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Note de la rédactrice

Allison Finnamore

Le printemps progresse à l’échelle du pays et, dans le présent numéro de FAC Express, nous vous proposons un article qui examine les semis des cultivateurs de l’Est du Canada. Par ailleurs, nous analysons de façon détaillée les résultats du Recensement de l’agriculture de Statistique Canada, publié récemment. Si les chiffres indiquent un déclin du nombre de fermes au Canada, des chefs de file du secteur agricole estiment que les fermes familiales canadiennes sont plus vigoureuses que jamais.

Vos commentaires, vos questions et vos idées d’articles sont toujours les bienvenus. Vous pouvez m’écrire à l’adresse allison@finnamore.ca.


1. Les fermes familiales toujours solides, selon des chefs de file du secteur agricole

Il est grandement exagéré d’affirmer que les fermes familiales sont en voie d’extinction, selon des chefs de file du secteur agricole.

À première vue, les chiffres du dernier Recensement de l’agriculture semblent indiquer que les fermes familiales au Canada sont en déclin.

Le nombre de fermes régresse, les exploitations grossissent et les producteurs vieillissent, montrent les résultats du Recensement de l’agriculture de 2011 de Statistique Canada.

« Il ne faut vraiment pas y voir un signe que les exploitants de fermes familiales quittent le secteur », selon Doug Chorney, président de Keystone Agricultural Producers.

« Cela signifie plutôt que les familles d’agriculteurs se consolident, c’est-à-dire qu’elles combinent leurs exploitations, afin de profiter d’économies d’échelle. »

Des statistiques récentes tirées du Recensement de l’agriculture de 2011 montrent que le nombre de fermes au Canada a diminué de 10,3 % pour s’établir à 205 730 entre 2006 et 2011.

Parallèlement, la taille moyenne des fermes a augmenté de 6,9 %, passant à 778 acres.

Le recensement révèle par ailleurs une tendance au vieillissement des agriculteurs. En effet, près de la moitié (48,3 %) des exploitants agricoles sont âgés de 55 ans et plus, par rapport à 40,7 % en 2006 et à 32,1 % en 1991.

Toutefois, Ron Bonnett, président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA), indique que le recensement tient compte des producteurs retraités qui vivent sur de petites parcelles de terre et possèdent quelques animaux, et peut-être un jardin maraîcher. Ces gens ne sont pas des exploitants commerciaux.

« Cela tend à fausser les chiffres en ce qui a trait à l’âge », note M. Bonnett.

M. Chorney mentionne que la diminution du nombre de fermes et l’agrandissement des exploitations ne signifient pas un accroissement de l’agriculture dite « industrielle », comme certains le laissent entendre. Cela montre seulement que les producteurs sont de plus en plus axés sur l’agriculture commerciale.

Les résultats du recensement montrent que près de 88 % des sociétés agricoles en 2011 étaient des entreprises familiales, souligne M. Chorney.

« Ces familles vivent sur leur ferme et apportent leur contribution à leur communauté. Elles se soucient véritablement du sol, de l’eau souterraine et de l’eau de surface qui soutiennent leur gagne-pain. »

Selon MM. Chorney et Bonnett, le véritable problème n’est pas la diminution du nombre d’exploitations agricoles, mais le déclin de la population et des infrastructures rurales.

Les communautés rurales devraient s’efforcer d’attirer des industries autres que l’agriculture, dit M. Bonnett.

Il suggère que l’on exploite les possibilités d’Internet pour permettre à des gens de vivre dans des régions rurales tout en travaillant pour des employeurs des villes.

« Les communautés rurales doivent examiner des moyens de se diversifier pour cesser d’être essentiellement agricoles », conclut M. Bonnett.

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Le prix Rosemary-Davis de FAC. Voici les femmes reconnues comme chefs de file de l’agriculture canadienne en 2012. Découvrez qui sont les gagnantes.

2. Vidéo : Quel est l'impact de la dette européenne sur l’agriculture, sur les nouveaux partenaires commerciaux et sur le lien entre le dollar canadien et le prix du pétrole canadien?

