Les Forums FAC. L’événement agricole le plus marquant de l’année. Inscrivez-vous gratuitement dès aujourd’hui.

Note de la rédactrice

Allison Finnamore

FAC Express vous parvient une journée d’avance cette semaine en raison de la commémoration du jour du Souvenir vendredi.

Vos commentaires, vos questions et vos idées d'articles sont toujours les bienvenus. Vous pouvez m'écrire à l'adresse allison@finnamore.ca.


1. L’industrie du porc affiche une légère amélioration

Les producteurs de porcs du Canada ont commencé à se remettre, lentement mais sûrement, de leur pire crise financière de l’histoire récente.

De nouvelles données de Statistique Canada montrent que les stocks de porcs ont augmenté légèrement au cours de la dernière année, tandis que le cheptel national de truies est resté stable après six années de déclin.

Cette amélioration, bien que timide, indique que l’industrie a enfin repris la bonne direction, affirme Andrew Dickson, directeur général du Manitoba Pork Council.

« Nous n’avons pas encore renoué avec la croissance, mais l’hémorragie est terminée, déclare M. Dickson. Nous avons atteint le fond du gouffre, notre situation s’est stabilisée et nous commençons à relever la tête. »

Statistique Canada a signalé la semaine dernière que les fermes canadiennes comptaient près de 12 millions de porcs en date du 1er octobre 2011, soit une hausse de 0,9 % par rapport à la même date en 2010.

Les stocks ont augmenté de 0,2 % dans l’Est du Canada et de 1,8 % dans l’Ouest.

Le nombre de truies de reproduction à l’échelle du pays est resté presque inchangé par rapport au 1er octobre 2010.

Le Québec, l’Ontario et le Manitoba détiennent plus de 75 % des porcs au Canada.

L’industrie s’est nettement contractée ces dernières années en raison de la combinaison affligeante des faibles prix, des coûts élevés, du dollar canadien vigoureux qui a nui aux exportations, et du règlement sur l’étiquetage indiquant le pays d’origine (ÉPO) de la viande aux États‑Unis, qui constitue un obstacle au commerce.

En conséquence, des centaines de producteurs de porcs ont cessé leurs activités et des milliers d’autres sont accablés de lourdes dettes.

Il y a deux ans, le gouvernement fédéral a introduit un programme incitatif de 75 millions de dollars visant à aider les producteurs à quitter l’industrie. Ottawa a aussi financé un programme de prêts à long terme de 400 millions de dollars pour les producteurs de porcs et a investi 17 millions de dollars pour accroître les exportations de porc du Canada.

Depuis, les prix du marché ont augmenté considérablement, ce qui permet aux producteurs d’obtenir à nouveau des marges avantageuses et de commencer à rembourser des dettes, indique M. Dickson.

Le prix courant d’un porc de première qualité à l’usine de transformation du porc de Maple Leaf Meats à Brandon, au Manitoba, s’est accru de 30 % au cours de la dernière année, dit‑il.

La demande étrangère robuste stimule les exportations et contribue à faire augmenter les prix, expliquent les analystes.

Les prix à terme des porcs vivants n’affichent aucun signe d’affaiblissement et pourraient encourager les producteurs à commencer à reprendre de l’expansion, mentionne Marni Donetz, analyste du marché du bétail du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Initiatives rurales du Manitoba.

« L’industrie aimerait prendre de l’expansion en raison des très bons prix obtenus à l’heure actuelle. Nous espérons que la bonne tenue des prix s’inscrira sur le long terme », souligne M. Donetz.

Parallèlement, l’industrie attend une décision d’un groupe spécial de règlement des différends de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet d’une contestation du Canada et du Mexique en ce qui a trait au règlement sur l’ÉPO aux États‑Unis. Un rapport doit être publié le 18 novembre.

retour au début | Imprimez l’article | Bookmark and Share

Que signifie pour vous la concurrence sur les marchés mondiaux ? Découvrez comment des agroentreprises canadiennes réussissent dans un monde en évolution constante. Consultez le dernier numéro d’À la fine pointe.

