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Note de la rédactrice

Allison Finnamore

FAC Express vous parvient une journée d’avance cette semaine en raison du Vendredi saint, et renferme toujours une foule de nouvelles agricoles de partout au pays. Nous vous invitons également à participer au webinaire portant sur le rapport Valeur des terres agricoles de FAC, qui se tiendra le mercredi 18 avril. Pour obtenir de plus amples renseignements à ce sujet, visitez le www.fcc-fac.ca/fr/LearningCentre/events/specialpastevents_f.asp.

Vos commentaires, vos questions et vos idées d'articles sont toujours les bienvenus. Vous pouvez m'écrire à l'adresse allison@finnamore.ca.


1. Prise de contrôle de Viterra : la transaction progresse

Le gouvernement de la Saskatchewan veut savoir quel impact la prise de contrôle du manutentionnaire de grains Viterra par une firme suisse aura sur la province.

Le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu’il examine la transaction de 6,1 milliards de dollars par laquelle Viterra passerait aux mains de Glencore International.

Une grande partie des activités demeurerait au Canada parce que la société Agrium de Calgary et la société privée Richardson International, établie à Winnipeg, achèteraient la majorité des actifs canadiens de Viterra, pour un total de 2,6 milliards de dollars en espèces.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a indiqué que la société Informa Economics dressera un rapport sur les répercussions de cette transaction pour la Saskatchewan.

« Nous aimerions que ce groupe indépendant explore certaines questions. Notamment, quel est l’impact [...] pour les agriculteurs de la Saskatchewan? Quelle est l’incidence de cette concentration, sur le plan de la compétitivité, en ce qui a trait aux intrants agricoles? Et quelles sont les répercussions économiques pour la province, s’il y en a », indique M. Wall.

Le rapport examinera aussi l’emploi dans l’industrie céréalière en Saskatchewan, la concurrence dans le réseau de manutention des grains dans l’Ouest canadien et la position stratégique de la Saskatchewan dans l’industrie céréalière mondiale.

« Dans le secteur de la manutention des grains, il semble que cette prise de contrôle créera un marché plus diffus en raison de la part du marché qu’occupait Viterra et de ce qu’il adviendra des silos-élévateurs de Richardson ou de Pioneer, donc cette question semble être réglée, mais je répète que nous allons faire nos devoirs », déclare M. Walls.

« Le résultat est moins clair sur le plan des intrants, non seulement en ce qui concerne l’engrais, mais aussi la part de marché dans le secteur du détail dans les régions rurales de la Saskatchewan et à l’échelle de l’Ouest canadien. »

Le Bureau de la concurrence fédéral fera son propre examen, mais on ignore combien de temps cela prendra.

La province recevra le rapport de Informa Economics d’ici le 7 mai et le rendra public quelques jours plus tard. Toutefois, le gouvernement mettra sans doute un certain temps pour annoncer son point de vue, indique M. Wall, parce qu’il attend la publication de l’étude du Bureau de la concurrence.

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2. Vidéo : L'agriculture, au coeur de la vie

Les producteurs canadiens évoluent dans un domaine unique. Notre vidéo
« L'agriculture, au coeur de la vie » présente une journée dans la vie de ceux qui pratiquent fièrement l'agriculture au quotidien.

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3. Les précipitations atténuent les craintes liées à la sécheresse dans les Prairies

Les précipitations étendues enregistrées en mars ont permis de rétablir l’humidité du sol dans la majorité des régions des Prairies après un hiver assez peu neigeux.

Cependant, dans certaines régions, le sol demeure sec et les cultures auront besoin de pluies printanières à point nommé pour démarrer du bon pied, signalent les représentants de l’industrie.

Pour le moment, toutefois, la majorité des cultures jouissent d’un taux d’humidité de la couche arable suffisant pour germer.

« Chose certaine, nous ne sommes pas en situation de crise », affirme Stuart McMillan, analyste des conditions météorologiques et des cultures à la Commission canadienne du blé.

Le temps anormalement sec et doux enregistré pendant l’hiver avait fait craindre des conditions de sécheresse au printemps, en particulier après l’automne tardif et sec de 2011. Mais la neige et la pluie qui ont touché la plupart des régions des Prairies le mois dernier ont atténué ces craintes, indique M. McMillan.