Regard économique FAC : printemps 2012
Jean-Philippe Gervais, économiste agricole principal à FAC, se penche sur les tendances et enjeux économiques actuels sur la scène mondiale, notamment la crise de la dette européenne, les taux d’intérêt et les accords commerciaux, ainsi que leur impact sur l’agriculture canadienne.

Visionnez d’autres vidéos d’Apprentissage FAC à partir de notre page multimédia.

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3. Maintien du prélèvement sur le blé et l’orge

Un prélèvement auprès des producteurs de l’Ouest canadien destiné à financer la recherche sur le blé et l’orge sera maintenu pendant la nouvelle campagne, mais sera géré par un administrateur différent.

La Alberta Barley Commission remplacera la Commission canadienne du blé (CCB) à partir du 1er août, date qui sonnera la fin du système de commercialisation à guichet unique de la CCB. Son conseil d’administration est élu par des producteurs, et c’est cet organisme qui administre le prélèvement provincial sur l’orge depuis 1991.

Le prélèvement sera effectué au point de vente et apparaîtra comme déduction sur les bons de paiement au comptant des producteurs. Il ne s’appliquera pas aux importations ou aux ventes entre producteurs.

Le montant du prélèvement auprès des producteurs ne changera pas. Par exemple, la Western Grains Research Foundation (WGRF) perçoit 50 cents la tonne sur les ventes d’orge et 30 cents la tonne sur les ventes de blé. Des fonds supplémentaires sont aussi versés à l’Institut international du Canada pour le grain (IICG) et au Centre technique canadien pour l’orge brassicole.

« Nous n’avons jamais effectué nous-mêmes le prélèvement, dit le directeur exécutif de la WGRF, Garth Patterson. Nous nous sommes toujours concentrés sur l’investissement dans la recherche et comptons sur une tierce partie pour effectuer le prélèvement pour nous. Heureusement, la Alberta Barley Commission s’est offerte pour le faire et nous en sommes ravis. »

L’IICG indique que cette annonce apporte des précisions qui faciliteront la planification.

« Compte tenu du passage à un marché libre dans l’Ouest canadien, les clients se demandent si nous continuerons de leur offrir le soutien et l’expertise techniques sur lesquels ils comptent, dit le directeur exécutif de l’IICG, Earl Geddes. Ce financement garantit que nous pourrons continuer de répondre aux besoins des clients en œuvrant au nom des producteurs pour positionner leurs cultures dans les marchés clés. »

Les producteurs auront encore la possibilité de demander un remboursement du prélèvement. Précédemment, une proportion d’environ 5 % seulement ont rempli les formules nécessaires.

La Alberta Barley Commission administrera le prélèvement auprès des producteurs pendant un maximum de cinq ans. On prévoit que des commissions ou des associations provinciales du blé seront établies dans l’avenir (semblables aux organisations existantes pour le canola et les légumineuses). Et l’Alberta sera sans doute dotée d’une commission du blé d’ici le 1er août. Des discussions ont aussi lieu pour créer des organisations pour le blé et l’orge en Saskatchewan et au Manitoba.

Les projets de règlement concernant le nouveau prélèvement seront publiés dans la Gazette du Canada en vue d’une période de consultation de 30 jours.

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4. Projet d'usine de biotransformation pour les producteurs de l'Ontario

L'industrie salue un nouveau projet d'usine de biotransformation pour l'Ontario, qui permettra d'offrir aux agriculteurs de nouvelles possibilités de vendre leur grain et de préserver l'environnement.

La société BioAmber indique que cette usine de biotransformation de classe mondiale qu'elle prévoit construire à Sarnia se procurera des matières premières locales, dont du maïs et du blé, à compter de l'année prochaine.

BioAmber produira principalement ce qu'on appelle de l'acide succinique bio-sourcé, qui sert d'aromatisant pour les produits alimentaires et les boissons, et entre dans la fabrication de produits pharmaceutiques et de produits chimiques industriels comme les teintures, les parfums, les laques, les produits chimiques pour photographie et les résines alkydes. Le terme succinique vient du latin succinum, qui signifie ambre, soit la matière dont on tirait traditionnellement l'acide.

