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Note de la rédactrice

Allison Finnamore

L’ensemencement a débuté dans de nombreuses parties du pays et, cette semaine, nous vous proposons quelques articles qui font le point à ce sujet. Nous vous tiendrons au courant de la situation à mesure qu’avance le printemps.

Vos commentaires, vos questions et vos idées d'articles sont toujours les bienvenus. Vous pouvez m'écrire à l'adresse allison@finnamore.ca.


1. Les semis sont en avance dans certaines parties du Manitoba

Après un surcroît d’activité au cours de la dernière semaine, les semis du printemps au Manitoba ont maintenant au moins une semaine d’avance par rapport à la normale.

Les semailles vont bon train dans une grande partie de la province, grâce aux conditions météorologiques et aux conditions d’ensemencement favorables, a déclaré le ministère provincial de l’Agriculture lundi.

D’ordinaire, les semis au Manitoba ne commencent pas avant la première semaine de mai. Toutefois, les conditions quasi parfaites enregistrées durant la dernière semaine d’avril ont permis aux cultivateurs de se rendre aux champs en grand nombre, indique Pam de Rocquigny, spécialiste des céréales du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Initiatives rurales du Manitoba (MAAIRM).

« Je dirais que l’ensemencement a débuté une semaine plus tôt que la normale, dit Mme de Rocquigny. Une fois qu’ils ont commencé, les producteurs peuvent ensemencer de nombreux acres en une journée. »

Le deuxième rapport de la saison sur l’état des cultures du MAAIRM, publié
le 30 avril, indique que les semis sont effectués dans une proportion de 70 % dans la région de l’Interlac, de 50 % dans la région du Centre et de 40 % dans l’Est de la province.

La progression est plus lente dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, où les semis sont effectués dans des proportions respectives de 10 % et de
5 %, en raison des conditions fraîches et humides.

À ce rythme, l’ensemencement des cultures céréalières pourrait être achevé d’ici une semaine dans la majorité des régions, note Mme de Rocquigny. L’ensemencement des cultures friandes de chaleur comme le maïs, le soja et les légumineuses sera plus long parce que les nuits sont encore fraîches. Toutefois, on signale une certaine progression des semis de canola, de lin et de tournesol.

La situation ce printemps contraste nettement avec celle du printemps 2011 où, en raison de l’humidité excessive, près de trois millions d’acres de terres en cultures annuelles n’ont pu être ensemencés ou ont été inondés.

Dan Mazier, agriculteur établi au Nord-Est de Brandon, ne s’est pas rendu dans ses champs avant le 10 mai l’année dernière. Cette année, il a semé ses petits pois le 25 avril et, le 1er mai, il avait effectué 20 % de l’ensemble de ses semis, dont la plus grande partie de son blé.

Il ne manque plus que la chaleur pour donner un élan aux cultures, indique
M. Mazier, qui est aussi conscient que la saison est encore jeune.

Le temps doux et sec et le faible enneigement de l’hiver dernier avaient fait craindre des conditions de sécheresse au printemps. Mais selon Mme de Rocquigny, les niveaux d’humidité du sol sont suffisants pour la germination et le développement des peuplements dans presque toutes les parties de la province.

Comme d’habitude, toutefois, la présence ou l’absence de pluies printanières et estivales en temps opportun déterminera si les cultivateurs du Manitoba obtiendront une récolte exceptionnelle cette année, prévient-elle.

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2. Vidéo : Innovations en agriculture – Agritechnica 2011

Kevin Hursh, rédacteur en chef d’AgriSuccès, présente un aperçu de ses innovations agricoles préférées d’Agritechnica 2011, à Hanovre, en Allemagne. Agrotechnica, le plus important salon d’équipement et de technologie agricoles au monde, a lieu tous les deux ans.

Visionnez d’autres vidéos d’Apprentissage FAC à partir de notre page multimédia.