Les régions qui suscitent des préoccupations sont principalement le Centre-Sud de la Saskatchewan et la région de la rivière de la Paix, où les taux d’humidité du sol demeurent bas, dit-il.

Le temps exceptionnellement doux enregistré en mars avait fait courir le bruit que les semis débuteraient tôt ce printemps. Toutefois, en date de la semaine dernière, les représentants agricoles officiels de la province n’avaient été avisés d’aucuns travaux d’ensemencement en cours.

Grant McLean, spécialiste de la gestion des cultures du ministère de l’Agriculture en Saskatchewan à Moose Jaw, indique que les semis dans les régions du Sud de la province débutent normalement leurs activités vers la fin avril ou le début mai et que rien n’indique que ce sera très différent cette année.

Même si les températures sont supérieures à la normale, le mercure chute encore sous zéro la nuit dans la plus grande partie de la Saskatchewan. D’ordinaire, les cultivateurs ne sèment pas lorsqu’il y a risque de gel, souligne M. McLean.

Pam de Rocquigny, spécialiste des céréales au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Initiatives rurales du Manitoba (MAAIRM), indique que certains producteurs de la province ont entrepris l’épandage d’engrais et certains travaux préliminaires aux champs, mais n’ont pas commencé à semer.

D’ailleurs, en vertu des règlements provinciaux, les agriculteurs du Manitoba n’ont pas le droit d’épandre de l’engrais après le 10 novembre et avant le 10 avril. Mais le mois dernier, le MAAIRM a levé temporairement cette interdiction trois semaines d’avance en raison des températures élevées et des faibles taux d’humidité du sol.

La précocité du printemps laisse espérer que certaines cultures pourraient occuper des superficies records, en particulier pour ce qui est du canola. Certaines sources de l’industrie prévoient en effet que les semis de canola pourraient occuper 20 millions d’acres en 2012. Les cultivateurs canadiens ont récolté plus de 18 millions d’acres de canola en 2011, selon Statistique Canada.

Cependant, les graines de canola sont de petite taille et doivent être semées peu profondément. Les taux d’humidité du sol devront donc augmenter ce printemps pour que la superficie ensemencée en canola atteigne un nouveau record, avertit M. McMillan.

« Si nous voulons ensemencer 20 millions d’acres de canola, nous avons besoin de recevoir des pluies assez abondantes. »

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4. Ralentissement de la récolte de sirop d’érable

La sève d’érable continue de couler dans certaines régions du Québec, mais il semble que le temps commence à presser pour la récolte de sirop d’érable de 2012.

Selon les représentants de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ), qui représente les 7 400 producteurs de la province, la vague de chaleur sans précédent qui a touché une grande partie du Canada en mars a bouleversé la récolte ce printemps.

Notamment, la chaleur a nui à la teneur en sucre de la sève d’érable, entraînant ainsi des baisses de production de l’ordre de 30 à 50 % par rapport à l’année dernière, qui avait été considérée comme une année moyenne.

« Les producteurs sont surpris de la quantité de sève cette année, (mais) sa teneur en sucre se situe entre 1 et 1,5 %, comparativement à 2 ou 3 % en temps normal, a fait valoir Serge Trépanier, directeur adjoint de la FPAQ, à la Gazette de Montréal cette semaine. On doit donc traiter plus de (sève) pour produire la même quantité de sirop. »

On produit le sirop d’érable en faisant bouillir la sève jusqu’à ce que la teneur en sucre atteigne 66 %.

L’essentiel de la production s’effectue durant une période d’environ 25 jours entre la mi-mars et la fin avril.

Le Québec représente près de 80 % de la production mondiale de sirop d’érable.

Selon M. Trépanier, le gel la nuit et des températures douces le jour sont les conditions idéales permettant de recueillir de bonnes quantités de sève de qualité.

Toutefois, les températures diurnes et nocturnes records enregistrées en mars ont écourté la période de production dans les parties méridionales du Québec. M. Trépanier note que les producteurs dans les régions situées plus au nord, en particulier la péninsule gaspésienne, récoltent encore de la sève.