BioAmber exploite une usine de production d'acide succinique bio-sourcé à grande échelle en France depuis janvier 2010, où elle utilise l'un des plus grands fermenteurs d'acide bio-sourcé au monde. Outre l'établissement de Sarnia, BioAmber prévoit construire deux autres usines, l'une en Thaïlande, et l'autre aux États-Unis ou au Brésil.

La Fédération de l'agriculture de l'Ontario indique que l'usine de Sarnia crée de nouvelles possibilités de commercialisation pour les producteurs de maïs et de blé de l'Ontario. Elle note que les besoins en grain initiaux de la société exigent de 15 000 à 20 000 acres de production par année.

En outre, ajoute la fédération, la « chimie verte » utilisée dans les processus de BioAmber soutiendra la fabrication d’autres produits au complexe industriel de Sarnia, « ce qui permettra au complexe de proposer une offre globale plus solide ».

L'annonce (du projet de Sarnia) a reçu un accueil favorable dans le Sud-Ouest de l'Ontario, où l'on continue de chercher des moyens d'exploiter la base industrielle de longue date de la région, ainsi que ses avantages naturels, comme les terres agricoles de grande qualité, les conditions de croissance favorables, les corridors de transport bien établis et la proximité d'énormes marchés.

« En plus des emplois qui seront créés, l’approvisionnement local de matières premières améliore la logistique du transport et réduit les coûts, souligne le président de la fédération, M. Mark Wales. Les cultivateurs de l’Ontario ont montré leur capacité de produire des cultures de haute qualité de manière écologique [...] Nous sommes fiers de voir nos efforts environnementaux déployés dans l’ensemble de la chaîne de valeur. »

Selon la fédération, cette initiative soutient les efforts des agriculteurs de l'Ontario visant à trouver de nouveaux marchés pour les cultures de biomasse destinées aux secteurs de l'énergie, des bioproduits ou de la biotransformation.

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5. La saison de croissance démarre du bon pied au Nouveau-Brunswick

Les excellentes conditions météorologiques enregistrées pendant la longue fin de semaine de la fête de Victoria ont permis aux producteurs de pommes de terre de porter l’état d’avancement de leurs semis à plus de 50 %.

Le temps doux et sec enregistré ce printemps dans la zone de production des pommes de terre du Sud du Nouveau-Brunswick, de Woodstock à Perth-Andover, a permis à certains producteurs d’entreprendre l’ensemencement dès le 18 avril, tandis que les semis dans la zone de production du Nord, de Perth-Andover à Saint-Quentin, ont débuté le 30 avril.

« L’ensemencement progresse considérablement chaque jour et, d’ici la fin de la semaine, nous devrions être très avancés », affirme Joe Brennan, président de Pommes de terre Nouveau-Brunswick.

Brian Duplessis, directeur du Centre de développement de la pomme de terre du ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick, abonde dans le même sens.

« Selon les producteurs, si les prévisions météorologiques pour la semaine se concrétisent, d’ici la fin du mois de mai, nos semis pourraient être effectués à 90 % », indique M. Duplessis.

Le compte rendu des cultures du 14 mai pour les petites céréales indiquait que le taux de survie des céréales d’hiver était de bon à excellent. Dans certains champs situés dans des terres basses, on rapporte des pertes localisées attribuables au givre.

Peter Scott, spécialiste intérimaire des grandes cultures au ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick, indique que l’ensemencement des petites céréales a débuté tôt, et qu’en date du 22 mai, il était effectué dans une proportion de 60 à 75 %. Si le ciel reste dégagé, la plus grande partie des petites céréales seront semées d’ici la fin du mois.

Les semis de maïs ont débuté tôt cette année, soit à la mi-avril, mais le temps frais a empêché la levée. Toutefois, les températures enregistrées durant la fin de semaine de la fête de Victoria ont changé la donne. M. Scott affirme que le maïs, qui est semé dans une proportion de 90 %, a maintenant levé et est au stade deux feuilles. L’ensemencement du canola est effectué dans une proportion de 75 à 80 %, et les semis de soja sont effectués dans une proportion de 40 à 50 %.