2. Baladodiffusion : Capsule FAC - 2e épisode

Animé par Kevin Stewart, Capsule FAC est un programme de baladodiffusion bimestriel qui présente des chroniques et des entrevues pertinentes pour vous et votre entreprise.

2e épisode - Écoutez maintenant 

Dans cet épisode, nous explorons ce qui suit:

  • la recherche des bons mentors
  • la gestion des fichiers informatiques sur tous vos dispositifs
  • la détermination des occasions
  • la diminution de la perte auditive à la ferme
  • l’atteinte d’un sommet dans votre vie avec l’aventurier l'extrême Jamie Clarke
retour au début | Imprimez l’article | Bookmark and Share

3. Un sondage révèle que la rentabilité est la préoccupation première des agriculteurs

Depuis longtemps, les dirigeants agricoles présentent la rentabilité comme le moteur principal du secteur. Ils en ont aujourd’hui une nouvelle fois la preuve.

Un sondage mené en Ontario dont les résultats ont été publiés la semaine dernière révèle que l’optimisation de la rentabilité constitue l’objectif opérationnel le plus important pour les agriculteurs de la province, suivie de près par la réduction de la dette.

L’étude préliminaire d’Ipsos Forward Research sur la planification de la gestion d’entreprise agricole, conduite auprès de 500 producteurs de l’Ontario vers la fin de l’hiver dernier, indique que les autres principaux objectifs opérationnels sont, par ordre d’importance, la production des meilleurs produits possibles et l’optimisation de la production par unité d’intrant. La réduction du risque et l’amélioration de la stabilité économique arrivent aux derniers rangs.

Plus de 30 % des producteurs interrogés ont déclaré qu’un de leurs objectifs pour les cinq prochaines années était d’agrandir leur ferme pour accroître leurs revenus.

Le ratio d’endettement le plus élevé était enregistré dans les secteurs du porc et de la volaille, et le plus faible dans les secteurs de l’élevage bovin et de la production céréalière.

Au cours des cinq dernières années, environ 60 % des producteurs déclarent avoir effectué une évaluation financière et opérationnelle de leur exploitation. Cette évaluation était motivée principalement par les changements survenus sur les marchés, la faiblesse des revenus nets et la rentabilité réduite. Beaucoup étaient aussi préoccupés par la planification de la relève, et ont indiqué que cet aspect est celui qu’ils sont le plus susceptibles d’évaluer au cours des deux prochaines années.

Toutefois, peu ont fait mention des évaluations de la gestion des ressources humaines.

« Un très petit nombre de producteurs effectuent ces évaluations, peut‑on lire dans le rapport. Selon toute vraisemblance, la planification des ressources humaines est une notion peu connue des agriculteurs de l’Ontario. »

Enfin, malgré leurs connaissances financières en ce qui a trait au remboursement de la dette, à l’optimisation de la rentabilité et à la réduction du risque, moins d’un quart des agriculteurs de l’Ontario ont dit être munis d’un plan d’affaires officiel écrit. Néanmoins, de ce nombre, la moitié des producteurs ont indiqué qu’ils mettraient à jour leur plan chaque année.

retour au début | Imprimez l’article | Bookmark and Share

4. Pommes de terre du Manitoba : une récolte plutôt bonne malgré des conditions difficiles

Les producteurs de pommes de terre du Manitoba ont obtenu une récolte presque normale cette année, et ce, malgré le fait qu’ils ont été confrontés à des conditions de croissance figurant parmi les plus difficiles des dernières années.

« Dans l’ensemble, notre récolte est inférieure d’environ 10 % au volume cible de nos engagements contractuels », indique Gary Sloik, secrétaire‑directeur de la Keystone Potato Producers Association, qui représente les producteurs de pommes de terre de transformation de la province.

Il est phénoménal que la récolte ne soit pas plus maigre que cela, si l’on tient compte des conditions exécrables subies par les producteurs, ajoute M. Sloik.

