Réfutons 3 mythes à propos de l'agriculture canadienne

Dans l'esprit du poisson d'avril, je voudrais soumettre trois « mythes » à la rigueur analytique, en témoignage à la diversité et à la résilience de l'agriculture canadienne.

1er mythe : Le blé et le canola dominent l'agriculture dans l'Ouest du Canada

En 2014-2015, parmi tous les pays producteurs et exportateurs de blé, le Canada s'est classé au deuxième rang des plus grands producteurs (en anglais seulement) et remarquablement, au premier rang des pays exportateurs de blé. Le Canada devrait dominer les exportations mondiales des produits tirés du canola pour 2014‑2015, comptant pour environ 60 % des exportations mondiales de graines, d'huile et de tourteau.

Inexact! Les provinces des Prairies sont également devenues un chef de file dans la production de légumineuses. La grande majorité des lentilles canadiennes sont produites en Saskatchewan. Ce n'est donc pas un hasard si cette province est le plus important exportateur de lentilles et de pois chiches au monde. De 2011 à 2015, la superficie consacrée à la culture de légumineuses dans les Prairies a crû à un rythme beaucoup plus rapide (52,3 %) que les superficies consacrées à la culture du blé (14,5 %) et du canola (6,9 %).

2e mythe : Dans l'Est, le maïs s'étale à perte de vue...

En 1980, le maïs occupait 25 % de la superficie ensemencée dans l'Est du Canada.

Inexact! La prépondérance du maïs n'a que légèrement diminué (le maïs occupait 21 % de la superficie ensemencée en 2014) tandis que la production de soja a monté en flèche, passant de 5 % à 23 % de la superficie ensemencée pendant la même période. Toutefois, comme les producteurs canadiens envisagent une baisse des prix des produits de base et une hausse des prix des fruits et légumes en 2016, un autre changement pourrait s'opérer en matière de sélection de cultures. Le nombre d'hectares consacrés à la culture des légumes a bondi en 2013, passant de 63 111 à 70 112. Les possibilités de profitabilité accrue dans le maraîchage entraîneront probablement une hausse des superficies consacrées à la culture de légumes de plein champ.

3e mythe : les prix des aliments au détail reflètent les prix à la ferme

Inexact! À titre d'exemple, le prix des bovins canadiens vivants et le prix du bœuf dans les supermarchés canadiens évoluent parfois de façon similaire. De 2011 à la fin de 2013, le prix au détail et le prix à la ferme évoluaient en parallèle. Toutefois, ce n'est pas toujours le cas (comme le montre le graphique ci‑dessous entre 2014 et 2016). Les prix au détail ne reflètent pas nécessairement ce qui se passe dans le secteur de la production primaire puisque les détaillants ont d'autres coûts au‑delà des prix des matières premières.

Au Canada, les prix de détail de la viande rouge ont augmenté malgré la baisse récente des prix des bovins. Pendant le deuxième trimestre de 2015, le prix des bouvillons gras en l'Alberta a atteint un sommet de 200,90 $ CAN le quintal (poids de 100 livres), réduisant l'écart entre le prix des bovins vivants et le prix moyen du bœuf au détail (une fois converti en unité comparable). Ces sommets records pour les bovins sont attribuables au fait que le cheptel nord américain était à son plus bas niveau en près de 50 ans, limitant ainsi l'offre. Malgré la reconstitution du cheptel américain et la chute du prix des bovins au 3e trimestre de 2015, les prix du bœuf au détail sont demeurés élevés et ont même légèrement augmenté (à 868,50 $ CAN/le quintal), reflétant les variations des autres coûts.

À quels autres mythes au sujet de l'agriculture souhaitez‑vous que nous nous attaquions? Faites‑nous le savoir en commentant ci‑dessous.