Après un hiver qui a été doux, on ne rapporte à peu près aucun dommage aux cultures fourragères, ajoute M. Scott. La croissance a été lente en raison des conditions fraîches et sèches qui ont prévalu en avril, suivies de conditions fraîches et humides, qui se sont poursuivies jusqu’au début mai, mais, là encore, les températures enregistrées pendant la fin de semaine de la fête de Victoria ont changé la donne.

« Grâce au soleil et à la chaleur, les graminées se développent bien », conclut M. Scott.

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6. La récolte de cerises s'annonce abondante

Des conditions météorologiques hivernales et printanières quasi parfaites devraient donner une récolte de cerises abondante cette année en Colombie-Britannique, selon un expert de l'industrie.

« Nous avons eu la chance d'être épargnés par les problèmes de gel qui ont touché d'autres parties du Canada », dit Hank Markgraf, conseiller technique principal de l'association British Columbia Tree Fruits (BCTF).

L’hiver assez doux et la longue période de floraison qui a suivi, pendant laquelle les gelées ont été rares, sont annonciateurs d'une bonne saison, qui sera peut-être aussi hâtive.

M. Markgraf indique que la BCTF s'attend à une récolte de huit millions de livres de cerises, soit près du double du rendement de l'année dernière, où le printemps tardif et frais a donné des maux de tête aux producteurs.

Comme les cerises sont très périssables, de nombreux producteurs emballent les fruits à la cerisaie pour qu'ils puissent être réfrigérés tout de suite après la cueillette. Seulement une portion de la récolte totale de la vallée est destinée à la Okanagan Tree Fruit Co-operative, qui appartient à la BCTF.

Christine Dendy, présidente de la Okanagan-Kootenay Cherry Growers' Association, indique que les producteurs du Sud de la vallée travailleront d'arrache-pied à l'éclaircissage pour restreindre la récolte et veiller à ce que les cerises atteignent une bonne taille. De nombreux producteurs effectuent les travaux d’éclaircissement à la main, dit-elle, ce qui coûte cher mais s'avère payant sur le marché parce que des cerises fermes et de bonne taille se vendent à des prix plus élevés.

Si l'on prévoit une récolte exceptionnelle pour la plus grande partie de la région, on craint des dommages aux fruits dans le Centre de l'Okanagan, où les arbres ont été touchés par des gelées éparses durant la floraison ou juste après. La floraison la plus abondante a eu lieu dans le Sud de la vallée, ajoute Mme Dendy.

Chris Pollock, directeur du marketing de la BCTF, indique que la saison des cerises est l'une des plus attendues des consommateurs.

« Nous sommes ravis d'accroître notre production par rapport à l'année dernière et de voir des cerises fraîches de la Colombie-Britannique dans les épiceries pendant plus longtemps », dit-il.

Une saison hâtive améliore les rendements parce qu'elle permet à la coopérative d'offrir aux consommateurs un approvisionnement soutenu de cerises pendant une période prolongée, mentionne M. Pollock. Et, grâce aux nouvelles variétés de cerises mises au point dans la province, les cerises locales sont maintenant offertes de la fin juin à la fin août.

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7. Les cultivateurs de Terre-Neuve-et-Labrador envisagent la saison 2012 avec optimisme

Comme à de nombreux endroits au pays, la saison est hâtive pour les producteurs de Terre-Neuve-et-Labrador.

Gerard Cormier de West Valley Farm Ltd., dans la Codroy Valley, dans l’Ouest de Terre-Neuve-et-Labrador, indique que les semis à sa ferme ont débuté le 4 mai. En date du 22, la totalité de ses 180 acres de maïs étaient ensemencés, ainsi que la totalité de ses 120 acres d’avoine, de pois et de foin. Au milieu de la semaine, les graminées atteignaient une hauteur de 12 à 15 pouces. M. Cormier estime que ses cultures seront prêtes à être récoltées durant la première semaine de juin.

