Le secteur laitier du Canada : l'efficience est la voie à suivre

Quelle que soit l'envergure des exploitations laitières canadiennes, c'est en mettant l'accent sur l'efficience opérationnelle que l'on obtiendra le plus de profits.

Le secteur évolue dans un milieu de plus en plus complexe et la faible croissance de la consommation au cours de la dernière décennie a nui à sa rentabilité. Il y a bien sûr de bons côtés, comme le fait que le beurre, le yogourt et les fromages de spécialité sont maintenant des choix populaires des consommateurs.

Possibilité et défi attendent la production laitière

Toutefois, le secteur se retrouve aussi devant un dilemme inhabituel, en ce sens que la croissance de la consommation représente à la fois une possibilité et un défi. Le défi vient du fait que le lait se divise en deux composantes : les matières grasses et les « solides non gras du lait » (SNG), qui comprennent les protéines et autres solides. Or, l'augmentation de la production de matières grasses (servant à la fabrication de beurre, de fromage et de yogourt) pour répondre à un accroissement de la demande fait aussi grimper la production de SNG.

Les surplus de SNG sont commercialisés dans des classes de lait de moindre valeur (p. ex., dans l'alimentation animale) que celle du lait servant à produire du fromage ou du yogourt. Le prix du lait dans ces catégories de moindre valeur est souvent dicté par les conditions du marché mondial des produits laitiers qui tout récemment était faible. Aussi depuis peu, les transformateurs utilisent de plus en plus des concentrés et des isolats de protéines du lait importés des États-Unis. Ces importations ont pour effet de reléguer davantage de SNG produits au Canada à des classes de moindre valeur.

Le résultat? Le prix du lait à la ferme qu’obtiennent les producteurs laitiers canadiens a baissé en 2015. Le prix du lait pourrait subir des pressions semblables en 2016 compte tenu des perspectives mondiales des marchés laitiers qui sont plus ou moins encourageantes. Dans ce contexte, les producteurs laitiers canadiens doivent faire face à des hausses de coûts et à une nouvelle orientation dans les prix du lait.

Le secteur laitier du Canada : l'efficience peu importe la taille de l

Comme c'est le cas dans tous les secteurs de l'économie, la capacité à gérer les coûts varie d'une entreprise à l'autre, surtout dans un secteur aussi largement dispersé que l'industrie laitière canadienne. La figure ci‑dessous illustre les ratios des charges d'exploitation du secteur laitier canadien. On compare les charges d'exploitation (à savoir les charges variables comme l'alimentation animale) à l'ensemble des revenus dans trois catégories de revenus (moins de 500 000 $, de 500 000 $ à 1 M$ et de 1 à 2 M$). Un ratio plus bas signifie que l'exploitation utilise moins de ressources variables pour générer un dollar de revenu.

Le graphique montre les ratios de charges d'exploitation de producteurs laitiers selon deux niveaux d'efficience, à savoir ceux se situant dans le 20e percentile et dans le 50e percentile. Dans le 50e percentile (les exploitations « médianes »), 50 % des producteurs se situant dans la même catégorie de revenus présentent un ratio des charges d'exploitation plus élevé et 50 % présentent un ratio inférieur.

Qu'est-ce que cela signifie pour les producteurs laitiers

Peu importe la catégorie de revenus examinée, les producteurs se situant dans la tranche supérieure de 50 % de chaque catégorie ne consacrent pas plus de 0,64 $ CA aux charges d’exploitation pour chaque dollar de revenu.

Par ailleurs, l'exploitation médiane dans chaque catégorie de revenus consacre environ 0,10 $ CA de plus aux charges d'exploitation pour produire un dollar que le producteur se situant dans le 20e percentile. Cela veut dire que pour chaque dollar gagné, les producteurs les plus efficients consacrent approximativement 0,55 $ CA aux charges d'exploitation.

Cette analyse ne veut pas dire que les exploitations sont toutes également rentables. Toutefois, cela suggère que les producteurs dont les recettes sont les plus faibles sont tout aussi susceptibles d'être efficients que ceux ayant les recettes les plus élevées. Ceci démontre la résilience de l'industrie. Dans de nombreux cas, l'amélioration de l'efficience n'est possible que grâce à un apprentissage approfondi et parfois à long terme des technologies à la ferme (p. ex., les robots de traite).

Le secteur laitier du Canada doit continuer d'aller de l'avant

La recherche de moyens de s'adapter aux préférences des consommateurs est une stratégie importante pour le secteur laitier du Canada. Or, quelle que ce soit la taille de l'exploitation, la modernisation constante des méthodes de production et de gestion permettra d'améliorer l'efficience, ce qui contribuera à la prospérité à long terme du secteur laitier canadien.