« Nous prévoyons que les températures au cours des deux prochaines semaines dans la partie est de la province seront plus près de la moyenne, ce qui peut aider grandement », dit M. Trépanier, qui ajoute que quels que soient les résultats de la récolte de 2012, la Fédération dispose de 36 millions de livres de sirop d’érable dans son nouvel entrepôt situé près de Québec.

M. Trépanier note que cette réserve stratégique est un élément clé de l’objectif à long terme de la Fédération, soit celle de garantir un approvisionnement constant – et à prix raisonnable – de sirop d’érable.

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5. Hausse du prélèvement auprès des producteurs de lin

Le prélèvement auprès des producteurs de lin de la Saskatchewan sera plus élevé pour la nouvelle année de récolte.

Lors d’une réunion tenue à Regina en mars, les producteurs ont voté à l’unanimité en faveur d’une hausse de leur contribution, qui doublera pour s’établir à 2,36 $ la tonne pour les graines de lin. Le prélèvement de 50 cents la tonne pour la paille de lin demeure inchangé.

SaskFlax doit composer avec des revenus plus serrés à la suite d’une importante réduction de la superficie ensemencée.

« La superficie consacrée au lin a diminué de moitié en raison du problème lié à la variété Triffid et des conditions d’ensemencement très humides qui ont touché le Sud-Est de la Saskatchewan ces deux dernières années », explique David Sefton, administrateur de SaskFlax, à Broadview.

L’industrie du lin continue de subir les répercussions de la détection de très faibles traces de la variété de lin génétiquement modifiée dont l’homologation a été révoquée dans des expéditions destinées à l’Europe en 2009. L’Union européenne (UE), qui applique la tolérance zéro à l’égard de l’importation de produits génétiquement modifiés, a réduit de 35 % ses importations de lin canadien. Les seules expéditions de lin vers l’UE sont destinées à des fins industrielles.

À l’heure actuelle, environ 4 % des échantillons de lin présentent des traces de la variété Triffid, comparativement à 10 % lors des premières analyses, menées sur la récolte de 2009-2010.

M. Sefton souligne qu’une proportion de 70 à 80 % de la production provinciale de lin est cultivée dans le Sud-Est de la Saskatchewan. SaskFlax espère accroître la superficie de production en finançant la recherche visant à mettre au point une variété à haut rendement et à teneur élevée en oméga-3 pour la région céréalière du Nord.

« Nous voulons pouvoir poursuivre des recherches prometteuses et des travaux de développement des marchés dans lesquels nous investissons », déclare Lyle Simonson, président de SaskFlax. Il souligne que les marchés nord-américains et mondiaux des aliments santé et l’industrie naissante des fibres naturelles offrent de nouveaux débouchés au secteur du lin.

L’un des plus grands défis auxquels sont confrontés les producteurs de lin est la popularité sans cesse croissante du canola. M. Sefton croit que les producteurs de lin traditionnel dans le Sud-Est de la Saskatchewan réintègreront le lin dans leurs rotations culturales, mais qu’un gros pourcentage des acres non ensemencés en 2011 sera vraisemblablement consacré à l’autre oléagineux.

Agriculture Canada prévoit que la superficie ensemencée en lin augmentera de 10 % cette année.

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6. Exportations canadiennes en hausse

La société Green Prairie International de Lethbridge, en Alberta, est la première entreprise canadienne à expédier du foin de luzerne en Chine.

D’une valeur estimative de 600 000 $, les récentes expéditions marquent le début d’un marché qui s’annonce lucratif pour ce grossiste qui approvisionne les marchés mondiaux en produits fourragers, selon le président-directeur général John Van Hierden.

L’entreprise conclut en ce moment des contrats pour un minimum de 10 000 nouveaux acres dans le Sud de l’Alberta pour la prochaine saison de croissance et a entrepris un important agrandissement de ses infrastructures, dont l’ajout d’une nouvelle installation de déshydratation.

Au cours des cinq prochaines années, Green Prairie prévoit que les volumes d’expédition quadrupleront, la demande du marché chinois continuant de grimper en flèche, indique M. Van Hierden. Ce taux de croissance est associé aux projets visant à doubler la production de lait d’ici 2015. Le PDG croit que la demande pourrait dépasser largement le million de tonnes au cours des cinq prochaines années.