Un printemps frais et humide a préparé le terrain. De vastes inondations, en particulier le long de la rivière Assiniboine, ont touché les terres basses, endommagé les installations de pompage pour l’irrigation et forcé certains producteurs à déplacer leurs cultures en terrain plus élevé. Le passage de sols irrigués à des sols non irrigués s’est traduit par des rendements réduits et des tubercules de plus petite taille.

Les conditions humides ont gravement retardé les semis du printemps. En moyenne, la plantation a accusé deux semaines de retard. L’année dernière, souligne M. Sloik, les producteurs de pommes de terre avaient terminé la plantation le 12 mai. Cette année, ils ont fini seulement vers la mi‑juin.

L’arrivée soudaine de temps chaud et sec à l’été a fait durcir le sol qui s’est fractionné en mottes sèches, ce qui a entraîné d’importantes meurtrissures pendant la récolte.

Pour couronner le tout, une gelée précoce survenue à la mi‑septembre a interrompu subitement le développement des tubercules, ce qui a eu pour effet de réduire davantage les rendements.

« Si l’on additionne ces quatre éléments, on peut affirmer sans se tromper que l’année 2011 a été difficile pour les producteurs », déplore M. Sloik.

À l’échelle provinciale, on estime que les rendements se situent entre 250 et 260 quintaux par acre, comparativement au rendement de 280 quintaux que les producteurs visent en temps normal.

Toutefois, les rendements varient beaucoup à l’échelle de la province. Certains producteurs ont obtenu seulement le quart d’une récolte normale, illustre M. Sloik.

« Pour certains, ce sera une catastrophe. »

Malgré les conditions de croissance défavorables, les producteurs ont été en mesure d’ensemencer toutes les terres qu’ils s’étaient engagés à cultiver en vertu des contrats qu’ils avaient conclus, mentionne M. Sloik.

Toutefois, les deux principaux transformateurs de pommes de terre du Manitoba (Les Aliments McCain et Simplot Canada) devront se procurer des pommes de terre provenant d’autres régions pour combler le déficit de production. Les producteurs du Manitoba vendent aussi des pommes de terre à une usine de Cavendish Farms du Dakota du Nord.

Selon Statistique Canada, 74 000 acres ont été consacrées aux pommes de terre au Manitoba cette année, dont 60 000 acres de pommes de terre de transformation, 8 000 acres de pommes de terre de consommation et 6 000 acres de pommes de terre de semence.

Le Manitoba est la deuxième province productrice de pommes de terre du Canada, derrière l’Île‑du‑Prince‑Édouard et devant le Nouveau‑Brunswick.

Les temps sont durs pour l’industrie de la pomme de terre du Manitoba, où la superficie de pommes de terre a atteint un sommet de 100 000 acres en 2003 et ne fait que diminuer depuis.

La consommation de frites est à la baisse en Amérique du Nord et la vigueur du dollar canadien nuit aux exportations.

M. Sloik indique qu’une augmentation des prix sera nécessaire l’année prochaine pour permettre aux producteurs de compenser la hausse des coûts et faire en sorte que les pommes de terre demeurent concurrentielles aux céréales (comme le maïs) et aux cultures oléagineuses, dont la valeur est plus élevée.

retour au début | Imprimez l’article | Bookmark and Share

5. L’ergot représente un problème potentiel pour le blé de l’Ouest

La Commission canadienne des grains (CCG) a confirmé que l’ergot est susceptible de poser un problème pour ce qui est du classement du blé provenant des trois provinces des Prairies cet automne.

Les résultats préliminaires du Programme d’échantillons de récolte de la CCG montrent un net accroissement par rapport au taux normal de cinq à six pour cent. La concentration atteindrait jusqu’à 20 %, indique Daryl Beswitherick, gestionnaire de programme, Assurance‑qualité, à la CCG.

M. Beswitherick note que le champignon responsable de l’ergot se rencontre habituellement dans de petites zones. Toutefois, étant donné que des conditions environnementales idéales, soit un mélange de temps humide, frais et nuageux pendant la floraison, prévalaient dans de vastes secteurs de l’Ouest canadien ce printemps, l’infection est plus étendue que d’ordinaire.

