Il est grandement exagéré d’affirmer que les fermes familiales sont en voie d’extinction, selon des chefs de file du secteur agricole.
À première vue, les chiffres du dernier Recensement de l’agriculture semblent indiquer que les fermes familiales au Canada sont en déclin.
Le nombre de fermes régresse, les exploitations grossissent et les producteurs vieillissent, montrent les résultats du Recensement de l’agriculture de 2011 de Statistique Canada.
« Il ne faut vraiment pas y voir un signe que les exploitants de fermes familiales quittent le secteur », selon Doug Chorney, président de Keystone Agricultural Producers.
« Cela signifie plutôt que les familles d’agriculteurs se consolident, c’est-à-dire qu’elles combinent leurs exploitations, afin de profiter d’économies d’échelle. »
Des statistiques récentes tirées du Recensement de l’agriculture de 2011 montrent que le nombre de fermes au Canada a diminué de 10,3 % pour s’établir à 205 730 entre 2006 et 2011.
Parallèlement, la taille moyenne des fermes a augmenté de 6,9 %, passant à 778 acres.
Le recensement révèle par ailleurs une tendance au vieillissement des agriculteurs. En effet, près de la moitié (48,3 %) des exploitants agricoles sont âgés de 55 ans et plus, par rapport à 40,7 % en 2006 et à 32,1 % en 1991.
Toutefois, Ron Bonnett, président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA), indique que le recensement tient compte des producteurs retraités qui vivent sur de petites parcelles de terre et possèdent quelques animaux, et peut-être un jardin maraîcher. Ces gens ne sont pas des exploitants commerciaux.
« Cela tend à fausser les chiffres en ce qui a trait à l’âge », note M. Bonnett.
M. Chorney mentionne que la diminution du nombre de fermes et l’agrandissement des exploitations ne signifient pas un accroissement de l’agriculture dite « industrielle », comme certains le laissent entendre. Cela montre seulement que les producteurs sont de plus en plus axés sur l’agriculture commerciale.
Les résultats du recensement montrent que près de 88 % des sociétés agricoles en 2011 étaient des entreprises familiales, souligne M. Chorney.
« Ces familles vivent sur leur ferme et apportent leur contribution à leur communauté. Elles se soucient véritablement du sol, de l’eau souterraine et de l’eau de surface qui soutiennent leur gagne-pain. »
Selon MM. Chorney et Bonnett, le véritable problème n’est pas la diminution du nombre d’exploitations agricoles, mais le déclin de la population et des infrastructures rurales.
Les communautés rurales devraient s’efforcer d’attirer des industries autres que l’agriculture, dit M. Bonnett.
Il suggère que l’on exploite les possibilités d’Internet pour permettre à des gens de vivre dans des régions rurales tout en travaillant pour des employeurs des villes.
« Les communautés rurales doivent examiner des moyens de se diversifier pour cesser d’être essentiellement agricoles », conclut M. Bonnett.



