Les déchets de plastique d'origine agricole suscitent des préoccupations environnementales pour de nombreux agriculteurs. AgriRÉCUP, un organisme national de gérance dirigé par l'industrie, tente d'alléger ce fardeau dans deux provinces canadiennes, et ce, d'une manière « écologique ».
En Ontario, AgriRécup mène un programme pilote de recyclage des déchets de plastique d'origine agricole dans la région du bassin du lac Simcoe, qui portera notamment sur le matériel d'enrubannage de balles.
« Ce projet pilote servira de banc d'essai pour établir un programme complet de gestion responsable de tous les déchets de plastique d'origine agricole à l'échelle de la province », explique Barry Friesen, directeur général d’AgriRÉCUP.
« Les agriculteurs ne veulent pas brûler les déchets ou les envoyer au site d'enfouissement. Toutefois, c'est difficile pour eux de bien les gérer lorsqu'aucun programme n'est en place pour les aider, indique M. Friesen. Là où des programmes existent, les producteurs y participent en grand nombre. »
Les producteurs agricoles ontariens génèrent annuellement plus de 14 000 tonnes de déchets sur leurs fermes. Bien que des programmes de gérance soient en place pour certains déchets agricoles, il y a beaucoup de produits pour lesquels il n'existe aucune option de recyclage.
Le projet pilote de la région du lac Simcoe est financé par le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario.
AgriRécup mène depuis longtemps des programmes environnementaux pour les fermes de l'Ontario. Son programme de recyclage des contenants de pesticides vides fonctionne depuis 1989. Dix ans plus tard débutait son programme de collecte des pesticides périmés.
La Saskatchewan espère tirer parti de l'expérience d’AgriRÉCUP en ce qui a trait à la conduite de ce genre de programmes. À cette fin, le gouvernement de la Saskatchewan collabore avec AgriRÉCUP pour réduire l'empreinte environnementale de l'industrie agricole en diminuant les déchets provenant des sacs à grains, du matériel d'enrubannage et des ficelles.
« La Saskatchewan est une province innovatrice qui est bien placée pour devenir un chef de file du recyclage des plastiques d'origine agricole, affirme M. Friesen. Dans de nombreux cas, la technologie est déjà en place. »
La Saskatchewan en est aux dernières étapes de l'achèvement d'un programme pilote d'un an, annoncé en mars 2011. Les sacs à grains en plastique sont mis en rouleaux à l'aide d'une machine spéciale et sont collectés à huit endroits différents. Les sacs sont expédiés en Alberta, puis sont transformés en un matériau utilisé pour fabriquer des sacs à ordures.
Le seul coût engagé par le producteur est son temps et le transport vers le lieu de collecte. Les gouvernements fédéral et provincial ont investi 160 000 $ dans ce projet. Le Provincial Council of Agriculture Development and Diversification Boards (PCAB) a administré le programme et y a investi 50 000 $.
Il y a six principaux lieux de collecte situés à Prince Albert, à Kelvington, à Estevan, à Abbey, à Unity et à Viscount. Le Moose Jaw River Watershed Stewards, un organisme sans but lucratif qui regroupe des villes, des villages et des municipalités rurales de la région, dispose de deux lieux de collecte situés à Milestone et à Moose Jaw.
Aucun chiffre n'a été publié en ce qui a trait au volume de plastique collecté, mais la directrice exécutive du PCAB, Tamara Weir-Shields, affirme que les commentaires des producteurs participants sont très positifs.
« Nous ne savions pas à quoi nous attendre, confie Mme Weir-Shields. La majorité des sacs jusqu'ici ont été rapportés au cours du dernier trimestre de 2011. C'est à Unity et à Abbey qu'on en a recueilli le plus grand nombre, mais tous les dépôts ont connu du succès si l'on tient compte du long automne et de l'excès d'humidité enregistré dans certaines régions. »
Des discussions ont lieu à l'heure actuelle relativement à la conception d'un programme à long terme de recyclage à la ferme des déchets de plastique en Saskatchewan. Il est généralement convenu qu'un programme permanent exigera un plus grand nombre de lieux de collecte.
« L'essentiel est d'offrir une vaste accessibilité, note M. McLean. Nous avons déjà montré, dans le cadre du programme de recyclage des contenants de pesticides vides, que les agriculteurs sont prêts et disposés à participer, pourvu qu'on leur fournisse les outils nécessaires. »
Des recherches indiquent aussi que les programmes les plus fructueux sont les programmes à participation obligatoire en vertu de lois gouvernementales, comme ceux qui concernent la gestion des pneus, des résidus de peinture et des déchets électroniques.
Une réunion avec des intervenants de l'industrie s'est tenue à Saskatoon cette semaine, avant la proposition d'un programme par AgriRÉCUP au ministère de l'Environnement, d'ici la fin mars.
« Le projet est au stade embryonnaire à l'heure actuelle, mais il n'y a absolument aucune raison qui empêcherait la mise en place d'un programme permanent pour ces produits d'ici un an ou deux », lance M. McLean.
L'Alberta et le Manitoba seront également invités à participer aux discussions, ajoute M. McLean, parce qu'il serait fantastique d'en arriver à une solution commune pour trois provinces.