Ces conditions permettent aux spores de germer et de pénétrer dans les fleurons du blé. Lorsque le blé est infecté, des sclérotes d'ergot de couleur noire ou violacée prennent la place des grains de blé.

Les sclérotes d’ergot qui subsistent dans le sol après la récolte peuvent survivre à l’hiver, et libèrent des spores au printemps si le temps est frais et humide.

M. Beswitherick recommande aux producteurs de sélectionner soigneusement l’origine de leurs semences et d’envisager des rotations utilisant des cultures autres que du blé afin d’empêcher une récurrence étant donné qu’il n’existe pas de méthode de lutte par pulvérisation de produits chimiques.

Mme Holly Gelech de BioVision Seed Labs indique que ses confrères et elle détectent en moyenne dix sclérotes par kilogramme fourni par des producteurs de semences certifiés et, dans certains cas, jusqu’à 80 sclérotes par kilogramme. Comme le seuil de tolérance est d’un sclérote d’ergot par kilogramme, le problème pourrait être important pour ces producteurs cette année.

Mme Gelech recommande aux producteurs ayant des préoccupations d’effectuer des évaluations comparatives pour déterminer la concentration d’ergot, puis de soupeser les coûts et les avantages du nettoyage des semences ou du triage selon la couleur afin d’éliminer les sclérotes.

Comme l’ergot est toxique non seulement pour les humains, mais aussi pour les animaux, des concentrations accrues sont une préoccupation pour les exploitants de parc d’engraissement. Mme Gelech note que la présence d’ergot dans les aliments pour animaux peut entraîner le refus de ces aliments, ainsi que la perte d’appétit et de poids chez les bestiaux.

M. Beswitherick souligne que même si le taux de 20 % semble élevé, une proportion de 75 à 80 % de l’échantillon de blé obtient les deux grades les plus élevés. Donc, même des échantillons plus nombreux qu’à l’habitude affichent des signes de la présence d’ergot, il y a tout de même une abondance de blé de haute qualité pour satisfaire la demande du marché.

retour au début | Imprimez l’article | Bookmark and Share

6. La recherche sur la hernie des crucifères se poursuit

La recherche se poursuit à Saskatoon afin de déterminer de nouvelles sources de résistance à la hernie des crucifères dans les cultures de canola.

Gary Peng dirige une équipe de sept scientifiques d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), qui regroupe des spécialistes en phytopathologie, en épidémiologie des maladies, en pathologie moléculaire, en sélection du canola, en contrôle biologique et en agronomie. Au cours des deux dernières années, les chercheurs ont examiné plus de 1 000 germoplasmes. De ce nombre, il en reste environ 20 qui servent aux recherches sur la résistance à la hernie.

« Nous tentons de cartographier les gènes de résistance dans les différent matériaux et de déterminer leurs caractères génétiques, indique M. Peng. Nous serons ensuite capables de mettre au point certains marqueurs qui faciliteront le travail de sélection. » La hernie des crucifères est une maladie qui se transmet par le sol et qui cause le renflement de la racine, ce qui finit par entraîner la mort du plant de canola. Les spores peuvent rester dans le sol pendant une longue période et avoir une incidence marquée sur les rendements du canola.

Un certain nombre de sociétés privées vendent des variétés de canola résistantes à la hernie. Toutefois, note M. Peng, ces variétés présentent une résistance monogénique. On aura peut‑être besoin de variétés supplémentaires dans l’avenir.

« La résistance monogénique demeure relativement vulnérable », dit‑il, puisque les gènes de résistance commencent souvent à se dégrader lorsqu’une nouvelle variété devient prédominante.

Une fois que les germoplasmes auront été stabilisés pendant quelques années, AAC prévoit les rendre accessibles en grand nombre aux entreprises de semences, afin de permettre une adoption rapide de la technologie.

« Résistance ne signifie pas immunité, mais les gales qui apparaîtront seront sans doute plus petites et sur un nombre réduit de plants », explique M. Peng.