« Cette date est la plus hâtive en 50 ans d’agriculture, affirme le producteur. Les conditions d’humidité et d’ensoleillement sont idéales pour permettre la germination au cours des prochains jours. »

Les cultures fourragères ont aussi belle allure à Goulds, localité située juste au Sud de St. John’s. Crosbie Williams de Pond View Farms estime que ses cultures fourragères ont de deux à trois semaines d’avance, grâce aux pluies suffisantes et aux températures supérieures à la normale.

Ces conditions météorologiques ont aussi permis aux producteurs de Wells Farms de se rendre aux champs à Cartyville, près de Port aux Basques. L’ensemencement a débuté le 16 mai, date la plus précoce depuis 2005, indique Elaine Wells.

« Jusqu’ici, nous avons semé les carottes, les panais, les betteraves, les légumes-feuilles et les épinards, ainsi que les premiers greffons de navet, de chou, de brocoli et de laitue », dit-elle.

Jim et Michelle Lester de Lester Farms/Lester’s Farm Chalet, à St. John’s, sont aussi aux champs en train de semer leurs cultures résistant au froid. Ils ne se hasardent toutefois pas à semer leurs cultures friandes de chaleur comme les citrouilles et les haricots, du moins pour l’instant.

« Les deux dernières années ont été particulièrement froides et humides, mais cette année, il semble que les conditions nous permettent de préparer la terre avec peut-être trois semaines d’avance, dit Jim. L’année dernière, nous n’avons pas profité de pareilles conditions avant le mois d’août.

Notre plus grande préoccupation est que les conditions météorologiques changent rapidement et bousillent nos plans de semis hâtifs, ou bien qu’une fois l’ensemencement achevé, le temps frais et humide se réinstalle », ajoute-t-il.

Chris Lester de l’entreprise Lester’s Farm Market, aussi située à St. John’s, est assurément ravi des conditions météorologiques, en particulier après l’année 2011.

« Cette année, les conditions sont absolument incroyables, s’exclame-t-il. En 2011, une grande partie de nos cultures ont accusé de deux à quatre semaines de retard par rapport à une année moyenne, et nous avons dû semer dans des conditions d’humidité exécrables toute l’année. Cette année, c’est tout à fait l’inverse. »

M. Lester a commencé à semer le 18 avril sur du paillis plastique noir posé l’automne dernier.

« Ce paillis était couvert de mini-tunnels et nous prévoyons récolter le brocoli, le chou et la laitue avant le 25 juin, ce qui serait de trois à quatre semaines plus tôt qu’à l’habitude », dit-il.

Les semis ordinaires ont débuté avant la fin avril, soit une semaine plus tôt que la normale. M. Lester indique que la totalité du sol est prête à être ensemencée, et que les semis sont effectués à plus de 50 %.

« Les conditions du sol sont celles que nous aurions normalement à la fin juin pour ce qui est des taux d’humidité, souligne le producteur. Au lieu de nous rendre dans des champs humides pour achever nos semis prévus, nous avons la possibilité d’ensemencer un sol dont les conditions sont optimales.

Jusqu’ici, nous avons semé toutes nos cultures, des asperges aux zucchinis, et nous sommes très enthousiastes à l’égard de la saison qui commence. »

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8. L’Ontario a besoin de nouveaux moyens de lutte contre les mauvaises herbes

Les mauvaises herbes résistantes aux herbicides sont une préoccupation grandissante en Ontario.

Mike Cowbrough, chef du programme de lutte contre les mauvaises herbes (grandes cultures) au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), affirme que les mauvaises herbes résistantes au glyphosate en particulier sont les « espèces qui retiennent l’attention ».

Mais elles ne sont pas les seules. En effet, des essais menés à l’Université de Guelph au cours de l’automne et de l’hiver derniers ont mis au jour d’autres problèmes.

Notamment, la première espèce de graminée résistante aux herbicides du groupe 1, la digitaire sanguine, dans le comté d’Essex, a survécu à des applications de Poast Ultra (séthoxydime). Des populations résistantes apparaissent dans l’Est de l’Ontario également.

« On continue de trouver des populations de mauvaises herbes résistantes aux herbicides dans de nombreux champs de l’Ontario, ce qui fait qu’il est plus difficile de mettre en œuvre des mesures de luttes appropriées contre ces biotypes », explique M. Cowbrough.

