La valeur des terres agricoles au Canada a augmenté de 7,4 % au cours des six premiers mois de 2011, apprend‑on dans un rapport qui examine les prix des biens fonciers ruraux.
Au début de la semaine, Financement agricole Canada a publié son rapport Valeur des terres agricoles qui couvre le premier semestre de 2011. FAC rapporte que la valeur des terres agricoles poursuit sa tendance à la hausse observée au cours de la dernière décennie.
C’est la Saskatchewan qui a connu la hausse moyenne la plus forte (11,6 %) de la valeur des terres agricoles, suivie de l’Ontario (6,6 %). Le Québec et l’Alberta ont enregistré une augmentation moyenne de 4,4 % et de 4,0 % respectivement, tandis que la Nouvelle‑Écosse et le Manitoba ont affiché des hausses respectives de 2,9 % et 2,4 %. La valeur des terres agricoles n’a pas changé en Colombie‑Britannique, à l’Île‑du‑Prince‑Édouard, au Nouveau‑Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador.
FAC évalue la valeur des terres agricoles depuis 1990 à l’aide d’un système reposant sur 245 terres agricoles repères. Effectuées en janvier et en juillet, les évaluations sont fondées sur les ventes récentes de terres comparables, qui ont été réalisées entre des personnes sans lien de dépendance. Une fois les ventes choisies, elles sont examinées, analysées et rajustées par rapport aux terres repères.
Les faits saillants du rapport sont exposés dans les lignes qui suivent, et la version intégrale, y compris les constatations pour chaque province, se trouve sur le site www.valeurdesterresagricoles.ca.
Saskatchewan
La valeur des terres agricoles de la Saskatchewan a augmenté en moyenne de 11,6 % au cours du premier semestre de 2011, soit la hausse la plus élevée au Canada.
FAC indique que cette progression découle principalement des cours élevés des produits de base et du bétail. Les propriétaires acceptent de plus en plus souvent de louer leurs terres au lieu de les vendre.
Ce sont les régions du Nord‑Ouest et du Sud‑Est de la province qui ont connu les augmentations de valeur les plus importantes, grâce aux bonnes récoltes et au prix élevé des produits de base de l’automne 2010.
L’an dernier, les municipalités rurales du Sud‑Ouest et du Nord‑Est de la province ont été les plus durement touchées par les inondations, ce qui a rendu les acheteurs éventuels de terres plus prudents. Par conséquent, la valeur des terres a augmenté plus faiblement pendant cette période.
Ontario
C’est l’Ontario qui a enregistré la plus importante augmentation de la valeur des terres agricoles après la Saskatchewan, soit une hausse moyenne de 6,6 % pendant le premier semestre de 2011.
Les hausses les plus importantes ont été enregistrées dans le Sud-Ouest et le Nord de l’Ontario, tandis que les autres régions de la province ont connu des variations plus modestes qui n’ont eu que peu ou pas d’effet sur la valeur des terres agricoles. Les producteurs de lait ont alimenté la forte demande de terres en continuant d’acheter d’autres terres plutôt que des quotas laitiers, qui font l’objet de restrictions.
La rentabilité des cultures spéciales, comme le ginseng et les légumes, a continué de faire grimper le prix des terres dans le Sud de l’Ontario. Les exploitations laitières et de cultures commerciales ont fait augmenter la demande et le prix des terres dans le Nord de l’Ontario. Les grandes exploitations d’élevage intensif ont continué de chercher des terres afin de pouvoir prendre de l’expansion ou satisfaire aux exigences du Programme de gestion des éléments nutritifs.
La demande de terrains résidentiels a augmenté dans certaines régions du Sud‑Ouest de l’Ontario et en périphérie du Grand Toronto. Il arrive donc, par conséquent, que des acheteurs inhabituels fassent l’acquisition de petites fermes, ce qui contribue à intensifier la concurrence pour les terres agricoles.
Québec
Au Québec, la valeur des terres agricoles a augmenté en moyenne de 4,4 % au cours du premier semestre de 2011. La valeur des terres agricoles au Québec demeure stable ou augmente depuis l’année où FAC a commencé à produire des rapports à ce sujet.
La valeur des terres a connu une augmentation importante dans l’ouest de la province, ainsi que dans Lanaudière et dans le Centre‑du‑Québec, où la demande dépassait l’offre, attirant une clientèle très variée.
Le marché des terres agricoles dans les secteurs situés à l’est de la région du Centre‑du‑Québec est resté stable malgré les défis auxquels l’industrie du porc doit faire face. Le nombre d’acheteurs éventuels était limité à cause de la diminution du nombre de producteurs dans les régions où domine l’industrie porcine.
Au cours des derniers mois, la région de la Montérégie a subi des inondations. Étant donné que l’information sur les propriétés touchées par les inondations était limitée au moment de la rédaction du rapport, l’impact sur la valeur des terres inondées était inconnu.
Alberta
En Alberta, la valeur des terres agricoles a augmenté en moyenne de 4,0 % au cours du premier semestre de 2011.
La demande de bonnes terres agricoles cultivées a été forte dans le Sud de l’Alberta. Ce sont les grands producteurs se livrant concurrence pour des terres qui sont à l’origine de la croissance de la demande. La demande de terres irriguées propices à la production de cultures spéciales demeure élevée, ce qui a contribué à de fortes augmentations de leur valeur. La demande de terres marginales convenant à la culture du foin et à l’élevage du bétail a également augmenté. L’achat de terres agricoles était, de façon générale, considéré comme un investissement judicieux.
Nouvelle‑Écosse
La valeur des terres agricoles en Nouvelle‑Écosse a augmenté en moyenne de 2,9 % au cours du premier semestre de 2011.