Il y a cinq principaux pathotypes ou « souches » de hernie qui touchent le canola dans l’Ouest canadien. Le pathotype trois (souche trois) est celui que l’on rencontre le plus fréquemment dans le Centre de l’Alberta, où sa présence a été signalée pour la première fois il y a environ huit ans. La maladie s’est propagée au Nord et à l’Est, mais jusqu’à cet automne, elle n’avait pas atteint la Saskatchewan.

Cargill confirme que des plants de canola ont obtenu un résultat positif au test de dépistage de la hernie dans deux de ses pépinières d’observation des maladies dans le Centre‑Nord de la Saskatchewan. De nouveaux hybrides de canola y faisaient l’objet d’essais de résistance à la jambe noire.

« Tandis qu’ils parcouraient les parcelles et retiraient (les plants), nos phytologues ont vu des nodules minuscules sur la structure racinaire », indique Lorin DeBonte, vice‑président adjoint, Recherche et développement, de Cargill Specialty Canola. « Nous avions découvert de très petites nodules sur les plants et c’est alors que nous avions décidé de les envoyer à l’extérieur à des fins d’analyse. »

Cargill a envoyé des échantillons de tissu racinaire et de sol prélevés dans ce champ à un laboratoire indépendant pour les faire analyser. Une analyse génétique des échantillons de tissu végétal a confirmé la présence du pathogène de la hernie des crucifères. La souche n’a toutefois pas encore été déterminée.

M. DeBonte mentionne qu’on ignore comment le pathogène de la hernie s’est retrouvé dans les deux parcelles d’essai.

« Nous nous occupons de tout l’équipement. Nous le nettoyons avant de passer d’un champ à l’autre. Il est possible que des spores sous‑jacentes se trouvent naturellement dans l’environnement. Nous n’en sommes pas certains, mais c’est ce que nous essayons de découvrir. Que se passe‑t‑il? Comment les pathogènes se sont‑ils retrouvés là? »

Le chercheur ajoute que l’on cultive continuellement du canola dans les pépinières de pathologie, de sorte qu’une forte présence de la maladie peut s’y développer.

« Si quelques spores (de hernie) étaient déjà présentes, la culture permanente de canola a peut‑être permis à ces spores de commencer à se multiplier jusqu’à l’apparition des nodules que nous avons découverts », analyse‑t‑il.

Conformément à la loi sur la lutte antiparasitaire de la Saskatchewan, Cargill a restreint l’accès aux champs où des plants malades ont été trouvés. On a avisé les producteurs et les propriétaires de l’endroit pour qu’ils puissent s’attaquer au problème rapidement et prudemment.

Les moyens de combattre et de prévenir la hernie des crucifères comprennent une rotation adéquate des cultures, le dépistage régulier des cultures sensibles et l’emploi de bonnes pratiques de nettoyage de l’équipement agricole.

retour au début | Imprimez l’article | Bookmark and Share

7. Quelle est la clé du succès de l’exploitation d’un labyrinthe de maïs?

À l’été 2002, le producteur néo‑écossais Jim Lorraine a commencé à faucher du maïs pour créer le premier labyrinthe de maïs de la province.

« Mon père était furieux contre moi, se rappelle M. Lorraine. Il estimait que personne ne paierait pour se promener dans un champ de maïs. »

Or, au cours de la dernière décennie, des dizaines de milliers de visiteurs l’ont fait. Au départ, M. Lorraine espérait que le labyrinthe attirerait des gens à son marché aux viandes. Aujourd’hui, le marché est fermé, tandis que le volet agrotouristique de l’entreprise continue de prendre de l’essor.