Même si la Chine est un marché très prometteur, Green Prairie exporte aussi vers plusieurs autres marchés en croissance, dont l’Inde, le Japon, la Corée, le Koweït et les Émirats arabes unis.

M. Van Hierden note que la société expédie des produits à partir de ports situés sur la côte ouest des États-Unis.

Green Prairie, connue pour son fléole des prés, prévoit continuer de poursuivre ses activités et de hausser les exportations de ses produits vers les lucratifs marchés asiatiques. Les volumes devraient croître rapidement parce que le gouvernement canadien est en voie de clore des négociations avec la Chine visant à autoriser l’accès aux importations de fléole des prés, en plus de la luzerne.

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7. Stratégie agroalimentaire axée sur la croissance

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a dévoilé une nouvelle stratégie agroalimentaire visant à augmenter le revenu de la province tiré de l’agroalimentaire et de l’aquaculture pour le faire passer de 10,5 milliards de dollars à 14 milliards par année d’ici 2017.

Cette stratégie est un plan quinquennal axé sur la promotion des produits de la Colombie-Britannique, l’élargissement des marchés nationaux et internationaux, et l’amélioration de la compétitivité de l’industrie.

Le livret de la stratégie de 32 pages en papier lustré contient les échéanciers fixés pour 21 mesures regroupées sous sept objectifs :

- garantir un approvisionnement alimentaire salubre et sécuritaire;
- mettre au point des produits et des procédés novateurs;
- consolider les marchés nationaux;
- élargir les marchés internationaux;
- développer le système agroalimentaire de la Colombie-Britannique;
- assurer un avenir prospère pour l’agriculture;
- garantir un fonds de terre durable pour la production.

Le gouvernement provincial entend concentrer ses efforts sur les produits de haute qualité, affecter des terres sous-utilisées à la production, et élargir les marchés nationaux et internationaux.

Le ministre de l’Agriculture Don McRae s’est déjà rendu en Chine deux fois pour y faire la promotion des produits agroalimentaires de la Colombie-Britannique et prévoit effectuer un troisième voyage en Asie cet automne. Le ministère de l’Agriculture de la Colombie-Britannique a aussi lancé une initiative interactive en ligne sur les produits alimentaires de la province, qui comprend un site Web ainsi que des comptes Facebook et Twitter.

La première ministre Christy Clark considère que le secteur agroalimentaire joue un rôle déterminant pour l’avenir de la Colombie-Britannique, et note que la stratégie « visera la croissance et le développement économiques, ce qui se traduira par la création d’emplois. Nous imaginons un secteur innovateur, souple, concurrentiel sur la scène mondiale et apprécié de tous les
Britanno-Colombiens. »

Le président du B.C. Agriculture Council, Garnet Etsell, mentionne que les initiatives de la stratégie contribuent à « orienter le secteur de l'agriculture dans la bonne direction ».

Le gouvernement provincial s’est aussi engagé à reconsidérer la taxe sur le carbone qui, de façon générale, n’est pas appréciée.

« La taxe sur les émissions carboniques existe uniquement en
Colombie-Britannique et entrave la vente à l’étranger », admet M. McRae, qui promet de travailler à la mise en place de mesures d’allégement en collaboration avec le secteur des serres, qui est le plus durement touché par cette taxe.

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8. Chronique économique FAC : Regard sur la relation entre les marchés de l’éthanol et de grains

Les politiques des États-Unis sur les biocarburants sont considérées comme un facteur important de la vigueur des prix des produits de base ces dernières années.

Le contexte de la production d’éthanol au sud de la frontière a changé considérablement à la fin de 2011, par suite de l’abolition du crédit d’impôt offert aux usines d’éthanol des États-Unis et du tarif douanier appliqué à l’éthanol importé. Depuis, les marges de profit de l’éthanol aux États-Unis sont négatives, et certains soupçonnent que cela pourrait entraîner un déclin de la production d’éthanol de maïs. Comme l’éthanol consomme près de 40 % de la production de maïs des États-Unis, il est naturel de se demander si ces changements aux politiques influeront sur les perspectives de prix des produits agricoles de base.

Les mélangeurs d’éthanol bénéficiaient d’une réduction des taxes sur l’essence, ce qui leur permettait de faire concurrence à l’essence ordinaire. La rentabilité dans l’industrie américaine de l’éthanol est déterminée grosso modo par le ratio des prix pétrole/maïs.