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3. La pluie empêche les producteurs de l’Alberta de se rendre aux champs

Certains cultivateurs de l’Alberta ont déjà commencé à semer, mais du temps chaud sera nécessaire pour assécher le sol avant que l’ensemencement puisse se poursuivre dans la province.

L’essentiel des semis a été effectué dans le Sud de la province. L’état d’avancement est d’environ 20 à 25 %, signale Harry Brook, spécialiste des cultures à Alberta Agriculture. Aucun problème de gel ne lui a été rapporté, et aucune culture qui serait sensible au froid n’a encore levé.

« C’est en mai que surviennent les gelées mortelles [...] dans un dernier soubresaut d’hiver avant l’été », ajoute-t-il.

Malgré le printemps assez hâtif, les travaux d’ensemencement, de façon générale, ne sont pas en avance. Il y a environ deux semaines, le temps était chaud et tout portait à croire que les producteurs pourraient prendre une longueur d’avance, mais les températures froides de la semaine suivante ont freiné les ardeurs.

Les précipitations récentes ont aussi ralenti la progression. Même le Centre-Est de l’Alberta, où le temps est toujours sec, a reçu des accumulations de pluie d’environ 75 millimètres en fin de semaine dernière.

« En ce moment, on prévoit des pluies intermittentes pour la semaine dans de vastes zones de la province, mentionne M. Brook. Il va falloir quelques jours de temps sec pour que le sol dans ces régions s’assèche suffisamment pour nous permettre d’aller aux champs. »

La majorité des cultivateurs pourront commencer à semer probablement au cours de la dernière moitié de mai ou de la première semaine de juin, ce qui est tout à fait normal.

Les pluies récentes sont bénéfiques dans la mesure où la plupart des régions de l’Alberta n’avaient pas reçu de précipitations considérables depuis juillet dernier, souligne M. Brook. En raison de la saturation du sol au printemps et de la précocité de l’été l’année dernière, les conditions d’humidité ont été suffisantes pour permettre aux cultures d’atteindre la maturité, mais un automne long, chaud et sec a suivi, et l’hiver peu enneigé n’a pas non plus apporté d’humidité salutaire.

« Le taux d’humidité du sous-sol est extrêmement faible, mais l’humidité superficielle est maintenant assez élevée dans presque toute la province, mentionne M. Brook. Le tableau est donc positif, du moins pour le début des semis. »

Si les conditions demeurent humides, dit-il, l’apparition de l’ergot pourrait poser un problème. La province est particulièrement exposée à ce risque parce que les deux derniers printemps ont été humides.

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4. Légère hausse du cheptel porcin au Canada

La population de porcs au Canada a de nouveau augmenté.

Les chiffres sur les stocks publiés la semaine dernière par Statistique Canada montrent que la population au premier trimestre de 2012 est passée à 12 040 000 porcs, par rapport à 12 020 000 au dernier trimestre de 2011.

Il s’agit d’une hausse de 1,8 % par rapport à la même date en 2011. Cet accroissement fait suite à une progression de 1,5 % enregistrée au cours de la période précédente de douze mois.

L’augmentation la plus importante a été enregistrée en Saskatchewan, cinquième province productrice de porcs en importance, où les stocks ont augmenté de près de 14 %. Dans l’ensemble, le Québec demeure le premier producteur de porcs (3,9 millions de têtes), suivi de l’Ontario (2,9 millions de têtes).

En Ontario, les stocks et les troupeaux reproducteurs demeurent stables. Cette province a été la principale participante au programme national de réforme des porcs reproducteurs en 2008, ce qui s’est traduit par une réduction d’environ
25 % du cheptel provincial.

Les chiffres ne se sont pas rétablis depuis. Statistique Canada indique que les stocks de truies sont demeurés pratiquement inchangés par rapport au
1er avril 2011, à 1,3 million de têtes, et ajoute que les producteurs prévoyaient une hausse de 2,3 % du nombre de truies censées mettre bas durant le deuxième trimestre de 2012.