« Le labyrinthe a connu du succès et est devenu la principale source de revenu de la ferme, dit M. Lorraine. L’agriculture axée sur les produits de base (comme la production de céréales pour les provenderies ou la production de bœuf pour les usines de transformation de la viande) est une entreprise très difficile. Nous avons découvert une activité qui nous plaît beaucoup et nous voulons continuer de la développer. »

Seulement quelques mois après l’ouverture du labyrinthe de M. Lorraine, Beth Pattillo et le reste de l’équipe de direction de Noggins Corner Farm amorçaient un remue-méninges dans le but de trouver des moyens d’attirer plus de clients à leur marché de producteurs. Ce déballage d’idées a conduit à l’ouverture de leur propre labyrinthe en 2003.

« Il ne fait aucun doute que notre projet agrotouristique, dont le labyrinthe de maïs constitue un volet, est bénéfique pour la ferme, déclare Mme Pattillo. Notre motivation première était de permettre aux gens d’établir un lien avec la terre d’une façon amusante et je pense que nous avons réussi, mais cela nous a aussi permis de diversifier nos ventes. »

Ce succès a attiré l’attention d’autres fermes et de nouveaux labyrinthes de maïs ont vu le jour en Nouvelle‑Écosse ces dernières années.

L’un d’eux est le labyrinthe de Evans Family Farm, à seulement 45 minutes de Noggins Corner Farm. Le propriétaire Terry Evans indique que sa famille a décidé de mettre sur pied un projet de labyrinthe en 2009 « dans le but d’ajouter de la valeur aux activités de la ferme et d’accroître sa rentabilité ».

M. Evans estime que sa famille s’en tire « assez bien ». Les affaires ont piétiné cette année, mais il attribue cette baisse aux « conditions météorologiques vraiment horribles » plutôt qu’à la concurrence.

Comme pour M. Lorraine, l’une des motivations de M. Evans était d’attirer des clients au marché de producteurs : « Ici, c’est comme à Disneyland. Pour venir dans notre labyrinthe, les gens doivent d’abord franchir la porte d’entrée de notre marché. »

Bien sûr, l’emplacement est un facteur déterminant lorsqu’il s’agit d’établir la pertinence d’un labyrinthe de maïs comme attrait à la ferme. Mais il y a aussi d’autres facteurs importants à prendre en considération. M. Evans indique que le labyrinthe de sa ferme est aménagé sur « un sol de sable rouge extrêmement bien drainé », ce qui permet d’y marcher les pieds au sec même après des pluies abondantes.

Mme Pattillo ajoute que tout agriculteur qui envisage d’établir un labyrinthe devrait aussi s’assurer de consulter certains experts. Elle‑même a assisté à la conférence de la North American Farmers’ Direct Marketing Association et a tenu à travailler en étroite collaboration avec les assureurs de la ferme. « Les agents d’assurance sont venus sur place et nous avons parcouru toute l’exploitation à pied. Ils nous ont suggéré de très bons moyens de réduire les risques auxquels nous n’avions pas pensé. »

La décision de Jim Lorraine de transformer son exploitation agricole en destination touristique repose avant tout sur sa propre passion des labyrinthes. M. Evans voulait ajouter de la valeur à sa ferme. Mais quelle que soit la motivation, Mme Patillo mentionne que les producteurs qui envisagent d’établir un labyrinthe de maïs doivent posséder une qualité indispensable : « Il faut avoir de l’entregent. Si vous n’aimez pas être en contact quotidien avec le public, cette entreprise n’est pas recommandée. Une fois que vous ouvrez un labyrinthe de maïs, vous devez vous attendre à être en poste chaque jour de la semaine. »

retour au début | Imprimez l’article | Bookmark and Share

FAC en campagne contre la faim. Merci mille fois, Canada (ou plutôt 2,4 millions de fois!). Cliquez ici pour voir qui d’autre mérite des remerciements.

8. Analyse du marché - Les marchés des grains seront sous pression en janvier

Le marché du lin se maintient, mais...

Même si les stocks nord‑américains de lin sont, bien entendu, restreints en raison de la maigre récolte de 2011, la demande aussi se fait rare. Comme l’indiquent les estimations de PFCanada concernant l’offre et la demande, dans le tableau ci‑dessous, la production canadienne de lin en 2011 a régressé à un volume très faible de 379 000 tonnes. On prévoit que les stocks en fin de campagne pour la campagne actuelle seront de moins de 100 000 tonnes, ce qui est très bas.