Lorsque les prix du pétrole ont amorcé leur ascension rapide au milieu de 2007, les marges de profit de l’éthanol ont grimpé à environ 75 cents le gallon. La hausse subséquente des prix du maïs a renversé la vapeur et entraîné des marges négatives. Toutefois, le crédit d’impôt permettait aux mélangeurs d’éthanol d’atteindre le seuil de rentabilité, et ce, malgré la conjoncture négative du marché.

Le tarif douanier de 54 cents le gallon sur les importations avait été introduit pour bloquer l’importation d’éthanol brésilien, fabriqué à partir de canne à sucre, et moins cher à produire. Les prix élevés du pétrole, le crédit d’impôt et le tarif douanier sur les importations contribuaient à l’essor de l’industrie américaine de l’éthanol.

L’abolition du crédit d’impôt et du tarif douanier fera-t-elle diminuer la production d’éthanol?

Pas selon le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), qui a prévu récemment que la production américaine d’éthanol continuera d’augmenter au cours des 10 prochaines années, quoi qu’à un rythme beaucoup plus lent qu’au cours des cinq dernières années.

Entre 2006 et 2011, la superficie de maïs aux États-Unis est passée de 78,3 millions d’acres à 91,9 millions d’acres, ce qui correspond environ à la croissance de l’utilisation du maïs pour la production d’éthanol. Cet accroissement de la superficie consacrée au maïs provient d’acres tirés du Conservation Reserve Program des États-Unis, et utilisés traditionnellement pour la production de céréales fourragères. La superficie consacrée au blé et au soja demeure inchangée aux États-Unis depuis les cinq dernières années, malgré l’augmentation considérable de la demande étrangère de céréales et d’oléagineux.

Le principal facteur sur le marché de l’éthanol est actuellement la norme relative aux carburants renouvelables. Établie en 2007, cette norme prévoit un contenu minimal obligatoire de carburant renouvelable dans le carburant de transport. La norme de 2012 fixe ce volume à 15,2 milliards de gallons d’éthanol, dont deux milliards de gallons de biocarburants avancés – principalement du biodiésel, mais aussi de l’éthanol cellulosique. L’éthanol cellulosique est produit à partir de copeaux de bois, de résidus d’herbe ou des parties non comestibles des végétaux, comme la canne de maïs ou la paille de blé. Les premières usines de production d’éthanol cellulosique à échelle commerciale commencent à entrer en production, mais la conversion des résidus de la biomasse en carburants présente encore des défis techniques importants. Ainsi, les liens entre les marchés de l’énergie et le maïs ne s’affaibliront pas avant que l’éthanol de deuxième génération devienne commercialement viable.

À l’heure actuelle, il y a peu de place sur le marché pour l’éthanol cellulosique en raison de ce qu’on appelle le « Blend Wall ». La consommation d’essence au sud de la frontière est en déclin depuis 2007 en raison de la conjoncture économique difficile et des nouveaux véhicules qui consomment moins d’essence. Le marché potentiel pour l’éthanol se rétrécit dans le cas du contenu d’éthanol mélangé à l’essence qui se maintient à 10 %. Une façon de contrer cet obstacle est de rehausser le plafond en vendant du carburant contenant 15 % d’éthanol. Les détaillants aux États-Unis sont toutefois peu enthousiastes à cette idée pour des questions d’ordre logistique et liées aux infrastructures.

La norme relative aux carburants renouvelables établit un seuil minimum de demande potentielle d’éthanol parce que les détaillants sont tenus de respecter les niveaux prescrits. Cette demande garantie, conjuguée à la capacité actuelle de production d’éthanol dans le Midwest des États-Unis, fera en sorte que la production d’éthanol de maïs se poursuivra aux niveaux actuels, et ce, malgré l’absence de subventions.

Les marges de profit négatives observées au début de l’année résultent de l’augmentation de la production des usines d’éthanol qui désiraient profiter du crédit d’impôt avant la fin de 2011. Comme le marché de l’éthanol écoule lentement les surplus, on prévoit des marges de profit positives avant la fin de 2012.

