À la croisée des chemins : les ventes actuelles d'équipements agricoles ne correspondent pas exactement à nos attentes

Dans notre liste des cinq principaux facteurs économiques à surveiller en 2014, nous avions prévu un recul des ventes d’équipements agricoles. Cette prévision était fondée sur la baisse prévue des prix des cultures et du revenu agricole. Or, les chiffres pour les deux premiers mois de l'année indiquent une hausse de 14 % des ventes de tracteurs par rapport à la même période en 2013; les ventes demeurent supérieures de 42 % à la moyenne des cinq années précédentes, selon l'Association of Equipment Manufacturers.

Il semble que nos prévisions ne soient pas tout à fait exactes jusqu'à présent!

Les ventes de petits tracteurs (moins de 100 chevaux-puissance) sont solides; elles sont supérieures de 21 % à celles de l'année dernière. Les ventes de moissonneuses-batteuses sont aussi à la hausse, mais, selon des témoignages non officiels, cet accroissement est attribuable essentiellement aux unités commandées d'avance.

Même si, de façon globale, les chiffres semblent solides, ils n'en trahissent pas moins une certaine faiblesse. Par exemple, les ventes de tracteurs à quatre roues motrices sont inférieures de 16 % à celles de l'année dernière.

À mesure que l'année 2014 avancera, plusieurs facteurs devraient freiner les ventes par rapport à celles de l'année dernière :

1)      l'affaiblissement des marges dans le secteur des cultures nuira aux ventes de tracteurs plus puissants;

2)      le recul du dollar canadien rendra les équipements importés plus chers;

3)      l'affaiblissement du marché des équipements usagés atténue l'incitation à vendre ses machines pour en acheter des plus chères.

À mesure que les producteurs de cultures réduiront leurs achats d'équipement durant l'année, les concessionnaires d'équipement risquent d'être confrontés à certaines difficultés. Nous continuons de croire que les résultats des ventes à la fin de l'année seront inférieurs à ceux de l'année dernière, et ce, malgré la demande potentielle du secteur de l'élevage bovin dont les marges de profit devraient être excellentes cette année.

James Bryan, analyste en économie agricole