Le Canada après le vote sur le Brexit : Partie 1

Le 23 juin, les citoyens britanniques ont voté sur le « Brexit » afin de déterminer si La Grande‑Bretagne devait demeurer membre de l'Union européenne (UE) (en anglais seulement), un regroupement de 28 pays (en anglais seulement), ou s'en retirer. Le vote en faveur de la sortie de l'EU a été majoritaire, ce qui a déclenché une série d'événements qui auront des conséquences sur l'économie mondiale, l'économie canadienne et l'agriculture.

Pourquoi est-ce arrivé?

Le premier ministre David Cameron a demandé le référendum en réponse aux préoccupations grandissantes des Britanniques en ce qui concerne les relations de la Grande-Bretagne avec l'Union européenne. Les pays membres payent des droits et des taxes à Bruxelles, le siège social de l'UE, et ont convenu de respecter un certain nombre de règles et règlements touchant plusieurs aspects de la vie politique et économique. Ces règles comprennent l'ouverture des frontières entre les États membres, permettant la libre circulation de la main-d'œuvre et des biens et services. En retour, les membres reçoivent, entre autres, un accès à la zone d'échanges commerciaux la plus importante et la plus riche du monde au sein d'un marché unique (en anglais seulement). Parmi les 28 pays membres de l'UE, 19 font également partie de la zone euro (en anglais seulement), où l'euro est la monnaie commune. La Grande-Bretagne n'utilise pas l'euro, mais la livre sterling.

Quelles seront les conséquences du Brexit?

Le référendum n'a pas modifié l'état des échanges commerciaux entre le Canada et l'UE ou la Grande-Bretagne. Toutes les modifications aux règlements prendront effet lorsque le Royaume-Uni sortira officiellement de la zone commerciale. Les échanges commerciaux seront probablement perturbés par les forces du marché, au moins à court terme, car l'incertitude ralentit la croissance économique partout dans le monde. Bon nombre des dirigeants de l'UE, y compris les ministres des Affaires étrangères des six membres fondateurs (France, Luxembourg, Allemagne, Italie, Pays-Bas et Belgique), plaident en faveur d'un départ rapide afin de limiter l'incertitude.

Personne ne sait encore exactement comment la sortie se déroulera : jamais un membre n'a quitté l'UE. En ce moment historique, les règles de sortie seront mises à l'essai dans des conditions très stressantes. Il semble toutefois qu'il faudra au moins deux ans au Brexit pour se concrétiser, car chaque pays de l'UE participe aux négociations définissant les conditions de sortie.

Quels sont les enjeux?

Toutes les parties perdront quelque chose de valeur. Le Royaume-Uni était la deuxième économie en importance de l'UE en 2015, avec une croissance du PIB de 2,2 % et un PIB nominal de plus de 28 billions de dollars américains, et ce, au moment même où plusieurs autres pays membres de l'UE enregistraient un ralentissement. Cette situation a permis à la Grande-Bretagne d'acheter environ 10 % des exportations de l'UE. La perte de ce pouvoir économique nuira à l'UE.

La campagne en faveur de la sortie laissait entendre aux votants que leurs impôts pourraient être mieux dépensés dans un certain nombre de secteurs proprement britanniques (p. ex., la santé et l'éducation) plutôt que d'aller à Bruxelles. Toutefois, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque d'Angleterre ont prévenu les Britanniques que la Grande-Bretagne aurait de la difficulté à maintenir sa croissance économique en raison d'un éventuel désinvestissement et de difficultés probables liées au marché boursier, à la monnaie, aux échanges commerciaux et à l'emploi.

La partie 2 de la série présentera l'incidence du Brexit sur l'agriculture canadienne.