Des recherches menées à la Iowa State University indiquent que la production d’éthanol peut demeurer une activité rentable tant que les prix de l’essence demeurent supérieurs à 3 $ US le gallon, ce qui est fort probable à la lumière des perspectives actuelles de l’offre et de la demande de pétrole.

Un facteur susceptible d’entraver la capacité de production d’éthanol des
États-Unis est le Brésil.

Si les entreprises brésiliennes productrices d’éthanol avaient un avantage concurrentiel par rapport à l’éthanol de maïs des États-Unis, les perspectives à court terme sont différentes. En effet, l’augmentation de la demande intérieure a été trop grande pour l’industrie brésilienne. On estime qu’environ la moitié de la flotte nationale de véhicules au Brésil carbure à l’essence contenant de 20 à 25 % d’éthanol. Or, les prix mondiaux élevés du sucre ont fait diminuer la production d’éthanol sous le niveau de 2010, et on prévoit que la production diminuera encore davantage en 2012.

L’industrie de l’éthanol de maïs des États-Unis entre clairement dans une phase de maturité caractérisée par une faible croissance de la production, laquelle est conjuguée au maintien d’une demande vigoureuse associée à la norme des États-Unis sur les carburants renouvelables.

Ces facteurs continueront de soutenir les prix élevés des céréales dans un contexte où les stocks de maïs sont bas comparativement à la demande potentielle globale. Le développement soutenu de technologies liées aux énergies de rechange (dont l’éthanol cellulosique, l’énergie géothermique ou la production de carburant à base d’algues) entraînera à l’avenir une diversité énergétique. Dans l’intervalle, les agroentreprises doivent continuer de planifier le futur à court terme, dans lequel l’éthanol à base de céréales sera un facteur de premier plan sur les marchés de grains.

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9. Analyse du marché - Le USDA publie des données optimistes concernant les marchés de grains

Vendredi dernier, le 30 mars, le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) a publié une série de rapports très attendus, dont ses données sur les perspectives d’ensemencement (Prospective Plantings Report) et sur les stocks de grains (Grain Stocks Report) pour 2012.

Avant la publication de ces rapports, l’élan haussier des marchés des céréales et des oléagineux semblait s’essouffler, mais les données du USDA ont ravivé l’intérêt des acheteurs, ce qui a permis à ces marchés d’enregistrer des gains solides vendredi.

La question est de savoir si cette remontée peut se maintenir jusqu’au début de la saison des semis du printemps. Jetons d’abord un coup d’œil aux rapports.

Le USDA prévoit que la superficie de maïs aux États-Unis en 2012 sera plus grande que prévue, mais que les stocks trimestriels de la récolte précédente sont inférieurs aux attentes initiales du marché. La superficie de soja prévue aux États-Unis pour 2012 est de seulement 73,9 millions d’acres, ce qui est nettement inférieur aux attentes du marché et constitue le principal facteur haussier contenu dans ce rapport.

Cependant, comme les sondages sur lesquels s’appuie ce rapport ont été réalisés vers le début mars, je soupçonne que la solide remontée du marché du soja par rapport au maïs au cours des quelque six dernières semaines a
peut-être déjà incité les producteurs à réviser leurs intentions d’ensemencement en faveur du soja. Je prévois donc que les chiffres concernant la superficie consacrée au soja seront revus à la hausse dans les prochains rapports.

Même les données concernant le blé sont plus optimistes que prévu du point de vue du marché. La superficie totale de blé aux États-Unis pour 2012, évaluée à 55,9 millions d’acres, est nettement inférieure aux attentes du marché et n’est que légèrement supérieure à celle de 2011. Le facteur qui fait la différence est l’estimation largement inférieure aux prévisions concernant la superficie de blé de printemps aux États-Unis.

Le tableau suivant résume les rapports du USDA sur les perspectives d’ensemencement et les stocks trimestriels de céréales. Les estimations sont exprimées en millions d’acres dans le cas des perspectives d’ensemencement aux États-Unis en 2012, et en milliards de boisseaux dans le cas des stocks de céréales au 1er mars.

