Les producteurs de porcs du Canada ont commencé à se remettre, lentement mais sûrement, de leur pire crise financière de l’histoire récente.
De nouvelles données de Statistique Canada montrent que les stocks de porcs ont augmenté légèrement au cours de la dernière année, tandis que le cheptel national de truies est resté stable après six années de déclin.
Cette amélioration, bien que timide, indique que l’industrie a enfin repris la bonne direction, affirme Andrew Dickson, directeur général du Manitoba Pork Council.
« Nous n’avons pas encore renoué avec la croissance, mais l’hémorragie est terminée, déclare M. Dickson. Nous avons atteint le fond du gouffre, notre situation s’est stabilisée et nous commençons à relever la tête. »
Statistique Canada a signalé la semaine dernière que les fermes canadiennes comptaient près de 12 millions de porcs en date du 1er octobre 2011, soit une hausse de 0,9 % par rapport à la même date en 2010.
Les stocks ont augmenté de 0,2 % dans l’Est du Canada et de 1,8 % dans l’Ouest.
Le nombre de truies de reproduction à l’échelle du pays est resté presque inchangé par rapport au 1er octobre 2010.
Le Québec, l’Ontario et le Manitoba détiennent plus de 75 % des porcs au Canada.
L’industrie s’est nettement contractée ces dernières années en raison de la combinaison affligeante des faibles prix, des coûts élevés, du dollar canadien vigoureux qui a nui aux exportations, et du règlement sur l’étiquetage indiquant le pays d’origine (ÉPO) de la viande aux États‑Unis, qui constitue un obstacle au commerce.
En conséquence, des centaines de producteurs de porcs ont cessé leurs activités et des milliers d’autres sont accablés de lourdes dettes.
Il y a deux ans, le gouvernement fédéral a introduit un programme incitatif de 75 millions de dollars visant à aider les producteurs à quitter l’industrie. Ottawa a aussi financé un programme de prêts à long terme de 400 millions de dollars pour les producteurs de porcs et a investi 17 millions de dollars pour accroître les exportations de porc du Canada.
Depuis, les prix du marché ont augmenté considérablement, ce qui permet aux producteurs d’obtenir à nouveau des marges avantageuses et de commencer à rembourser des dettes, indique M. Dickson.
Le prix courant d’un porc de première qualité à l’usine de transformation du porc de Maple Leaf Meats à Brandon, au Manitoba, s’est accru de 30 % au cours de la dernière année, dit‑il.
La demande étrangère robuste stimule les exportations et contribue à faire augmenter les prix, expliquent les analystes.
Les prix à terme des porcs vivants n’affichent aucun signe d’affaiblissement et pourraient encourager les producteurs à commencer à reprendre de l’expansion, mentionne Marni Donetz, analyste du marché du bétail du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Initiatives rurales du Manitoba.
« L’industrie aimerait prendre de l’expansion en raison des très bons prix obtenus à l’heure actuelle. Nous espérons que la bonne tenue des prix s’inscrira sur le long terme », souligne M. Donetz.
Parallèlement, l’industrie attend une décision d’un groupe spécial de règlement des différends de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet d’une contestation du Canada et du Mexique en ce qui a trait au règlement sur l’ÉPO aux États‑Unis. Un rapport doit être publié le 18 novembre.



