Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada : un optimisme prudent s'impose

Dans le Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada (BdC) dévoilé le 13 avril, on constate une évolution perceptible par rapport aux précédents rapports qui relataient les difficultés vécues par le secteur des ressources et la lente reprise du secteur de la fabrication. Le rapport, qui annonce des jours meilleurs, souligne qu'« il semble que les forces positives à l'œuvre au sein de l'économie commencent à l'emporter sur les forces négatives » mais il est important de faire preuve d'un optimisme prudent à l'égard de l'économie canadienne.

Les nouvelles perspectives

La BdC a revu à la hausse ses prévisions de croissance du PIB, passant de 1,4 % à 1,7 % en 2016, puis à 2,3 % en 2017 et à 2,0 % en 2018.

Voici les faits saillants du rapport :

  • le taux de financement à un jour demeure inchangé pour l'instant;
  • aucune baisse des taux n'est prévue en 2016;
  • amélioration des conditions financières pour le Canada.

Compte tenu de ce que nous savons aujourd'hui au sujet de l'économie canadienne, les chances que des variations de taux s'écartent de ces prévisions sont faibles. Les perspectives pour le secteur non lié aux ressources continuent de s'améliorer, ce qui signifie plus d'investissements et plus d'emplois. Les économies du Canada liées aux ressources continuent d'éprouver des difficultés car les prix des ressources sortent de leurs creux récents. La croissance économique du Canada est fragile et elle profite de la faiblesse du huard.

Qu'est-ce que cela signifie pour le dollar canadien?

Les principaux facteurs qui déterminent le taux de change Canada-États‑Unis sont le prix du pétrole et l'écart entre la croissance économique du Canada et celle des États‑Unis. Les prévisions plus favorables pour l'économie canadienne de la BdC supposent un taux de croissance un peu plus semblable pour les économies canadienne et américaine, ce qui favorise une appréciation du dollar canadien.

Par contre, les données fondamentales globales du marché demeurent relativement faibles pour le pétrole. Je m'attends donc à ce que le dollar canadien se raffermisse tout en demeurant sous la barre des 80 cents pour 2016. Tous les regards se tourneront vers l'annonce de la Réserve fédérale américaine qui aura lieu le 27 avril et les stocks de pétrole aux États‑Unis.

Répercussions sur le secteur canadien de l'agriculture et de l'agroalimentaire

Le rapport de la BdC reste en grande partie neutre en ce qui concerne le secteur canadien de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Une croissance plus forte que prévu se traduira par une amélioration des débouchés au pays. À l'inverse, cette croissance favorise également un léger raffermissement du dollar canadien et peut‑être aussi un resserrement des marges de profit.