Certaines activités ont régressé, mais seulement légèrement. Environ
5,4 millions de porcs ont été abattus durant le premier trimestre de 2012, un recul de 0,1 % par rapport au même trimestre en 2011. Les exportations ont aussi diminué, mais de moins de 1 %, pour se chiffrer à 1,4 million de porcs.

Globalement, le tableau est optimiste. La production de porcs a augmenté d’environ 10 % depuis 2007.

Ce sont des nouvelles réjouissantes pour le secteur canadien du porc.

« La santé financière du secteur a été de beaucoup meilleure en 2010-2011 qu’en 2007-2009 », affirme Ridha Chilmeran, analyste économique à Ontario Pork.

Dans l’ensemble, dit-il, la diminution du nombre de porcs sur le marché, conjuguée aux prix accrus des porcs et aux coûts réduits des aliments pour animaux, ont permis aux producteurs de réaliser des profits en 2010-2011. Mais les prix des aliments pour animaux grimpent à nouveau et préoccupent maintenant les producteurs de porcs.

« Les prix élevés actuels des aliments pour animaux rendent les choses difficiles actuellement », souligne M. Chilmeran.

Si la prévision d’une récolte abondante de maïs aux États-Unis s’avère exacte, fait-il valoir, cela pourrait apporter un soulagement.

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5. Le processus de vente de Viterra se poursuit

Un haut représentant de Glencore International est convaincu qu’une transaction évaluée à 6,1 milliards de dollars afin d’acquérir la société Viterra recevra l’approbation nécessaire du gouvernement.

La première étape sera franchie la semaine prochaine quand le gouvernement provincial recevra un rapport de la société de conseil aux entreprises Informa Economics, qui examine tous les aspects de la transaction proposée, dont l’emploi, l’impact sur la concurrence, et l’effet sur l’économie de la province et les revenus du gouvernement provincial.

La firme suisse Glencore prévoit vendre certains des actifs de Viterra à deux sociétés canadiennes, Richardson International et Agrium, pour la somme de 2,6 milliards de dollars. Il n’y a pas d’échéancier précis indiquant le moment où la vente recevra l’approbation réglementaire requise du gouvernement fédéral, dont le feu vert du Bureau de la concurrence.

« En ce qui concerne Richardson et Agrium, nous devons recevoir l’approbation pour la transaction initiale, puis les deux sociétés doivent recevoir l’approbation pour les transactions secondaires, explique Chris Mahoney, directeur des produits agricoles de Glencore. Je pense qu’il y aura une période de chevauchement, pendant laquelle nous dirigerons la société entière. »

M. Mahoney affirme que l’incorporation de Viterra à Glencore devrait se faire de façon harmonieuse et être transparente. Ce processus garantira une structure solide, en plus de veiller à ce que les employés soient à l’aise d’œuvrer pour le compte de Glencore et que les emplois soient clairement attribués, « afin que tout soit prêt pour la récolte », dit M. Mahoney. « C’est la priorité absolue. »

Si la vente est approuvée, M. Mahoney indique que les agriculteurs ne devraient pas voir une grande différence entre Viterra et Glencore.

« Ce seront les mêmes personnes, qui s’adresseront aux mêmes agriculteurs et qui offriront les mêmes services, insiste-t-il. Nous souhaitons combiner les pratiques exemplaires existantes de Viterra avec les meilleures pratiques de Glencore à l’étranger. Nous ne cherchons pas à réinventer la roue et, pour l’essentiel, je pense que les affaires se poursuivront normalement. »

Glencore a déjà promis que le siège social de ses activités agricoles
nord-américaines se situera à Regina.

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6. Maintien des mesures de protection des pommes de terre

Même si l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) prévoit mettre fin au nettoyage des véhicules à la gare maritime de Port aux Basques, à
Terre-Neuve-et-Labrador, toutes les mesures d’inspection et de vérification du respect des lois et des règlements seront maintenues.