Lien vers les tableaux sur les perspectives d’ensemencement et les stocks de céréales

Maïs
Les agriculteurs américains, incités par les perspectives de prix ambitieuses pour le maïs, ensemenceront près de 96 millions d’acres de maïs cette année, ce qui dépasse les attentes du marché et représente un accroissement de la superficie de 4 % par rapport à l’année dernière. Une réduction de la superficie de soja au profit du maïs est le facteur qui explique en grande partie cet accroissement, les producteurs s’efforçant de prévoir quelle culture offrira le meilleur rendement. La nouvelle prévision annonce la superficie de maïs la plus vaste aux États-Unis depuis 1937.

Le facteur à l’appui du marché du maïs dans ce rapport, toutefois, est l’estimation concernant les stocks de la campagne précédente. Le USDA signale que les stocks de maïs de la récolte précédente sont moins abondants que prévu. Les stocks de maïs aux États-Unis, qu’ils soient entreposés à la ferme ou à l’extérieur de la ferme, totalisent 6,01 milliards de boisseaux, soit 8 % de moins qu’à pareille date l’année dernière.

Les prix à terme du maïs de la campagne précédente aux États-Unis se sont redressés à l’annonce de la baisse des stocks. À la suite de la publication de ce rapport, les négociants surveillent désormais de plus près les stocks restreints de la campagne précédente, dans la mesure où des semis plus abondants étaient déjà prévus, de façon générale, pour la nouvelle récolte.

Soja
La superficie ensemencée en soja aux États-Unis pour 2012 devrait diminuer à environ 74 millions d’acres, ce qui représente une réduction de 1 % par rapport à l’année dernière et de 5 % par rapport à 2010. Les semis de soja sont demeurés inchangés ou ont diminué par rapport à l’année dernière dans l’ensemble de la « ceinture de maïs » et des grandes plaines des États-Unis.

« Comparativement à l’année dernière, les superficies projetées des semis sont en baisse dans de nombreuses régions, certains producteurs ayant révisé leurs intentions en faveur du maïs, indique le USDA. De plus, la superficie de soja projetée au Kansas, en Oklahoma, et au Texas est en baisse par rapport à 2011 en raison des conditions de sécheresse de l’année dernière qui ont perduré jusqu’au début mars. »

Toutefois, comme je l’ai mentionné plus haut, je soupçonne que la solide remontée du marché du soja a peut-être déjà incité les producteurs à réviser leurs intentions d’ensemencement en faveur du soja depuis la réalisation du sondage sur lequel se fonde le rapport. Ainsi, je le répète, les chiffres sur la superficie de soja pourraient être revus à la hausse dans les prochains rapports.

Quoi qu’il en soit, les perspectives sont optimistes pour les prix à terme du soja dans un avenir proche, car les données intensifient les enjeux à l’égard de la production américaine qui doit accroître ses stocks, en particulier dans le contexte où la production sud-américaine cet hiver n’a pas été à la hauteur des attentes préliminaires. Des estimations émanant de sources privées en Amérique du Sud semblent montrer que la production en Argentine et au Brésil diminue chaque jour, tandis que la demande chinoise d’oléagineux demeure constante.

Blé
Pour conclure, les données sur le blé aux États-Unis sont plus positives que prévu du point de vue du marché. La superficie totale de blé aux États-Unis pour 2012, évaluée à seulement 55,9 millions d’acres, est nettement inférieure aux attentes du marché et n’est que légèrement plus élevée qu’en 2011. Le facteur qui fait la différence est l’estimation largement inférieure aux prévisions concernant le nombre d’acres ensemencés en blé de printemps aux États-Unis. Ces acres pourraient être consacrés au maïs en raison du début précoce de la saison d’ensemencement.

Le USDA prévoit une superficie de blé de printemps de seulement 12,0 millions d’acres, ce qui est largement inférieur aux estimations moyennes des analystes, établies à 13,4 millions d’acres, ainsi qu’aux projections de tous les autres intervenants. Les négociants supposaient que la superficie de blé de printemps aux États-Unis remonterait par rapport aux 12,4 millions d’acres ensemencés en 2011 parce que des agriculteurs ont récupéré des champs au Dakota du Nord qui ont été inondés l’année dernière. Cette baisse de la superficie prévue est particulièrement bénéfique pour les prix à terme du blé de printemps de Minneapolis.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphonez au 204-654-4290 ou
rendez-vous à l’adresse www.pfcanada.com (en anglais seulement) pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

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