On recense près de 50 champs où la grande herbe à poux résistante au glyphosate a été détectée dans les comtés d’Essex, de Kent et de Lambton, ainsi que 77 champs touchés par la vergerette du Canada résistante au glyphosate, que l’on a aussi détectée dans le comté d’Elgin. Heureusement, le travail du sol permet d’éliminer efficacement la vergerette du Canada avant l’ensemencement, souligne M. Cowbrough.

D’autres échantillons de mauvaises herbes ont aussi été envoyés à des fins d’analyse à l’Université de Guelph et montrent que la petite herbe à poux, la sétaire verte, la morelle noire de l’Est et l’amaranthe sont aussi résistantes aux herbicides.

Entre autres résultats notables, mentionnons que 23 des 26 échantillons de petite herbe à poux envoyés affichaient une résistance aux herbicides Pursuit (imazéthapyr), Classic (chlorimuron), FirstRate (cloransulame), Peak (prosulfuron) et Refine SG (tribénuron/thifensufuron).

Six échantillons de chénopode blanc n’ont pas affiché de résistance.

M. Cowbrough indique que le Guide de lutte contre les mauvaises herbes du Ministère et l’application Web mobile Weed Pro 75 suggèrent des herbicides de substitution qui procureront un répit à court terme.

Toutefois, avertit-il, « dans une optique à long terme, nous devons nous efforcer d’adopter et de mettre au point des moyens non chimiques ».

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9. Analyse du marché - Mise à jour sur le marché des oléagineux

Depuis le début mai, les marchés des oléagineux sont en recul par rapport à leur sommet. Dans certains cas, ils ont franchi des lignes de soutien graphique qui étaient à la hausse pour se rétablir aux creux de décembre.

De nombreux facteurs expliquent la volatilité des marchés de grains. Notamment, les conditions météorologiques en Amérique du Nord et en Europe ont une influence sur les marchés. Les macro-marchés sont très sensibles à la situation en Grèce et à celle de l’euro. Les négociants pratiquant l’analyse technique exigent un fort prix de clôture – supérieur aux principales moyennes mobiles – avant d’être plus convaincus que les prix ont la capacité de rebondir. Autrement ils craignent que la liquidation des fonds spéculatifs se poursuive dans l’ensemble du secteur des produits de base.

Des nouvelles suscitant l’émoi seront nécessaires pour continuer de soutenir la remontée des marchés des céréales et des oléagineux. PFCanada a déjà vendu la totalité du canola et du soja de la récolte précédente et a entrepris la conclusion de contrats à terme pour la nouvelle récolte d’oléagineux prévue pour 2012. Comme les obstacles de nature agronomique sont écartés, nous demeurons incités à poursuivre les ventes de la nouvelle récolte au gré des remontés périodiques sur le marché.

La faiblesse des stocks d’oléagineux au Canada et à l’étranger n’est pas un fait nouveau. Cette situation dure depuis un certain temps et est appelée à se poursuivre. Cela demeure le facteur de soutien sous-jacent pour ces marchés.

Toutefois, une grande partie de la nervosité des marchés se répercute sur les prix marchands actuels et a favorisé la montée observée l’hiver dernier et ce printemps vers des sommets de contrats. Les utilisateurs finaux effectuent des achats à terme plus audacieux que la normale en raison de préoccupations liées à l’affaiblissement à court terme des stocks et à la crainte que les prix continuent d’augmenter. Tout au long de l’hiver, les détenteurs de fonds de contrats de marchandise spéculatifs ont accumulé un volume record de positions longues sur les marchés à terme des oléagineux, dans le but de réaliser des gains en capital.

Il faudra un nouvel élément catalyseur pour inspirer une remontée sur ces marchés. Il pourrait s’agir d’une menace pour la nouvelle récolte en Amérique du Nord (il n’y en a aucune à l’heure actuelle) ou d’une flambée surprise de la demande. Cela pourrait se produire, mais des prix accrus tendent aussi à amorcer un processus de chute de la demande, et je pense que nous sommes déjà dans cette voie.