« L’ACIA travaille en collaboration avec d’autres organismes fédéraux à l’élaboration de solutions de rechange pour permettre aux conducteurs d’avoir accès à des installations de nettoyage au port, affirme Lisa Gauthier, porte-parole de l’agence. Les véhicules continueront d’être inspectés par l’ACIA avant de monter à bord du traversier. »

L’annonce de la décision de l’ACIA de mettre fin au service d’arrosage avait suscité des préoccupations dans l’industrie, parce que cette mesure vise à empêcher la propagation de nématodes susceptibles d’infester les plants de pommes de terre.

Toutefois, comme l’agence continuera d’effectuer des inspections et ne permettra pas aux véhicules contaminés de monter à bord des traversiers tant qu’ils ne seront pas bien nettoyés, ces préoccupations sont atténuées.

« Les véhicules qui contiennent trop de terre ne monteront pas à bord des traversiers, déclare Greg Donald, directeur général du Prince Edward Island Potato Board (l’office des pommes de terres de l’Île-du-Prince-Édouard). L’ACIA ne nettoiera pas les véhicules. Les conducteurs devront le faire eux-mêmes pour satisfaire aux normes et être autorisés à monter à bord, et cette façon de faire nous convient. Il est très important que l’agence maintienne la même rigueur en matière d’inspection. »

Mme Gauthier indique qu’il incombe aux conducteurs de s’assurer que leurs véhicules et leur contenu et l’équipement qu’ils transportent sont exempts de terre contaminée avant de monter à bord du traversier à Port aux Basques. Les conducteurs doivent aussi déclarer s’ils transportent des produits réglementés, comme des pommes de terre, d’autres cultures racines, des végétaux, de la terre et des sacs en toile de jute usagés.

« À l’heure actuelle, tous les véhicules sont inspectés avant de monter à bord du traversier. Cela ne changera pas, insiste Mme Gauthier. L’ACIA inspecte l’intérieur et l’extérieur de chaque véhicule pour vérifier la présence de terre et de produits réglementés. Tous les produits réglementés non certifiés sont confisqués et le véhicule est nettoyé au besoin. »

Le nettoyage des véhicules devrait devenir la responsabilité des propriétaires de véhicules d’ici 2014-2015.

Selon Mme Gauthier, 9 % des véhicules qui sont montés à bord du traversier à Port aux Basques en 2011-2012 ont dû être lavés ou nettoyés à l’aspirateur pour être débarrassés de l’excès de terre.

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7. Chronique économique FAC : Suivons les discussions concernant le Farm Bill américain

Le gouvernement des États-Unis vient d’entreprendre la réécriture de ses lois agricoles, un ensemble complexe de politiques qui définissent les programmes d’assistance alimentaire, de nutrition et de conservation, ainsi que les mesures de soutien aux producteurs agricoles.

Même si le paysage politique des États-Unis est imprévisible, les législateurs doivent mettre au point une loi agricole (Farm Bill) pour 2012 avant le début du mois d’août, sinon les dispositions du Farm Bill de 2008 demeureront en vigueur jusqu’à l’an prochain. À l’heure actuelle, les États-Unis déploient de multiples efforts pour combattre une dette exorbitante et un déficit croissant, de sorte que la prochaine loi agricole pourrait être assez différente de la précédente.

Pourquoi le Farm Bill de 2012 est-il important pour les producteurs agricoles canadiens?

L’industrie agroalimentaire canadienne, faut-il le répéter, évolue dans le contexte mondialisé. Mais avant de songer aux marchés agroalimentaires internationaux, nombre d’entreprises canadiennes prennent d’abord des décisions fondées sur un marché continental.

Malgré quelques embûches, comme l’étiquetage indiquant le pays d’origine, de nombreux exemples illustrent le lien étroit qui existe entre le marché du Canada et celui des États-Unis. Par exemple, la récente sécheresse qui a sévi dans le Sud des États-Unis a fait bondir les prix des bovins au Canada. Et l’accroissement de la superficie consacrée à une culture donnée aux États-Unis fait diminuer les prix pour les agriculteurs canadiens qui produisent la même culture.

