Une productivité accrue est essentielle au maintien d’un Canada concurrentiel, selon l’économiste en chef de FAC

  • 05 mars 2018

Les agriculteurs canadiens doivent continuer d’accroître leur efficience et leur production de produits de base s’ils veulent demeurer concurrentiels dans ce véritable raz-de-marée de la production à l’échelle internationale, affirme Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef de Financement agricole Canada (FAC).

« Notre solide réputation à titre de producteur sûr et fiable d’aliments de grande qualité nous donne accès à des marchés d’exportation existants et nouveaux, mais les pressions exercées par la concurrence montent, prévient M. Gervais dans les plus récentes perspectives sur le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire. La donne change rapidement, et il devient plus clair que les enjeux principaux sont le volume et la valeur ajoutée. »

Les dernières années de production record ont grossi les stocks mondiaux de nombreux produits de base agricoles. Cependant, malgré les prévisions de superficie ensemencée des principales cultures aux États-Unis plus faibles que le sommet enregistré entre 2012 et 2014 (une moyenne de près de 257 millions d’acres), de meilleurs rendements contribuent au maintien de la croissance de la production globale. C’est pourquoi le secteur de l’agriculture canadienne doit absolument investir dans l’innovation qui favorisera une croissance soutenue de la productivité.

M. Gervais précise qu’une productivité accrue ne signifie pas pour autant que les agriculteurs canadiens doivent agrandir leurs installations.

« Les producteurs canadiens doivent trouver des moyens de réduire leurs coûts tout en augmentant la productivité dans leurs installations actuelles, qu’il s’agisse d’améliorer le rendement à l’acre ou d’extraire plus de matières grasses d’un litre de lait, explique-t-il. Des investissements dans les domaines de l’innovation et de la technologie contribueront grandement au maintien de la productivité, de la compétitivité et de la durabilité de l’agriculture canadienne. »

M. Gervais ajoute que les préférences alimentaires changeantes influent également sur les décisions en matière d’investissement. Par exemple, on remarque une tendance à la hausse de la production laitière au Canada, ce qui nécessitera un investissement additionnel dans la capacité de transformation. Les consommateurs canadiens recherchent aussi des produits alimentaires sains et pratiques, ce qui devrait inciter plus d’investissements dans des aliments préemballés et faciles à préparer.

Le produit intérieur brut du secteur de la fabrication de produits alimentaires est 5,4 % plus élevé qu’à la même période en 2016.

« Le climat d’investissement dans le secteur de la transformation alimentaire canadienne est positif en raison d’un huard de moins de 0,80 $ US, de taux d’intérêt qui demeurent faibles et de la demande croissante aux États-Unis », indique M. Gervais. Ce dernier prévoit que les exportations de produits alimentaires transformés chez nos voisins du sud pourraient augmenter à nouveau en 2018, et ce, malgré l’incertitude entourant les négociations actuelles de l’Accord de libre-échange nord-américain.

M. Gervais croit que ce type d’investissement dans le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire canadien aidera l’industrie à demeurer concurrentielle et, à bien des égards, à rester un chef mondial dans le domaine de l’innovation et de la technologie agricoles.

« Une productivité accrue et l’ajout de valeur aux produits agricoles sont la clé du succès pour augmenter les revenus agricoles canadiens », conclut-il.

Des rapports sur les perspectives ont été préparés pour les cultures (Est et Ouest du Canada), les produits laitiers, le bœuf et les bovins, le porc, les intrants de culture et la transformation alimentaire.

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