L’Amérique du Nord connaît une bonne saison d’ensemencement, et l’on s’attend déjà à une production agricole abondante. L’élément catalyseur sous forme de menace à court terme pour la production est donc écarté, du moins, pour l’instant. Les conditions météorologiques pendant l’été pourraient bien sûr changer la donne, mais tel est le tableau actuel.

En vérité, une stabilisation des marchés des oléagineux à l’heure actuelle serait peut-être avantageuse à plus long terme pour les producteurs. À mes yeux, une longue période de prix rentables pour tous serait préférable à une montée en flèche vers des niveaux astronomiques, suivie d’un déclin spectaculaire, et dont peu pourraient profiter. Autrement dit, des prix au comptant de 12 à 13 $ le boisseau de canola et une récolte abondante à vendre valent mieux qu’un prix de 15 $ le boisseau et aucune culture à vendre (en résumé, les prix augmentent lorsque les récoltes sont mauvaises).

La dynamique fondamentale propre au marché des oléagineux demeure assez haussière pour maintenir les prix à des niveaux élevés dans l’avenir prévisible. La demande demeure vigoureuse dans ce marché. Mais je demeure préoccupé à l’idée d’un secteur commercial où les achats à terme sont plus dynamiques pour cette période-ci de l’année. Cela crée la possibilité d’un trou dans la demande plus tard dans la saison, en particulier si les perspectives de production pour la nouvelle récolte sont prometteuses.

En ce qui a trait aux facteurs macroéconomiques, les investisseurs mondiaux continuent de prendre leurs décisions en fonction de l’évolution des conditions en Europe, en Chine et aux États-Unis. Si les conditions économiques continuent de se détériorer, cela accentuera l’attitude à éviter le risque, qui a récemment entraîné un retrait de fonds spéculatifs de tous les secteurs des produits de base, dont l’agriculture - maudits soient les indicateurs fondamentaux - du moins temporairement.

Canola
La demande demeurera satisfaisante et se manifestera par tranches tant que l’économie de la Chine ne ralentira pas considérablement. En théorie, la Chine peut réaliser une marge de trituration au prix courant de la nouvelle récolte sur le marché. Mais cela ne signifie pas qu’elle achètera un volume de canola aujourd’hui (elle choisit ses sources d’approvisionnement de façon avisée, notamment en permettant à la liquidation des positions longues de suivre son cours); toutefois elle offre la raison, du point de vue de la demande, pour laquelle les perspectives de prix du canola demeurent avantageuses pour les producteurs.

Si, de fait, nous amorçons une régression saisonnière du marché du canola, la fourchette cible d’ajustement à la baisse (Fibonacci) pourrait se situer entre les niveaux de 62 % et de 50 % de l’ensemble de la remontée de l’hiver et du printemps. Sur le graphique des prix à terme de la nouvelle récolte de canola pour novembre, si l’on mesure l’écart entre le creux de décembre et les sommets d’avril et mai, on obtient environ 105 $ la tonne. Un ajustement correctif dans la fourchette de 62 % à 50 % de cette remontée ne serait pas extraordinaire, en particulier dans le contexte actuel, si le processus de liquidation des positions spéculatives longues se poursuit. La cible de baisse se situe alors dans la région de 545 $ à 533 $ la tonne.

À partir de ce niveau, je soupçonne que les indicateurs fondamentaux du canola sont assez solides pour soutenir le marché du moins jusqu’à un stade avancé de la saison de croissance. Si les conditions météorologiques demeurent favorables jusqu’à la récolte, on peut prévoir que le creux de la récolte sera établi avant la récolte.

Pour ce qui est de la résistance graphique, j’ai déjà mis en garde contre la possibilité d’un double sommet qui était en train de se former sur le graphique de novembre dans cette région de 580 $ à 585 $ la tonne. Cela semble constituer une zone de résistance générale solidement ancrée à l’heure actuelle. Une fluctuation vers ce niveau m’inciterait assurément à faire progresser la vente à terme du canola de la nouvelle récolte.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Composez le 204-654-4290 ou rendez-vous à l’adresse www.pfcanada.com (en anglais seulement) pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

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