Le Canada après le vote sur le Brexit : Partie 2

Face à l’incertitude soudaine, puisque les marchés s’attendaient à ce que la Grande-Bretagne reste au sein de l’UE, le marché boursier a perdu 2 billions de dollars au lendemain du vote, les investisseurs se tournant vers la sécurité de l’or, du dollar américain et du yen japonais. Les craintes d’une récession au Royaume-Uni et l’avenir maintenant incertain de Londres en tant que centre financier important de l’UE (en anglais seulement) ont mené à cette situation.

Les cours des produits de base ont également chuté après le vote. Les perspectives d’une diminution de la demande de pétrole dans l’avenir en raison des inquiétudes qui planent sur l’économie mondiale ont amené les marchés financiers à faire baisser les prix du pétrole. Bloomberg indique cependant qu’étant donné l’offre mondiale excédentaire du pétrole à l’heure actuelle, la chute de la demande aura une incidence négligeable sur la croissance à long terme et le prix du pétrole pourrait rebondir à 50 $ le baril d’ici le quatrième trimestre de 2016 et à 60 $ le baril au quatrième trimestre de 2017.

RÉPERCUSSIONS : Dans l’ensemble, les échanges commerciaux s’affaibliront sur la base d’un ralentissement. Les prix des produits de base agricoles ont déjà chuté en raison d’une baisse de la demande prévue. Le ralentissement économique pourrait amener la Réserve fédérale américaine à reporter ses plans d'augmenter les taux en 2016. D’autres grandes banques centrales ont suggéré la possibilité de prendre des mesures pour assurer une certaine liquidité sur les marchés. Tous ces gestes ont une incidence sur la valeur des monnaies. Le huard est en baisse au même moment que le dollar américain continue de grimper. Notre monnaie a également perdu de sa valeur face au yen japonais. Par conséquent, les exportations canadiennes devraient être plus concurrentielles dans nos principaux marchés d’exportation de l’agroalimentaire.

L'agriculture européenne, britannique et canadienne

L’Accord économique et commercial global (AECG) signé par le Canada et l’UE en 2014 n’est pas encore ratifié. L’Europe avait l’intention de faire approuver l’accord et de le ratifier en 2016, ce qui risque maintenant de ne pas se produire.

Il s’agit d’un marché important qui pourrait continuer de croître. En 2015, les exportations canadiennes vers l’UE représentaient 6 % des exportations totales de produits agricoles et agroalimentaires canadiens. Au sein de l’UE, le Royaume-Uni était le plus gros importateur de produits agricoles et agroalimentaires canadiens en 2015, 17 % des exportations vers l’Europe y étant acheminées.

Autres considérations

L’UE est confrontée à d’importants défis pour maintenir la solidarité de ses membres, alors qu'un sentiment populiste envahit ses politiques. La Grande-Bretagne n’est pas en reste, puisque l’Écosse et l’Irlande du Nord discutent de la possibilité de se séparer du Royaume-Uni, chacune de ces nations ayant voté en faveur du maintien du pays au sein de l’UE.

La façon dont l’UE décide de gérer la rupture britannique est considérée par certains comme l’épreuve de vérité pour d’autres pays qui auraient des idées semblables. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a déclaré que le maintien de la zone commerciale, même au détriment des affaires transfrontalières, était l’objectif de l’UE.

Ce qu'il faut surveiller

  • Les marchés boursier et de la dette
  • Les répercussions sur les prix du pétrole et des produits de base agricoles
  • D’autres menaces pour la stabilité géopolitique à long terme de l’UE et du Royaume-Uni.
  • Les pourparlers entre l’UE, le Royaume-Uni et le Canada concernant l’AECG
  • Le taux de change USD/CAD et avec d’autres marchés des devises importants
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