Offre et demande de lin canadien 
(en milliers de tonnes) 2008‑2009  2009‑2010  2010‑2011  2011‑2012
Offre
Stocks de report           168        229        289        193
Production                 861        930        423        379
Importations                 7          6          8          1
Offre totale             1 035      1 165        720        573
 
Demande
Demande nat. totale        168        104        123        125
Exportations               639        772        404        355
Demande totale             807        876        527        480
 
Stocks en fin de           229        289        193         93
campagne

Toutefois, la demande constitue un autre volet de ce bilan. Les importations européennes proviennent de plus en plus d’Ukraine, qui vend ses stocks à prix réduits, ce qui signifie que le Canada vendra très peu de lin cette année à l’Union européenne, qui a toujours été notre principal marché d’exportation.

Un de mes collègues a effectué certains calculs, partant des prix du lin livré à Rotterdam et en remontant jusqu’aux prix pratiqués au centre de la Saskatchewan. Pour pouvoir exporter en Europe à l’heure actuelle, le prix devrait être l’équivalent de presque 9 $ le boisseau au centre de la Saskatchewan. Vous avez bien lu, 9 $ le boisseau!

De toute évidence, c’est loin d’être chose faite. Et les prix du lin au Canada sont destinés à rester bien au‑dessus de ce niveau pendant toute la campagne de vente à venir, l’offre nord‑américaine étant grandement réduite.

Il ne fait aucun doute que notre marché du lin atteindra un niveau aussi bas. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’un importateur, probablement la Chine, exerce un arbitrage sur un volume encore plus grand de lin, qui constitue un substitut des oléagineux plus chers. Et, à plus long terme, un prix de 9 $ le boisseau ou aux alentours de ce niveau pour le lin est tout simplement trop bas pour soutenir la croissance de l’offre, tant ici qu’en ex‑Union soviétique.

Mais il ne faut pas se leurrer : l’Amérique du Nord est l’un des rares endroits où les prix du lin sont élevés, et nous pourrions voir ce marché descendre, à terme, à peut‑être 12 $ le boisseau.

Étant donné qu’on rapporte que des prix de 14 $ à 15 $ le boisseau continuent de prévaloir à certains endroits, on doit examiner soigneusement quelles sont les possibilités de hausse de prix sur ce marché, et quel objectif de prix on souhaite fixer pour écouler le reste de la production de lin de 2011.

J’ai aussi entendu parler des possibilités offertes en matière de fixation des prix de la nouvelle récolte de lin de 2012‑2013 : on offre 13,50 $ le boisseau en vue de la livraison entre septembre et décembre 2012, et 13,75 $ le boisseau en vue de la livraison entre septembre 2012 et mars 2013. Dans certains cas, ces contrats présentent l’avantage supplémentaire d’inclure une disposition en cas de catastrophe naturelle, et constituent par conséquent une occasion intéressante de commencer à protéger une partie de la récolte de la prochaine campagne.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l’information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Téléphoner au 204‑654‑4290 ou se rendre à l’adresse http://pour en savoir plus au sujet des services qu’il offre.

retour au début | Imprimez l’article | Bookmark and Share

Avis de non-responsabilité

La rédactrice et les journalistes de FAC Express tentent de fournir de l’information et des analyses exactes et utiles. La rédactrice et FAC ne garantissent pas la précision de l’information contenue dans ce rapport et ne sauraient être tenus responsables de toute action ou décision prise par le lecteur de ce bulletin.

Ce bulletin est protégé par des droits d’auteur et est destiné à la seule utilisation de l’abonné. Il ne peut être reproduit ou transmis électroniquement à d’autres sociétés ou personnes, en totalité ou en partie, sans la permission écrite préalable de FAC. Les opinions exprimées dans les articles de ce bulletin n’engagent que l’auteur et ne reflètent pas nécessairement l’opinion de la rédactrice ou de FAC.

Copyright 2011 – Financement agricole Canada