Quelle pourrait être la teneur du prochain Farm Bill américain?

Examinons certains des programmes et des subventions les plus importants dans le cadre du Farm Bill de 2008, ainsi que les répercussions possibles sur le Farm Bill de 2012 à la lumière des pressions budgétaires actuelles.

En vertu du Farm Bill de 2008, les mécanismes de soutien des prix indemnisent les producteurs si les prix marchands descendent sous des prix de référence prédéterminés. Grâce à la vigueur des prix des cultures, peu de paiements ont dû être versés récemment. Les subventions pour les primes d’assurance-récolte représentent les montants les plus importants offerts aux producteurs de cultures en vertu du Farm Bill de 2008, mais il serait risqué sur le plan politique de supprimer un programme aussi apprécié.

Il serait possible de réaliser des économies limitées en réduisant la taille du Conservation Reserve Program, qui verse des paiements aux producteurs qui mettent de côté des terres écosensibles. Un moyen évident de réduire le budget du Farm Bill serait d’abolir les paiements directs, qui sont versés quels que soient les prix marchands ou la production réelle des fermes, et qui avantagent principalement les propriétaires fonciers plutôt que les producteurs. L’élimination des paiements directs se traduirait par des économies d’environ 5 milliards de dollars par année.

En théorie, les paiements directs créent peu de distorsions sur le marché et procurent peu d’avantages aux agriculteurs américains. Dans les faits, ils peuvent aider à gérer les flux de trésorerie et le risque.

La question intéressante est de savoir quelle mesure, le cas échéant, remplacera les paiements directs. Le gouvernement des États-Unis pourrait mettre en place une couverture des pertes de revenus qui, autrement, ne sont pas couvertes par le programme d’assurance-récolte existant. Contrairement aux paiements directs, un programme d’assurance contre les pertes de revenu serait probablement fondé sur la superficie ensemencée réelle et prévoirait des prix de référence plus élevés que les programmes existants.

C’est le dilemme devant lequel se trouvent les personnes qui travaillent à l’élaboration du Farm Bill américain, et cela représente une source de risque pour l’agriculture canadienne.

L’élimination des paiements directs entraînerait des économies immédiates de
5 milliards de dollars par année tout en satisfaisant aux demandes concernant la réduction des dépenses publiques. Un programme d’assurance contre les pertes de revenu est fondé sur les conditions du marché et ne verserait probablement pas de paiements à court terme étant donné la vigueur prévue des prix des cultures. Mais qu’arriverait-il si les conditions du marché se dégradaient et que les prix chutaient à des niveaux plus près de leurs moyennes historiques? Des subventions seraient accordées, et les producteurs canadiens pourraient se trouver désavantagés. Essentiellement, les producteurs de cultures des
États-Unis diraient adieu à leurs paiements garantis et obtiendraient en retour la garantie de leurs marges de profits qui sont solides ces derniers temps.

L’aide financière offerte aux producteurs de cultures américains est plus généreuse que celle qui est versée aux éleveurs de bétail. Pourtant, les programmes d’assurance sont de plus en plus populaires et accessibles aux éleveurs de bovins et de porcs des États-Unis. Il ne serait pas surprenant de voir augmenter les budgets consacrés à ces programmes si des économies peuvent être réalisées dans d’autres volets de la loi agricole.

Certains efforts sont déployés pour élargir un programme de protection de la marge de profit offert aux producteurs laitiers aux États-Unis en remplacement du mécanisme actuel de soutien des prix du lait.

Le système en place ne protège pas les producteurs laitiers contre l’augmentation des prix des aliments du bétail. L’élément qui est innovant du point de vue des États-Unis est que certains législateurs proposent que la protection de la marge de profit prévoie une forme de gestion de l’offre. Ainsi, les producteurs auraient la garantie de recevoir un paiement uniquement s’ils acceptaient de limiter la production lorsque les prix sont faibles.

