pas lieu de s’inquiéter, du moins pour le moment.  

C’est ce qui ressort du dernier rapport Perspectives concernant les actifs et la dette agricoles pour 2017-2018 publié aujourd’hui par l’équipe de l’Économie agricole de FAC.

Le secteur jouit d’une stabilité financière depuis des années et cette tendance devrait se poursuivre en 2018, grâce à l’accroissement du revenu monétaire net. Nous prévoyons une augmentation de la dette globale et des paiements d’intérêt qui l’accompagnent. Le secteur est toutefois bien placé pour y faire face, car même si la dette et les paiements risquent d’augmenter au cours de la prochaine année, leur croissance se fera de manière graduelle, ce qui permettra aux producteurs d’absorber les coûts supplémentaires.

La dette agricole est en étroite corrélation avec la valeur des terres

La dette agricole s’est accrue au cours des dernières années, ce qui s’explique principalement par le fait que les agriculteurs achètent plus de terres.

Les faibles taux d’intérêt des 15 dernières années, conjugués à la vigueur des recettes monétaires agricoles qui ont fait grimper le revenu, ont poussé les agriculteurs à acheter plus de terres. Toute cette activité a stimulé la hausse de la valeur des terres agricoles. En fait, les terres agricoles ont pris tellement de valeur par rapport à tous les autres actifs agricoles, qu’elles représentaient presque 70 % de l’actif agricole total en 2016.

Puisque la valeur de la terre en tant que portion de l’actif agricole augmente, il en va de même de la dette agricole. En 2016, le passif total de l’agriculture canadienne atteignait 90,8 milliards de dollars. (REMARQUE : C’est environ 5 milliards de dollars de moins que la valeur dont nous avons fait état précédemment, puisque la dette agricole comprenait aussi la portion de la dette contractée par les ménages).


Depuis 2012, la croissance annuelle de la valeur des terres agricoles dépasse celle de la dette agricole en cours. L’année 2017 pourrait bien être celle où la dette agricole prend le pas sur la valeur des terres agricoles. Si c’est le cas, ce sera en raison d’un repli des recettes monétaires agricoles combiné à une hausse des coûts d’emprunt.

La hausse des taux d’intérêt récemment annoncée par la Banque du Canada fera grimper la valeur de la dette agricole en cours. Cette hausse sera toutefois reléguée à l’arrière-plan par le revenu monétaire net, un facteur qui aura des effets beaucoup plus importants — dont un effet facilitateur sur le remboursement de la dette. 

La hausse du revenu monétaire net compte plus que les taux d’intérêt

L’agriculture canadienne affiche un dynamisme remarquable depuis plus de 10 ans, comme en témoignent les recettes monétaires agricoles, qui sont en hausse de 19 milliards de dollars. Ces recettes, combinées à des taux d’intérêt historiquement faibles, ont permis aux producteurs d’emprunter davantage pour accroître leurs activités. Nous prévoyons que le revenu monétaire net demeurera robuste au cours de la période de prévision, ce qui signifie que les producteurs seront capables de rembourser les dettes qu’ils contractent.

L’agriculture canadienne est bien placée pour faire face à la conjoncture des taux d’intérêt.

Pour de plus amples renseignements au sujet de la dette et des actifs agricoles, lisez le rapport Perspectives concernant les actifs et la dette agricoles pour 2017-2018 préparé par l’équipe de l’Économie agricole de FAC.


Amy Carduner
Économiste agricole

Amy s’est jointe à l’équipe de l’Économie agricole de FAC en 2017 afin d’observer les tendances en agriculture et de cerner les occasions et les défis dans le secteur. Elle a grandi sur une ferme mixte familiale de la Saskatchewan, qu’elle continue de soutenir. Amy possède une maîtrise en économie appliquée et en gestion de l’Université Cornell ainsi qu’un baccalauréat en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

@ACarduner