Projections de cultures pour l’Ouest du Canada en 2017

L’augmentation de la production à l’échelle mondiale ainsi que les rendements records de maïs et de soja obtenus
en 2016 aux États Unis ont entraîné un accroissement des stocks et une baisse des prix, particulièrement pour ce qui est des céréales secondaires. Qu’est-ce que cela signifie en ce qui concerne les superficies ensemencées et à quoi devraient s’attendre les producteurs canadiens en 2017? La semaine dernière, j’ai présenté un survol des décisions en matière d’ensemencement et d’intrants agricoles pour les producteurs de grains et d’oléagineux de l’Est du Canada. Cette semaine, je présente l’évaluation pour l’Ouest du Canada.

Le Guide de planification des cultures (Crop Planning Guide) de 2017 (en anglais seulement) du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan indique que les lentilles, le blé dur et le canola demeurent les meilleurs choix de culture sur le plan de la rentabilité pour 2017. Malgré d’excellentes marges prévues pour les lentilles et le blé dur, les dernières prévisions d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) indiquent que leur superficie en acres pourrait diminuer en 2017.

Historiquement, les prix des lentilles sont très intéressants, et leur superficie sera de nouveau supérieure à la moyenne quinquennale. Il est toutefois prévu que les producteurs réduisent leur superficie en lentilles en 2017, et ce, pour deux raisons : la superficie record de l’année dernière et les problèmes de production qui en ont découlé et une production potentiellement importante de légumineuses prévue en Inde le mois prochain.

Malgré une estimation de marge de profit solide pour le blé dur, il est prévu que sa superficie diminuera en 2017 en raison de problèmes de qualité liés aux cultures de 2016, jumelés à des stocks importants à l’échelle mondiale. Au Canada, des stocks importants de blé dur sont prévus à la fin de la campagne de commercialisation et une grande partie de ces stocks sont de la qualité d’aliments pour animaux. Il y a aura, par conséquent, une pénurie de semences de blé dur de première qualité.

Le canola demeure une culture rentable pour 2017 puisque la forte demande d’huile de soja et d’huile de palme sur les marchés mondiaux vient soutenir la demande. Au pays, le canola est appuyé par un rythme de trituration et d’exportation soutenu, ce qui devrait contribuer à maintenir les stocks de fin de campagne à deux millions de tonnes métriques ou moins. En conséquence, il est probable que la prévision d’AAC relativement à l’augmentation de 3 % de la superficie en canola se concrétise.

Puisque le soja figure parmi les cultures favorites partout dans le monde, on s’attend à ce que sa superficie augmente encore dans les Prairies. La superficie en soja continue de se déplacer vers l’Ouest du pays : le nombre d’acres s’établissait à 1,9 million en 2016 dans l’Ouest canadien, soit une augmentation de 260 % depuis 2010.

AAC prévoit que la superficie en avoine au Canada augmentera de 7 % en 2017, soit une projection conforme à la marge de profit prévue pour cette culture en 2017. Aux États Unis, on s’attend à ce que la superficie en avoine diminue en 2017. Il est également prévu que la superficie en blé de printemps augmente de 6 % en 2017, ce qui s’expliquerait par des variétés de qualité supérieure ayant obtenu d’excellents rendements et une réduction de la superficie en blé d’hiver.

La superficie en pois devrait baisser légèrement par rapport à la superficie record de l’année dernière, car les marges de profit sont plus serrées mais demeurent positives.

Selon les données sur le prix des intrants (en anglais seulement) agricoles du ministère de l’Agriculture et de la Foresterie de l’Alberta (Alberta Agriculture and Forestry), les prix des intrants agricoles ont baissé de 2 % en moyenne, en 2016, comparativement à 2015 dans l’Ouest du Canada. Les prix des engrais ont diminué de 10 % en moyenne, en 2016, comparativement à 2015. Cette situation s’explique par une baisse des prix du gaz naturel. De manière générale, il est prévu que les prix des intrants agricoles dans l’Ouest canadien demeureront relativement stables malgré une légère tendance à la hausse des prix de l’énergie.