Cette restriction de la production serait volontaire, mais pourrait néanmoins être structurée de manière à ce qu’il soit dans l’intérêt du producteur de ne pas surproduire.

Quel sera l’impact du prochain Farm Bill américain sur les producteurs canadiens?

D’une part, les pressions budgétaires exercées sur le gouvernement américain offrent des occasions d’apporter des changements à la politique agricole des États-Unis.

D’autre part, un résultat probable est la mise en place de nouveaux programmes fondés sur les semis réels et des prix de référence plus élevés.

Une aide à l’agriculture aux États-Unis qui ne soit pas liée aux décisions réelles en matière de production servirait au mieux l’intérêt des producteurs agricoles canadiens. Toute autre forme de programme d’aide pourrait entraîner une concurrence déloyale pour les producteurs canadiens et risquerait de conduire à des différends commerciaux.

Il est possible de suivre les discussions concernant le Farm Bill américain sur les sites Web du U.S. Senate Committee on Agriculture, Nutrition and Forestry (http://www.agriculture.senate.gov ) et du U.S. House Committee on Agriculture (http://agriculture.house.gov ) [sites en anglais].

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8. Analyse du marché - Rapport de Statistique Canada sur les superficies ensemencées : coup d’œil sur les cultures spéciales

Les médias spécialisés en agriculture ont largement diffusé les résultats du rapport du 24 avril de Statistique Canada sur les superficies ensemencées pour 2012, et des augmentations du nombre d’acres sont prévues pour les grandes cultures comme le canola, le blé et l’orge. Aujourd’hui, je vous propose de jeter un coup d’œil rapide et sommaire sur les petites cultures spéciales.

Les producteurs canadiens prévoient revenir à des semis abondants de haricots secs et de lin cette année, mais diminuer légèrement leurs semis de lentilles. Le tableau suivant expose les estimations de Statistique Canada concernant les superficies projetées pour les grandes cultures principales en 2012. Les chiffres sont en date du 31 mars 2012 et sont en milliers d’acres. Source : Statistique Canada.

                                   CANADA     Canada    Superficie
                                   24 avr.     2012     ensemencée
                                    2012     PFCanada   Déc. 2011
                                   StatCan               Canada
Lin                                1 040      1 000        695
Tournesol (MB)                        60                    35
Haricots secs                      3 310      3 250      2 328
Haricots blancs/de couleur (MB/ON)   245                   145
Lentilles (SK, AB)                 2 460      2 250      2 570
Moutarde (SK)                        230                   265
Graines à canaris (SK)               275                   235
Pois chiches (SK)                    265                   105

Lentilles

Les lentilles sont la seule culture principale pour laquelle les intentions d’ensemencement sont à la baisse dans le rapport de Statistique Canada. L’agence évalue la récolte à 2,46 millions d’acres, à peine 110 000 acres de moins que l’année dernière. Statistique Canada n’a pas établi de répartition lentilles rouges/lentilles vertes, mais laisse entendre que les producteurs manifestent un plus grand intérêt pour les lentilles vertes que l’année dernière.

L’estimation de Statistique Canada indique toujours une vaste superficie ensemencée en lentilles, ce qui contribue à retarder davantage la remontée des prix dans ce marché canadien où l’offre est abondante. En l’absence de menace pour la production ou la qualité pendant le cycle de production estival en Amérique du Nord ou la saison kharif en Inde, le marché des lentilles vertes demeurera sans doute stable.

Pois

Statistique Canada prévoit que la superficie ensemencée en pois secs en 2012 augmentera de 42,2 % pour s’établir à 3,31 millions d’acres. Je pense que cela correspond environ aux attentes du marché, mais dépasse largement les
2,3 millions d’acres ensemencés l’année dernière. Le rapport ne présente pas de répartition pois jaunes/pois verts. Je soupçonne que la superficie globale consacrée aux pois pourrait augmenter d’encore 100 000 à 200 000 acres.

