Trois points à retenir pour l'agriculture canadienne à l'issue des élections américaines

Le 8 novembre, l'Amérique a élu Donald Trump 45e président des États‑Unis. Les résultats de l'élection ont créé une surprise générale — la vaste majorité des prévisions et des sondages nationaux donnaient Hillary Clinton gagnante — et entraîné un climat d'incertitude sur les marchés.

L'issue des élections aux États-Unis a fait plonger les marchés des produits de base et des valeurs mobilières et provoqué une demande élevée pour les valeurs refuges (notamment l'or), considérées comme sûres en période de crise. Les marchés ont eu une réaction similaire à celle enregistrée après le vote sur le Brexit; la volatilité des marchés s'est rapidement résorbée.

Quelles seront les répercussions d'un gouvernement Trump sur l'agriculture canadienne? Voici trois considérations d'ordre économique :

    1.  Le Canada est un pays commerçant

Les exportations sont importantes pour l'agriculture canadienne. Les États‑Unis représentent le principal partenaire commercial du Canada alors que 31 % de nos exportations agricoles (23 % des cultures agricoles et 83 % des animaux) ont été acheminées aux États‑Unis en 2015. La part de nos exportations vers les États‑Unis bondit à 74 % si l'on tient compte des produits alimentaires et des boissons.

Bien que le président désigné Donald Trump ait parlé des accords commerciaux actuels pendant sa campagne, il serait étonnant de voir des changements immédiats aux relations bilatérales entre le Canada et les États‑Unis dans le secteur agricole et agroalimentaire. Le degré d'intégration de la chaîne d'approvisionnement alimentaire en Amérique du Nord (bœuf, porc, céréales, etc.) semble sûr pour le moment.

    2.  Répercussions sur le dollar canadien et sur la compétitivité

La volatilité des marchés entraînera des fluctuations dans la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain et à d'autres monnaies, ce qui aura des répercussions sur la compétitivité des exportations canadiennes. Ceci est important étant donné que dernièrement, la faiblesse du dollar canadien (par rapport à la moyenne quinquennale) a soutenu la rentabilité des exploitations agricoles canadiennes. D'une part, le huard pourrait se déprécier davantage, puisque le dollar américain est perçu comme un refuge en période d'incertitude économique.

D'autre part, les marchés financiers reposent avant tout sur des facteurs économiques fondamentaux. Les perspectives économiques des États‑Unis orienteront les décisions de la Réserve fédérale américaine concernant les taux d'intérêt et, par conséquent, auront une incidence sur le huard. Avant l'élection, les marchés financiers estimaient à 84 % les chances que la Réserve fédérale relève son taux directeur en décembre. Les attentes des marchés quant à une éventuelle hausse du taux directeur ont diminué à 74 % immédiatement après l'élection, mais sont maintenant revenus à 86 %. Une hausse des taux d'intérêt abaisserait la valeur relative du huard et avantagerait l'agriculture canadienne.

    3.  Orientation future de la politique agricole des États‑Unis

Peu de choses ont été dites pendant la campagne électorale concernant les priorités en matière d'agriculture, et de nombreuses inconnues subsistent quant à l'éventuelle politique agricole des États‑Unis. Le président désigné Donald Trump a toutefois semblé appuyer les exigences des États‑Unis relatives au contenu partiel en éthanol pendant sa campagne. Cette politique soutient la demande de matières premières sur le marché nord‑américain et a une incidence positive sur les prix des céréales et des oléagineux.

De plus amples informations seront communiquées au cours des prochains mois. À court terme, la surveillance des marchés financiers demeure une priorité.