Les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2016-2025 sont prometteuses

Le Canada est bien placé pour conserver son statut de chef de file mondial de la production et du commerce de produits agricoles, à en juger par les dernières Perspectives agricoles sur dix ans de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Croissance économique mondiale jusqu’en 2025 : les perspectives sont contrastées

Le PIB mondial continuera de s’accroître d’ici 2025, mais plus lentement qu’au cours de la décennie précédente. Le rapport indique également un écart sur le plan de la croissance mondiale entre :

  • les économies avancées, qui devraient connaître une croissance supérieure à celle des économies émergentes d’ici 2025 la croissance prévue du PIB des États-Unis, qui est de 2,4 %, sera plus importante que la croissance moyenne des pays de l’OCDE (2,1 %), que celle du Canada (2,1 %) et que celle de l’UE-15 (1,7 %) (en anglais seulement);
  • plusieurs grandes économies émergentes (p. ex., Chine, Brésil et Russie), qui devraient peiner à maintenir leur rythme de croissance récent, et l’Inde, qui devrait connaître une croissance « robuste », de l’ordre de 7,6%;
  • les économies en développement (p. ex., le Bangladesh à 6,6 % et les Philippines à 6,3 %), qui devraient continuer de croître, mais plus lentement.

Le dollar canadien devrait remonter lui aussié

Le huard devrait se raffermir par rapport au dollar américain au cours de la période de prévision, sous l’effet des cours du pétrole qui devraient croître de 8,3 % par année jusqu’en 2025. De la même façon, l’euro, le yen, le yuan chinois et le rouble russe devraient se raffermir par rapport au dollar américain (en fonction de l’inflation). Cette tendance contribuera à préserver la compétitivité du Canada sur le plan des échanges commerciaux.

Quelles seront les répercussions sur l’agriculture canadienne?

  1. Les marchés émergents et les marchés en développement seront les moteurs de la croissance de la consommation alimentaire jusqu’en 2025

    L’accroissement démographique des marchés en développement ainsi que la croissance des revenus et l’évolution des préférences alimentaires dans les marchés émergents seront les moteurs de la croissance de la consommation alimentaire. La consommation de protéines, d’aliments transformés, de sucres, de matières grasses et d’huiles de plus en plus diversifiés sur ces marchés devrait s’accroître étant donné que les populations grandissantes consacrent une part accrue de leurs revenus aux aliments.

    De façon générale, la consommation alimentaire par habitant devrait augmenter dans les marchés en développement, mais les pays développés représenteront vraisemblablement la consommation par habitant la plus élevée. Les céréales demeureront l’aliment le plus consommé par habitant dans le monde, et ce, malgré la baisse de la consommation de céréales dans les pays développés. La consommation de viande augmentera aussi, notamment en Amérique du Nord, grâce à la chute des prix et à la croissance économique des États-Unis.

  2. La croissance de la production mondiale ralentira

    La production agricole globale devrait croître de 1,6 % par année jusqu’en 2025, et la production de cultures agricoles devrait croître de 1,5% par année. La production sera mise au défi en raison de l’importance des stocks mondiaux, et d’une croissance au ralenti sur le plan économique, parmi les producteurs, et sur le plan de la consommation, pour certains produits.

  3. Les échanges commerciaux agricoles ralentiront… et évolueront

    Les échanges de cultures agricoles et de viandes ralentiront au cours de la période visée par rapport à la décennie précédente, tendance qui devrait être accentuée par la concentration accrue des exportations des principaux exportateurs, dont le Canada. L’OCDE et la FAO prévoient que les cinq principaux exportateurs représenteront 70 % des exportations totales de blé, de bœuf, de céréales, de canola, de porc et de soja d’ici 2025; le Canada devrait représenter au moins 40 % des exportations mondiales d’oléagineux (autres que le soja).

  4. Les répercussions de la Chine sont incertaines

    La croissance du PIB de la Chine, qui a été de 9,0 % par année de 2006 à 2015, devrait ralentir à un taux moyen de 6,2 % par année d’ici 2025, ce qui contribuera à freiner la croissance des importations mondiales de céréales. Grande importatrice de nombreux produits agricoles de base, la Chine, en raison de son ralentissement économique, devrait vraisemblablement avoir des répercussions sur les échanges commerciaux et les prix globaux. Un rajustement des stocks de produits agricoles par la Chine pourrait également avoir des répercussions.

Revenez consulter la Tribune agroéconomique pour en apprendre davantage sur la vigueur des échanges et de la production agricoles du Canada.