Pour ce qui est de l’influence du marché, je ne pense pas que la superficie ensemencée en pois au Canada soit assez vaste pour avoir un effet négatif sur les perspectives de prix. Cependant, un accroissement de la superficie conjugué à un ensemencement en temps opportun n’incite sans doute pas les utilisateurs à se presser d’acquérir des stocks.

Lin

La superficie ensemencée en lin au Canada est estimée à 1,04 million d’acres, ce qui représente un accroissement de presque 50 % par rapport aux
695 000 acres ensemencés il y a un an, mais correspond aux attentes de PFCanada.

Il n’y a aucune influence du marché à signaler pour le lin. Les stocks de la récolte précédente sont exceptionnellement bas, donc il reste peu de marge en cas de nouvelles menaces pour la production compte tenu de la faible réserve d’approvisionnement. Toutefois, la demande de l’Europe demeure anémique, du moins jusqu’à ce que les stocks de l’ex-Union soviétique aient diminué. Et certains signes récents indiquent que les stocks de l’ex-Union soviétique sont en déclin, étant donné le resserrement des écarts entre les prix au Canada et les prix de la marchandise à destination de l’Europe.

Moutarde

En Saskatchewan, les producteurs prévoient réduire leurs semis de moutarde mais accroître leurs semis de graines à canaris et de pois chiches.

La superficie ensemencée en moutarde dans la province est estimée à
230 000 acres, ce qui représente une diminution de 35 000 acres par rapport à 2011. Là encore, Statistique Canada n’établit pas de répartition des classes de moutarde, mais la superficie globale est considérée comme restreinte par rapport aux données historiques. Un resserrement des stocks est sans doute à prévoir pour l’année qui vient, en particulier si les rendements s’avèrent inférieurs à la moyenne. Des stocks de report acceptables d’environ
80 000 tonnes et une récolte de 125 000 tonnes pour 2012 peuvent entraîner une tension du rapport entre l’offre et la demande – mais il n’y a aucune marge de manœuvre.

Graines à canaris

La superficie ensemencée en graines à canaris est estimée à 275 000 acres, soit 40 000 acres de plus que l’année dernière. Toutefois, comme les stocks de la récolte précédente sont déjà faibles, la superficie prévue en 2012 semble restreinte. À moins que la demande diminue et/ou que les stocks de la récolte précédente soient encore sous-estimés, comme le pensent certains acteurs du marché, les stocks de graines à canaris pour l’année qui vient semblent très restreints encore cette année.

En apparence, la superficie est suffisante (de même que le déficit de production) pour laisser croire à la nécessité pour le marché d’acheter des acres à la faveur d’une incitation par les prix. Mais les utilisateurs s’en soucient-ils assez pour prendre cette mesure à l’heure actuelle?

Haricots secs

La superficie ensemencée en haricots secs est appelée à augmenter en Ontario et au Manitoba cette année. Statistique Canada prévoit que 100 000 acres seront ensemencés en haricots secs en Ontario cette année, ce qui constitue une augmentation de 17,6 % par rapport à l’année dernière, mais demeure inférieur aux quelque 140 000 acres ensemencés en 2010. Au Manitoba, la superficie ensemencée en haricots secs devrait s’accroître considérablement. En fait, elle devrait plus que doubler pour se situer à 145 000 acres par rapport à 60 000 en 2011, dépassant ainsi les 135 000 acres ensemencés en 2010.

Les producteurs de haricots secs des États-Unis devraient aussi accroître leurs semis en 2012. En effet, ils entendent ensemencer 1,67 million d’acres en haricots secs, ce qui représente un accroissement de 38 % par rapport à l’année dernière, mais une diminution de 13 % par rapport à 2010.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Appeler au 204-654-4290 ou se rendre à l’adresse www.pfcanada.com (en anglais seulement) pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

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