La valeur des terres dans les comtés de East Hants et de Colchester a subi certaines pressions à la hausse, surtout à cause de la concurrence que se livrent les exploitations laitières prospères et les banlieusards de la région métropolitaine de Halifax pour acheter des terres. Certaines terres agricoles de bonne qualité se sont vendues à prix élevé, et la demande de la part des agriculteurs à temps partiel et des éleveurs de chevaux est restée constante.
Dans la région d’Antigonish, où domine l’industrie laitière, quelques petites parcelles se sont vendues au prix courant ou à un prix légèrement plus élevé. L’indisponibilité de quota laitier a ralenti indirectement la vente de terres agricoles.
Dans la région de Kentville, les prix ont augmenté en raison de la concurrence entre les divers secteurs et à l’intérieur de ces derniers. Les secteurs soumis à la gestion de l’offre affichaient de la confiance. En particulier, l’industrie du poulet à griller et les vignobles ont continué de prendre de l’expansion.
Manitoba
Au Manitoba, la valeur des terres agricoles a augmenté en moyenne de 2,4 % au cours du premier semestre de 2011.
Les hausses des terres agricoles les plus importantes ont été enregistrées dans les régions où la production céréalière est le principal secteur d’activité. Le prix élevé des produits de base, la faiblesse des taux d’intérêt et le fait que les terres agricoles soient considérées comme un investissement sûr ont fait grimper le prix des terres, et ce, malgré l’arrivée tardive du printemps, les conditions pluvieuses et la fraîcheur de l’été en 2010.
Malgré les pluies très abondantes reçues dans la région d’Interlake et dans le Sud‑Ouest de la province, la valeur des terres agricoles est restée stable dans cette région.
Des acres de pâturage inutilisé et comprenant des parcelles ouvertes et bien clôturées dans la région d’Interlake se sont vendus à prix élevés, parce que ces terres peuvent servir à la production de cultures commerciales ou de fourrages ou comme pâturage amélioré. Dans la région de Steinbach, ce sont des producteurs soumis à la gestion de l’offre (secteurs laitier et avicole) qui ont acheté les terres disponibles pour l’épandage de fumier.
Colombie‑Britannique
En Colombie‑Britannique, la valeur des terres agricoles n’a pas changé au cours du premier semestre de 2011. Le dernier rapport signalait une hausse moyenne de 0,4 %.
La valeur des terres de meilleure qualité s’est appréciée dans la région de Dawson Creek, grâce principalement à la forte demande des producteurs qui voulaient prendre de l’expansion en achetant des terres de première qualité. En outre, les revenus provenant du secteur des ressources naturelles ont continué de soutenir la demande de terres en périphérie urbaine, créant ainsi une concurrence pour les producteurs désireux d’étendre leurs activités.
Nouveau-Brunswick
La valeur des terres agricoles au Nouveau‑Brunswick est demeurée inchangée au premier semestre de 2011. Elle avait augmenté de 2,4 % au cours du deuxième semestre de 2010, après être demeurée stable au premier semestre. La valeur des terres augmente ou demeure stable au Nouveau‑Brunswick depuis l’atteinte d’un sommet de 6,3 % au dernier semestre de 2008.
Dans les comtés de Madawaska et de Victoria, toutes les ventes enregistrées touchaient des terres de qualité variant de moyenne à supérieure à la moyenne destinées à la production de pommes de terre et vendues par des agriculteurs qui quittaient l’industrie. Les producteurs à forfait de la région se sont livrés une forte concurrence, particulièrement lorsque les ventes de terres étaient associées à un volume de contrats de transformation. Cela n’a toutefois pas modifié la valeur des terres, car la diminution du revenu disponible liée au coût accru des intrants a contrebalancé l’effet de cette forte concurrence.
Dans la région de Sussex, de nombreuses propriétés de grande superficie ou d’anciennes fermes ont été achetées surtout par des acheteurs inhabituels à des fins résidentielles ou d’agriculture à temps partiel.
Terre‑Neuve‑et‑Labrador
La valeur des terres agricoles à Terre‑Neuve‑et‑Labrador est restée inchangée au cours du premier semestre de 2011. Elle n’avait d’ailleurs pas changé au cours du deuxième semestre de 2010, mais avait augmenté de 0,7 % pendant le premier semestre de 2010. La valeur des terres agricoles augmente ou demeure inchangée dans cette province depuis 1993.
Les exploitations laitières forment la principale industrie agricole dans cette région, et la majorité d’entre elles disposaient de biens fonciers suffisants pour pouvoir exercer leurs activités. Cela s’est traduit par une faible activité sur le marché.
Île‑du‑Prince‑Édouard
La valeur des terres agricoles à l’Île‑du‑Prince‑Édouard est demeurée inchangée au cours du premier semestre de 2011, après une hausse de 3,2 % au deuxième semestre de 2010. Elle n’avait pas changé pendant le premier semestre de 2010.
Dans la région de Summerside, ce sont surtout les producteurs à forfait de pommes de terre qui se sont livrés concurrence afin d’investir dans des terres et des installations destinées à améliorer l’entreposage et la réfrigération des produits. Le coût des intrants demeure une des préoccupations des producteurs de pommes de terre, qui ont continué de mettre l’accent sur l’amélioration de leur marge bénéficiaire grâce à leurs pratiques de gestion. Par ailleurs, la région de Charlottetown n’a enregistré que peu de ventes de terres nues au cours du premier semestre de 2011. Ce sont les divers types d’exploitations agricoles qui se sont fait concurrence pour l’achat de ces terres.



